Lundi 29 janvier 2018

Homélie du Dimanche 28 janvier 2018

4e Dimanche du Temps ordinaire – Année B - Dt 18, 15-20 ; Ps 94,1-2.6-9 ; 1 Co 7,32-35 ; Mc 1, 21-28

Frères et Sœurs, Dimanche dernier nous avons commencé la lecture continue de l’évangile de saint Marc qui nous rapportait le début de la mission publique de Jésus. Il est venu proclamer la bonne nouvelle : « les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche, convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle ». Et pour commencer cette mission, il se fait associer quatre premiers disciples. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus et ses quatre disciples arrivent à Capharnaüm, la ville de Pierre. C’est là la première étape du chemin dans lequel ces quatre premiers disciples sont invités à suivre Jésus. Comme eux, nous sommes aussi invités à faire route avec le Christ pour continuer à l’écouter et à le découvrir dans tout ce qu’il a à la fois d’ordinaire et d’original. Nous le savons bien au temps de Jésus, il y avait beaucoup de scribes et de pharisiens intellectuels qui enseignaient, interprétant en l’occurrence la loi de Moïse. Même en dehors du cercle religieux, les philosophes de l’antiquité drainaient aussi beaucoup de monde par la communication de leur idéologie. Dans le même temps, il y avait l’exorcisme se pratiquait aussi bien avant la naissance de Jésus. Les historiens le situent à 2000 ans avant sa naissance où déjà en Asie occidentale et en Afrique du Nord, les gens chassaient les esprits mauvais. Jésus donc en enseignant et en chassant les esprits mauvais ne faisait visiblement rien de nouveau, et pourtant son enseignement et son exorcisme bouleversaient tout. Tout le monde était frappé par son enseignement et même les esprits mauvais le reconnaissaient comme un prophète hors pair. Né comme tout le monde, (peut-être dans des conditions moindres que beaucoup), ayant vécu au milieu du monde, avec presque les mêmes activités, finalement mort comme tout le monde (sinon d’une manière encore moins humaine). Jésus a donc mené une vie ordinaire assez commune à beaucoup de ses contemporains. Mais cela ne l’a pas empêché d’être exceptionnel et de susciter dans son entourage de très grandes questions qui persistent jusqu’à aujourd’hui. Et nous sommes bien habitués à une expression très forte dans les évangiles : il agissait et parlait en homme qui a autorité et non comme les pharisiens. Chers amis, je pense que c’est là l’essentiel de ce que l’Evangile veut nous faire découvrir aujourd’hui. Jésus vivant au milieu des hommes ne se conformait pas à la mode de son temps. Son premier souci n’était pas d’être applaudi de tout le monde. Mais du fond de son être, puisant de son expérience personnelle avec son Père, avec pleine conviction, il annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume à qui pouvait et voulait l’entendre : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ». De sa bouche, on entend alors des propos bouleversants avec pleine autorité : il vous a été dit, et bien moi, je vous dis. Il n’hésite même pas à ridiculiser les grands docteurs de la loi, pharisiens et scribes qui faisaient déjà écran dans le peuple, à réformer et purifier la grande loi du sabbat – même si j’ai bien envie que cette loi revienne – du coup tout le monde est étonné, et même les esprits mauvais reconnaissent qu’ils ont affaire à un prophète hors du commun. Chers amis, rappelons-le, le message de l’Evangile pour en ce début d’année est sans équivoque : « convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». C’est un double message qui nous est annoncé à tous. Il s’agira d’abord d’accueillir le message de l’Evangile, de lui donner de la place dans notre vie pour qu’il puisse nous transformer et nous conformer à la volonté de notre Créateur. Dans un deuxième mouvement, il s’agira pour nous de prendre notre part de mission dans l’annonce de l’Evangile. C’est un aspect qui manque cruellement et mortellement à la vie de l’Eglise aujourd’hui. En vivant dans le monde, avec les mêmes activités, les mêmes lieux, c’est un impératif pour le chrétien d’être pour ses frères, dans tout son style de vie, un signe d’interpellation, et même de contradiction au besoin. Puissions-nous saisir chaque occasion de notre existence pour vivre à fond notre foi chrétienne et témoigner toujours de l’Evangile que nous avons reçu.