Jeudi 1er mars 2018 — Dernier ajout lundi 19 mars 2018

Carême : un temps pour se tourner vers la lumière Enregistrer au format PDF

Tandis que j’écris ces lignes, je viens de passer vingt-quatre heures à Lisieux avec des jeunes collégiens de 4e. C’est le début des vacances scolaires, avec une magnifique lumière qui accompagne ce froid tardif de la fin février.

Tandis que j’écris ces lignes, je viens de passer vingt-quatre heures à Lisieux avec des jeunes collégiens de 4e. C’est le début des vacances scolaires, avec une magnifique lumière qui accompagne ce froid tardif de la fin février. Nous recevions aussi ce dimanche l’Évangile de la Transfiguration en saint Marc : « Jésus fut transfiguré devant eux ». La lumière qui rayonne sur le visage de Jésus est donnée à ceux qui le regardent, le fréquentent, le reçoivent dans leur vie. Ainsi sainte Thérèse de Lisieux. Sa vie et son message parlent aux jeunes parce que son désir est grand. Elle comprend un jour qu’elle peut le réaliser dans les actes les plus simples. Elle reçoit le grand amour de Dieu en vivant « à fond » les moments qui pourraient sembler les plus insignifiants : « Céline, ramasser une aiguille par amour peut sauver une âme », assurait sainte Thérèse de Lisieux à sa sœur. Ainsi, le plus petit acte d’amour rejaillit sur les autres et porte son fruit, d’une manière ou d’une autre.

N’est-ce pas cela « l’entraînement du Carême » ? Nous appliquer à redonner leur poids d’éternité à ces instants fugitifs où notre engagement se trouve sollicité, laisser venir dans nos regards, nos comportements et nos idées le grand amour de Dieu pour qu’il nous change. La « petite voie » de sainte Thérèse n’est pas celle des héros ou des puissants ; elle nous indique plutôt que Dieu peut faire des merveilles avec ceux qui se savent petits, fragiles, pécheurs.

Le monde a besoin de cet amour sauveur, le monde a besoin de cette lumière. Je relisais, ces jours-ci, un passage du concile Vatican II qui n’a pas pris une ride : « Le monde actuel apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire ; le chemin qui s’ouvre devant lui est celui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine. En outre, l’homme découvre qu’il lui appartient de bien diriger les forces qu’il a mises en mouvement et qui peuvent l’écraser ou le servir. C’est pourquoi il s’interroge. […] En outre, faible et pécheur, l’homme accomplit souvent ce qu’il ne veut pas et n’accomplit point ce qu’il voudrait. C’est donc en lui-même qu’il souffre de division et c’est de là que naissent au sein de la société des discordes si nombreuses et si profondes. […]L’Église, quant à elle, croit que par son Esprit le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l’homme lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation » (concile Vatican II Gaudium et spes, N° 9 et 10).

« Lumière et forces » pour répondre à notre très haute vocation : voilà ce qui nous est offert, et tout particulièrement aux catéchumènes. Soyons proches d’eux jusqu’à Pâques : « Que ta grâce inspire notre action, Seigneur, et la soutienne jusqu’au bout, pour que toutes nos activités prennent leur source en toi et reçoivent de toi leur achèvement  » (oraison du jeudi après les Cendres).

+ Denis Moutel évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

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Voir en ligne : Edito de Mgr Denis Moutel - ECA Mars 2018