Lundi 11 décembre 2017 — Dernier ajout lundi 7 mai 2018

L’Avent

Pendant le temps de l’Avent, la liturgie nous oriente vers l’attente : celle de la venue de Jésus le soir de Noël, mais surtout, à la fin des temps. Et la liturgie nous invite à trois attitudes.

Veiller

Le veilleur ne se laisse pas gagner par la torpeur des habitudes ni par le désarroi des temps qui changent. Il ne sombre pas dans le découragement mais garde son cœur en éveil, pour accueillir la Parole de Dieu et la proposer au monde et en témoigner. Cette attitude n’est donc pas celle du soldat qui monte la garde ou du veilleur de nuit qui fait sa ronde. Veiller, à la manière dont Jésus nous y invite, c’est attendre le jour du salut qui se lève, nous en réjouir et l’annoncer. L’Avent invite le chrétien à se tenir éveillé comme un guetteur d’aurore, solidement et jusqu’au bout.

Préparer le chemin du Seigneur

Attendre la venue du Seigneur implique une double mise en mouvement : celle du Seigneur qui vient vers nous, celle du baptisé qui se prépare à la venue de son Seigneur. En effet, la Bonne Nouvelle n’est ni une explication, ni un programme mais l’annonce d’une visite qui se prépare. Alors Jean-Baptiste entre en scène et nous indique comment préparer le chemin du Seigneur qui vient et que le prophète annonce : Celui qui vient est le plus grand et nous baptisera dans l’Esprit, mais il se présente comme un frère pauvre et simple. Sans doute ne correspond-il pas à nos attentes humaines. A nous de prendre un humble chemin de conversion : parce que le chemin du Seigneur est celui de nos cœurs convertis.

Se réjouir

La joie de l’Avent est celle de la hâte d’une venue, la joie des prophètes et de Marie, espérance joyeuse de l’Emmanuel. Ce n’est pas encore la joie de Noël, mais celle d’un nouveau printemps qui se prépare car Dieu fait toujours des merveilles pour son peuple. Celui qui vient portera la Bonne Nouvelle aux pauvres, guérira ceux qui ont le cœur brisé, annoncera aux prisonniers la délivrance, aux captifs la liberté, annoncera une année de bienfaits. Alors le peuple des pauvres que nous sommes rend déjà grâce. Il tressaille de joie, exulte, se pare pour la fête parce que l’Esprit Saint est à l’œuvre dans le monde. Cette joie demande une conversion intérieure : que chacun se reconnaisse pauvre de Dieu pour, ensuite, se réjouir comme Marie et Jean-Baptiste des merveilles que fait la grâce en lui, comme Marie et Jean-Baptiste. Cette attitude ouvre à l’accueil de l’aujourd’hui de Dieu.

Accueillir et contempler

Nous voici au seuil du mystère que nous célébrons à Noël. La liturgie du quatrième dimanche nous invite à accueillir ce mystère avant de le contempler. Un personnage apparaît : l’ange Gabriel, messager de Dieu. Et Marie accueille l’Esprit Saint qui fera jaillir la vie en elle. Son « oui » rend Marie totalement disponible à la demande de Dieu. Ce récit nous ouvre à la contemplation du don de Dieu : Jésus, son Fils que l’ange Gabriel vient annoncer et qui prendra corps à Noël. Dès lors, comment ne pas ouvrir nos cœurs à l’accueil de ce don de Dieu et à la contemplation, dans la crèche, de Celui qui vient nous révéler le Père ?

Le dynamisme de l’Avent

En regardant l’ensemble des lectures proposées pour les dimanches d’Avent des années A, B, C, on constate des points communs, des étapes semblables. Le premier dimanche est arrachement et réveil par un dévoilement de l’histoire. Le second dimanche présente Jean Baptiste et son appel : le « Veillez » du premier dimanche se trouve déployé dans un agir et situé dans un mystère, celui de la rencontre. Le troisième dimanche, avec sa tonalité de joie, désigne celui qui vient, nomme notre espérance : c’est Jésus. Le quatrième dimanche, dans la proximité de Noël, annonce qui est ce Jésus ; la présence de Marie et les textes pauliens nous associent au mystère de la naissance. Temps à la fois complexe et subtil, l’Avent associe plusieurs thèmes dont il s’est enrichi au fil des siècles. Il se concentre aujourd’hui autour de deux grands aspects : la préparation de la venue du Christ à la fin des temps et la préparation de la nativité. La subtilité de ce temps tient à la capacité de nous mettre dans une attitude spirituelle nouvelle qui, de dimanche en dimanche, ranime notre foi et notre espérance. En nous proposant un chemin d’Avent jalonné de grandes attitudes spirituelles, l’Église nous rappelle que la contemplation du Christ dans l’Incarnation ne peut se faire que si nos cœurs apprennent à désirer le Seigneur. L’Avent fait grandir en nous le désir de nous convertir pour accueillir le don de Dieu et contempler le mystère. Isaïe, Jean-Baptiste, la Vierge Marie et le Seigneur lui-même seront pour nous les meilleurs des guides.