Lundi 9 avril 2018

Homélie du deuxième dimanche de Pâques

Chers amis, Le récit de l’Évangile de cette octave de Pâques se situe au soir même du jour de la Résurrection, au moment où la Bonne Nouvelle de la résurrection n’était pas encore connue de tous, pas même des apôtres excepté Pierre et Jean qui ont eu le bonheur d’aller et de remarquer son absence dans le tombeau. Nous pouvons alors imaginer l’angoisse dans laquelle ils pouvaient se trouver maintenant que le Maître en qui ils avaient mis tous leurs espoirs est mort. Nous pouvons aussi imaginer la peur qu’ils pouvaient avoir par rapport à leur propre sécurité. Ils étaient alors déboussolés, découragés, peut-être même déçu. Mais ce qui est important, c’est que la foi était encore allumée dans leur cœur, la charité du collège avait aussi survécu. Voilà pourquoi, malgré les événements, malgré la peur, ils ont eu à cœur de se rassembler pour prier, les portes closes tout de même. C’est dans cette ferveur mêlée d’angoisse que le Ressuscité leur apparaît et les salut : « La paix soit avec vous ». La sérénité, la persévérance dans l’épreuve, la paix de la part du Seigneur, c’est ce dont les disciples avaient le plus besoin en ce moment où leur espoir s’était comme envolé aux éclats. C’est aussi ce dont les premières communautés chrétiennes avaient besoin pour témoigner de la joie du Ressuscité. Et nous avons vu dans la première lecture comment ces communautés vivaient vraiment de cette paix et de cette joie du Seigneur. « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun ». C’était simplement tout beau. Le pauvre ne vivait pas moins parce qu’il était pauvre, le riche ne vivait pas trop à cause de sa richesse non plus. Tout le monde avait ce qui lui fallait. La paix de la part du Christ, c’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui. Nous affirmons que nous croyons en Dieu. Et je crois qu’effectivement nous avons la foi, mais souvent la peur, le manque de confiance, la somnolence spirituelle, certaines idéologies… nous enferment dans des chambres portes closes. Malgré la foi, nous demeurons alors, inactifs, in convaincus et infertiles, et facilement, nous sommes mêlés à l’esprit du monde. Heureusement, au cœur de cette obscurité le Seigneur vient nous rassurer : « la Paix soit avec vous. De même que le Père m’envoie, mois aussi je vous envoie ». Le Ressuscité vient donc nous offrir sa paix, nous libérer de nos inquiétudes, nos tristesses, de nos peurs. Il vient nous dégager de tout ce qui nous tient enfermés et il nous dit de faire rayonner autour de nous cette lumière que lui, le Ressuscité, fait briller en nous, cette lumière qui est joie et paix. Pour nous rassurer que c’est bien lui celui qui était mort et qui est désormais à jamais vivant, il nous montre comme à Thomas la marque des clous sur son corps, afin que notre foi soit plus vive. Le Pape François le disait il y a quelques jours : « La joie de savoir que Jésus est vivant, l’espérance qui remplit le cœur ne peuvent être contenues. » Nous croyons en un Ressuscité qui a vaincu le mal et la mort. Ayons le courage de sortir pour apporter cette joie et cette lumière dans tous les lieux de notre vie. La Résurrection du Christ est notre plus grande certitude, c’est notre trésor le plus précieux. Comment ne pas partager avec les autres ce trésor, cette certitude ? Il semble que dans la constitution française, au nom de la laïcité, il est interdit de d’avoir des signes visibles de sa conviction religieuse. Mais je crois qu’il ne nous est pas interdit de vivre des valeurs chrétiennes, de rayonner de la Joie du Ressuscité partout et en tout lieu, à temps et à contretemps. La Paix que le Seigneur donne n’est pas le calme, la tranquillité provenant d’une absence de conflit, mais un état achevé, une perfection, une sérénité du cœur, un bien-être total, une quiétude complète. La Paix c’est d’abord l’expression d’un climat harmonieux entre Dieu et les hommes, une Alliance qui se vit bien au point de rejaillir sur le climat des hommes entre eux. Cette Paix que Dieu nous offre, nous la perdons lorsque nous nous détournons de Lui. Mais Dieu ne se décourage pas. En son Fils, Il a montré sa grande miséricorde qui appelle, relève et réconforte le faible et le pécheur. En ce dimanche de la miséricorde, laissons combler par cette miséricorde infinie de Dieu. Allons-à la source intarissable rencontrer le miséricordieux. Soyons nous-mêmes des artisans de la miséricorde. La paix soit avec vous !

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