Lundi 8 janvier 2018 — Dernier ajout lundi 7 mai 2018

Face au Synode, éviter les tentations Enregistrer au format PDF

Lors de la journée diocésaine de réception des actes du synode diocésain, l’Abbé François-Xavier Amherdt, professeur de théologie à l’Université de Fribourg (Suisse), a invité les participants à bâtir sur le roc de nos traditions (pardons et patrimoine), la maison nouvelle du diocèse.

Il a repris l’image des 7 tentations pour illustrer ce que doit être la démarche de tout acteur du Synode diocésain.

La tentation 1 : « On a toujours fait comme cela »

Pour aller vers une pastorale créatrice, il a invité chacun à être « audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de nos communautés. Il est indispensable de sortir de nos sacristies, de nos habitudes, de nos espaces pour « proposer » à tous, en toutes circonstances, l’Évangile sans peur ».

La tentation 2 « On a déjà fait tout cela, cela ne marchera pas »

Nous devons dire non au pessimisme stérile. "Même si nous sommes loin des optimismes naïfs, le plus grand réalisme ne doit signifier ni une confiance moindre en l’Esprit ni une moindre générosité. Ne nous laissons pas voler l’espérance ! ». Être enthousiaste, c’est être rempli de Dieu. « Une personne qui n’est pas convaincue, enthousiaste, sûre, amoureuse, ne convainc personne ».

La tentation 3 : l’activisme irréaliste

Nous ne devons pas multiplier le « faire » sans âme. « Aujourd’hui nous sommes face au défi de répondre adéquatement à la soif de Dieu de beaucoup de personnes […]. Si elles ne trouvent pas dans l’Église une spiritualité qui les guérisse, les libère, les comble de vie et de paix et les appelle en même temps à la communion solidaire et à la fécondité missionnaire, elles finiront par être trompées par des propositions qui n’humanisent pas ni ne rendent gloire à Dieu". Nous devons aller à l’essentiel, au cœur de la foi. D’où l’importance d’une catéchèse tout au long de la vie, d’une formation pour tous.

La tentation 4 : « On est déjà débordés

On ne voit pas comment ajouter encore de tâches missionnaires ». « Nous sommes tous invités à sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile ». Paradoxalement, c’est dans la mesure où ceux qui sont en périphéries existentielles sont remis au centre que l’Église est ramenée à l’essentiel. « Par leurs propres souffrances, ils connaissent le Christ souffrant. Il est nécessaire que nous nous laissions évangéliser par eux. La nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaître la force salvifique de l’existence des pauvres et à les mettre au centre du cheminement de l’Église ». Cela peut « donner de la chair » à tout le reste de la pastorale. « L’Évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance et ses demandes, avec sa joie contagieuse ».

La tentation 5 : « On a été laissés de côté par le Synode. Ce n’est pas notre affaire »

En cette époque, et aussi là où se trouve un « petit troupeau », les disciples du Seigneur sont appelés à vivre comme une communauté qui soit sel de la terre et lumière du monde. Ne nous laissons pas voler la communauté mais communiquons l’esprit synode à tous les groupes et partenaires. « J’exhorte chacun à appliquer avec générosité et courage les orientations de ce document, sans interdictions ni peurs. L’important est de ne pas marcher seul, mais de toujours compter sur les frères et spécialement sur la conduite des évêques, dans un sage et réaliste discernement pastoral. »

La tentation 6 : « On n’y arrivera pas. Notre communauté ne veut rien entendre. Et regardez ce qu’à fait la zone voisine »

"Cela me fait très mal de voir comment, dans certaines communautés chrétiennes, on donne de la place à diverses formes de haine, de division, de calomnie, de diffamation, de vengeance, de jalousie, de désir d’imposer ses propres idées à n’importe quel prix, jusqu’à des persécutions qui ressemblent à une implacable chasse aux sorcières. Qui voulons-nous évangéliser avec de tels comportements ? » Nous sommes tous embarqués sur le même navire et nous naviguons vers le même port. Sachons nous réjouir du fruit des autres et du nôtre. Ayons un véritable esprit de soutien mutuel. Partageons les initiatives prises, rivalisons de créativité.

La tentation 7 : « la réforme des structures va écraser et phagocyter tout le reste »

« J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation. Comme disait Jean-Paul II, « tout renouvellement dans l’Église doit avoir pour but la mission, afin de ne pas tomber dans le risque d’une Église centrée sur elle-même ».