Lundi 1er janvier 2018 — Dernier ajout lundi 7 mai 2018

L’Épiphanie

Le mot Épiphanie signifie « manifestation ». Pour la liturgie, il s’agit de la manifestation aux hommes de Jésus, Fils de Dieu. L’épisode des Mages en est un des aspects.

L’histoire

Aujourd’hui fixée au 6 janvier, la fête de l’Épiphanie est mentionnée à Rome vers 350, à Paris en 361. Venant d’Afrique ou d’Espagne, elle permet d’établir une distinction entre Noël où l’on célèbre la naissance du Christ et le 6 janvier où l’adoration des Mages signifie sa manifestation aux païens. Nous sommes dans le prolongement de l’annonce aux bergers, le soir de Noël.

Le mystère

Dans l’Épiphanie, il s’agit d’une manifestation du Christ à des hommes en recherche. Les Mages ont fait un long chemin et ils apportent des présents très symboliques. Venus d’un pays lointain, ils personnifient les nations païennes. Ces mages ne peuvent qu’intriguer, dans la mesure où le récit de leur venue ne se trouve que dans l’évangile de Matthieu. Arrêtons-nous un instant sur eux. Dans l’imaginaire occidental, le premier s’appelle Melchior. Souvent représenté par un vieillard à la barbe blanche, il présente l’or, présent royal. Le second, nettement plus jeune, s’appelle Gaspard. Il offre l’encens que l’on brûle seulement devant les dieux. Le troisième est noir et se nomme Balthazar. Il offre de la myrrhe, un parfum que l’on utilisait lors de l’embaumement des morts. Ils reconnaissent ainsi la royauté, la divinité et l’immortalité de Jésus. Ces mages sont des savants et des astrologues, bien plus que des magiciens. C’est Tertullien (vers 200) qui leur donnera le titre de rois, en référence au psaume 72 : « Les rois d’Arabie et de Saba lui offriront des présents ». Il faut cependant attendre le XIIe siècle pour que la liturgie reconnaisse la royauté des mages qui, alors, passera dans l’imaginaire populaire. Quelle que soit leur réalité, l’évangile proclame, à travers les mages, que le Christ, lumière de Dieu, se levait pour le monde entier et que son règne s’étendrait à toutes les nations. Noël et l’Épiphanie sont donc deux aspects du mystère du Fils de Dieu venant parmi les hommes et leur apportant la lumière. Les deux fêtes sont complémentaires et inséparables, tout comme elles se situent dans un cycle plus large des manifestations du Seigneur. Il faut en effet y associer le baptême de Jésus et les noces de Cana, ce que fait la liturgie, dans l’antienne du Cantique de Zacharie, aux laudes de l’Épiphanie : « Aujourd’hui l’Église est unie à son Époux : le Christ au Jourdain la purifie de ses fautes, les mages apportent leurs présents aux noces royales, l’eau est changée en vin pour la joie des convives ».

Une grande tradition

La galette des Rois. Voilà une coutume bien française qui apparaît au début du XIVe siècle. Il s’agirait d’un repas, le jour de l’Épiphanie, « repas des rois » qui se terminait par la galette. Pour rappeler les présents offerts à Jésus par les mages, la fête était marquée par un geste de générosité : une part de gâteau (part de Dieu ou part du pauvre) était mise de côté pour le premier mendiant qui passait. Les familles riches invitaient au repas des écoliers pauvres et celui qui trouvait la fève recevait une bourse d’études à laquelle tous les convives participaient. D’autres traditions existaient. Ainsi dans certains lieux celui qui trouvait la fève de la galette avait le droit de tout dire, pendant la journée de l’Épiphanie, sans craindre de représailles. Même la révolution adopta la galette qu’elle renomma « galette de l’Égalité ». Aujourd’hui, nous célébrons toujours la fête des Rois et nous partageons la galette. Mais combien de nos contemporains font-ils encore le lien entre la galette et l’évangile ?

Que signifie pour nous cette fête ?

D’abord elle révèle autre chose que la venue de Dieu chez nous : voilà que les hommes se mettent en mouvement pour rencontrer le Christ. Et l’Épiphanie devient la célébration de l’homme en quête de Dieu, la célébration de notre propre histoire si nous sommes vraiment des chercheurs de Dieu. Ensuite, nous apprenons que notre voyage sur la terre a un but, et ce but, c’est Dieu. Alors, suivons l’étoile. La seule chose qui compte c’est l’avenir que Dieu nous ouvre. Nous aussi, comme les mages, nous avons des déserts à traverser. Ne nous décourageons pas : l’étoile est là au ciel de nos vies. Pourquoi ne pas suivre sa lumière ? Peut-être parce que nos cœurs refusent de la laisser briller dans nos obscurités. Débarrassons-nous de ce qui, nous encombre ; avec confiance suivons l’étoile, mettons nos cœurs en route pour une nouvelle année. Nos cœurs deviendront des cœurs de rois sur la route qui mène à Dieu.