Lundi 22 octobre 2018 — Dernier ajout mercredi 10 octobre 2018

Halloween et la Toussaint

Drôle de retour aux sources !

Drôle de retour aux sources !

Profitant des vacances de la Toussaint, les enfants sillonnent nos rues, accompagnés de citrouilles et déguisés en sorcières. Malheur, dit-on, à celui qui ne leur donne pas quelques friandises !
Halloween, « fête » venue des Amériques, a facilement conquis les marchands ; le succès de Harry Potter y est peut-être pour quelque chose. Amusements pleins de magie, vieilles coutumes païennes celtes réveillées ?

Mais Halloween c’est autre chose à l’origine. Le mot contracté vient de Hallow’s Even, c’est-à-dire Toussaint.
Cette fête était le changement d’année en Irlande. Les légendes celtiques bien antérieures au Christianisme ont perduré après l’évangélisation.
Les celtes ont toujours été proches de leurs morts ; à la Toussaint, quoi de plus normal de penser à eux ? On prie encore beaucoup en Bretagne pour les Âmes du purgatoire. Et nos cimetières sont bien tenus.

A Halloween, pardon à l’Hallow’s Even, les morts viendraient retrouver leurs proches pour faire part de leur bonheur ou solliciter des prières.
Les vivants, dans la tradition celtique, ne seraient pas en reste, désireux d’aller faire un petit tour au Paradis … une simple visite ! Les irlandais en connaissent l’entrée, pays mystérieux de demi-dieux, de héros et d’enchanteurs. Les bardes content encore les légendes de ces citrouilles illuminées. Ils ne sont plus druides, prêtres de cultes anciens, mais conteurs modernes. Le fantastique et le mystère font toujours recette ; le transport en dehors du temps, en monde imaginaire n’est pas réservé aux enfants, les adultes ont besoin de s’évader.

Bretons que nous sommes, et donc celtes, notre âme aime le romantique ( il y a toujours un peu de Chateaubriand en nous. ) :
« ah ! qu’elle est belle ma Bretagne, sous son ciel gris, il faut la voir » … La couleur grise favorise le fantasme, le spleen ?
C’est ainsi que les légendes de l’Ankou, le serviteur de la mort, et de sa charrette grinçante meublent l’imaginaire breton. La pratique de la danse, le son du biniou, la ferveur des fest noz ou deiz caractérisent bien le divertissement ; le breton aime être ailleurs, on peut y voir l’expression de rêve de l’âme celte.
Plus historique, que de « saints » celtes ont traversé la Manche pour y apporter l’Évangile ! A Plérin on a conservé le petit port où ils atterrirent.
Brieuc, Fragan, Brendan ont emprunté ces barques, comme celle de Mael Duin si chère aux Irlandais.

Après tout, Foin d’Halloween ! et bonne fête de Toussaint qui nous donne l’occasion de communier avec tous les saints en chantant :

« Voici le Peuple immense de ceux qui T’ont cherché »