Mardi 6 mars 2018 — Dernier ajout lundi 5 mars 2018

Homélie du dimanche 4 mars 2018 à Etables sur Mer

3e dimanche de Carême

Homélie du 3e dimanche de Carême Année B [1]

La samaritaine (Jn 4, 5-42)

Chers amis, Je ne voudrais pas revenir sur les tensions politico-religieuses qui existaient entre les Juifs et pharisiens, ni la place discriminatoire de la femme dans de la culture juive. Mais ce qui nous est utile aujourd’hui à l’écoute de ce texte d’Évangile c’est de voir Jésus supplanter tous ces tabous pour rentrer dans une conversation profonde avec cette femme Samaritaine. Pour Jésus, cette femme est la figure de l’humanité livrée à elle-même, victime de son désordre et de son péché. C’est la figure blessée et condamnée par ses propres illusions, son histoire, ses prétentions, ses ambitions malsaines qui, loin de la désaltérer la laisse davantage languir de soif près de la source d’eau vive. C’est la figure de chacun de nous quand nous prenons délibérément le chemin du mal, quand nous faisons des pactes impossibles avec l’ennemi, quand nous nous fermons à la grâce divine. Et c’est précisément là, en ces lieux de chute que Jésus, comme à cette femme au bord du puits de Jacob, nous rend visite et cause avec nous. Nous pourrions bien l’entendre si nous faisons un peu silence dans notre vie, si nous prenons de temps en temps l’effort de prendre le temps pour méditer sur la Parole de Dieu, sur le mystère de notre foi, sur notre vie. Chers amis, la pauvre femme de Samarie n’est certainement pas très cultivée. De plus sa vie n’a rien d’instructif. Mais aujourd’hui, dans cette rencontre avec le Christ, elle nous instruit longuement. De femme mal famée qu’elle est, devant le Christ, elle montre sa soif de comprendre, elle laisse le Christ scruter sa vie et elle communique la joie de cette rencontre à tous les voisins : « Venez voir, j’ai vu un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie ? ». Mais avant tout, elle a cru et s’est laissé instruire pour rentrer progressivement dans les grands mystères de foi qui étaient encore inexplorés. C’est la démarche méthodique de conversion à laquelle nous sommes tous appelés. Saint Augustin disait : credo ut intellegam, je crois pour comprendre. Le mouvement inverse n’est pas évident. Comme cette pauvre femme naïve de la Samarie, laissons-nous humblement guider par la foi qui nous fait comprendre et découvrir la source d’eau vive qui ne tarit jamais. Pour continuer notre méditation, je nous propose de méditer en plus des dix commandements de Dieu que nous avons écoutés dans la première lecture que nous connaissons tous par cœur quelques mots clés de l’évangile :

  • "Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine !".
  • "Venez voir, il m’a dit tout ce que j’ai fait".
  • "Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui lui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive".
  • "L’heure vient où les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité".
  • "Celui qui boira l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui, en elle, source jaillissante pour la vie éternelle".

[1Nous sommes dans l’Année liturgique B. Mais nous prenons l’Évangile de la Samaritaine de l’Année B qui convient pour le 1er scrutin de Valérie en vue du baptême à Pâques.

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