Publié le vendredi 6 janvier 2012

A Binic, dimanche 8 janvier, les Mages sont sur la sellette.

Lors de la galette des Rois de la Paroisse d’Etables-sur-Mer à l’Estran de Binic le jour de l’Epiphanie, se tiendra un procès un peu iconoclaste : le Procès des Mages.

En 2012, comment ne pas voir dans le Mage porteur d’or à la crèche, l’archétype du financier international secouant les économies nationales de son libéralisme effréné ?
Quant au Mage apportant la myrrhe qu’il nous miroite, ce parfum si délicat, désormais un peu frelaté, c’est un peu la vieille Europe qui a tant marqué l’histoire de l’humanité, mais qui désormais est plutôt has-been. Après avoir éclairé le monde de ses valeurs chrétiennes, elle apparaît dépassée.
Enfin le Troisième Mage venu de pays émergents, son encens est bien matérialiste. Il inonde la planète de ses produits manufacturés, laminant au passage les anciennes industries.

Telle est la charge qu’avance le « Procureur » de circonstance.

L’avocate commise d’office sollicite du Président un peu d’indulgence mettant beaucoup d’humanité dans sa plaidoirie de défense, et présentant des arguments circonstanciés.

N’oubliant pas que le jour de l’Epiphanie est un jour d’ouverture au monde, le Président de ce « Tribunal » de circonstance re-situe l’ampleur du message dans un mondialisme de bon aloi. L’Epiphanie est en effet le point de départ du caractère universel du message chrétien, le salut offert à tous, sans distinction de race et de culture ; tel est le sens premier du mot catholique.
Dès lors que la planète appartient à tout le monde, seul un humanisme fraternel basé sur le partage des biens peut être porteur de paix sociale ; ce sens du partage pour tous sera développé par le diacre Lemercier.

Finalement un bel hom"mage" aux Mages.