La Mission Universelle, une fenêtre fraternelle sur le monde

lundi 25 avril 2016
par  Patrick BEGOS
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Nous poursuivons notre série d’articles sur la fraternité par le témoignage de Frère Denis Chamaret, délégué épiscopal de la Mission Universelle. Il nous rappelle que chaque chrétien, par son baptême, doit se sentir concerné par l’ouverture sur l’Église du monde.

 En quoi consiste le Service de la Mission Universelle ?

La Mission Universelle est au service de l’Église, afin que chaque diocèse, chaque paroisse, tout mouvement et tout groupe… éveillent et développent le souci des autres Églises et les soutiennent dans leur mission.
La Coopération Missionnaire désigne, depuis le Concile Vatican II, toutes les formes de soutien, spirituel, humain, économique ou pratique, à “l’œuvre d’évangélisation et à l’œuvre missionnaire”. Chaque évêque est responsable de la Mission dans son diocèse et coresponsable, avec le Saint Père et tout le collège épiscopal, de la Mission partout dans le monde : « Les évêques doivent se savoir toujours unis entre eux et se montrer soucieux de toutes les Églises… chacun d’eux, en effet, est responsable de l’Église, ensemble avec les autres évêques ».
L’Église locale ne peut donc pas se développer sans participer aussi à la Mission Universelle. « De plus, les évêques feront en sorte que soient préparés des ministres sacrés qualifiés, ainsi que des auxiliaires, religieux ou laïcs, pour les missions et les pays souffrant du manque de clergé. Ils auront soin d’envoyer, dans la mesure du possible, certains de leurs prêtres pour y exercer le ministère sacré de façon durable ou transitoire », souligne le Concile.
On devine le rôle essentiel d’informateur que la Mission Universelle doit jouer pour que grandisse la solidarité entre les chrétiens.

 Chaque chrétien doit donc se sentir concerné ?

Une Église missionnaire peut paraître un concept éloigné de nos préoccupations quotidiennes. Certes, certains sont envoyés en mission dans des pays étrangers. Mais, nous aussi, nous sommes concernés, chacun à notre niveau. En effet, tout baptisé est missionnaire par son baptême et doit donc témoigner des valeurs de l’Évangile. La Mission Universelle de l’Église repose sur cette dimension du baptême. On ne vit pas son baptême tout seul.
Le livre de l’Apocalypse nous exhorte en ce sens : « Transmets ce que tu as reçu ». L’un de nos objectifs est donc de rappeler aux chrétiens cette dimension du baptême, nous leur disons : « Pour que votre paroisse soit catholique, c’est à dire universelle, elle doit être ouverte sur le monde entier.

 Comment notre diocèse est-il engagé dans cette mission ?

Autrefois, les relations missionnaires étaient Nord-Sud. Maintenant, elles sont inter-Églises, c’est à dire d’une Église à une autre, avec le respect des particularités de chaque diocèse. Les Conférences Épiscopales se sont développées. Le diocèse de Saint-Brieuc a encore des missionnaires au loin, prêtres ou religieux, au Bénin, au Cameroun, au Maroc, en Algérie, en Syrie, en Amérique latine et dans d’autres pays avec l’objectif d’aider les jeunes Églises.
A l’inverse, une dizaine de prêtres originaires des diocèses d’Afrique sont en service dans notre diocèse. Ils effectuent un service en paroisse et certains viennent aussi pour des études, voire des soins. Quelques religieuses africaines sont également en service à Moncontour, aux Châtelets, à Gouarec … Ces prêtres peuvent au début se sentir isolés car le changement culturel est important. Nous leur proposons des sessions de formation mais nous comptons aussi sur les paroissiens pour bien les accueillir, notamment pour gérer le quotidien.
Nous accueillons également une trentaine de prêtres africains « saisonniers », pendant au moins un mois, en période d’été, afin que nos prêtres costarmoricains puissent prendre des vacances. Il s’agit aussi de renforcer les paroisses du littoral durant l’été.
Une fois par an, nous réunissons ces prêtres africains, permanents ou saisonniers, ainsi que les missionnaires costarmoricains en congés. Pour 2016, ce rassemblement aura lieu à Dinan, le mardi 12 juillet, il est ouvert à tous !

 Des laïcs peuvent aussi être envoyés en mission ?

Oui, plusieurs organismes prennent en charge ces volontaires laïcs, comme la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) et Fidesco. Fondée en 1967, la DCC, ONG Catholique de développement, est le service du volontariat de l’Eglise en France. Présente dans plus de 50 pays, la DCC accompagne chaque année plus de 500 volontaires qui agissent dans tous les domaines de développement et dans tous les types de métier.

 Comment chaque chrétien peut-il participer ?

La Mission change peu à peu de visage. Autrefois, nombreux étaient « les missionnaires » qui quittaient leur Bretagne natale pour aller au loin annoncer l’Évangile. Aujourd’hui, le plus important pour nous est de sensibiliser les chrétiens d’ici à la vie de l’Église dans sa diversité. On n’est pas chrétien que pour sa paroisse ou même son diocèse, on s’informe sur ce que vivent les chrétiens ailleurs dans le monde et on ouvre sa prière aux dimensions du monde, particulièrement dans les pays où les chrétiens sont persécutés.
Par nos offrandes, nous participons aussi à l’évangélisation. Participer à la quête mondiale pour la mission est un acte missionnaire. Toutes les paroisses du monde invitent les chrétiens à se montrer généreux le dimanche de la Mission en octobre. Cette collecte permet à l’Église de vivre, d’assurer sa mission, sa croissance dans le monde et de favoriser l’annonce de l’Évangile. Le Fonds Universel de Solidarité contribue à la vie des prêtres dans plus de 1 000 diocèses, à la construction de chapelles, d’églises, de lieux de catéchèse dans plus de 70 pays et assure la formation pastorale de plus de 33 000 séminaristes et 220 000 catéchistes.

 Est-ce l’objectif de la Semaine Missionnaire ?

Les paroisses du monde entier sont invitées, du 16 au 23 octobre 2016, à dynamiser leur élan missionnaire. La Semaine Missionnaire se donne trois objectifs : informer sur la vie des communautés chrétiennes dans le monde, prier pour la Mission, faire un geste en faveur du Fonds Missionnaire Mondial. Cette année, le thème sera : « Annoncez la miséricorde ». Chaque paroisse peut bâtir un projet à partir des livrets d’animation.
Dans le diocèse de Saint-Brieuc, une journée de prière continue est organisée le jeudi 20 octobre 2016. Tous les diocèses de France ont été invités à choisir une date en octobre. Les paroisses, les communautés religieuses, les aumôneries et tous les chrétiens qui le souhaitent prieront pour ceux qui sont envoyés loin de chez eux - là-bas ou ici dans notre pays - pour annoncer la Bonne nouvelle. Le diocèse se mobilisera de 7h30 à 21h30 sans interruption avec des groupes de prière.

Tréguier 2015 rencontre inter-églises ou 15 nationalités étaient représentées
Une Église plus missionnaire et plus solidaire
Sous l’égide de la Conférence des Évêques de France, la Mission Universelle veut rendre l’Église de France plus missionnaire dans les diocèses et plus solidaire des Églises du monde. L’Église est faite pour proclamer le Christ, messager de la venue du Règne de Dieu. Un tel projet est la tâche de toute l’Église, et de tous les services d’Église.
On ne peut pas compartimenter la Mission. Elle est la même ici et ailleurs, et jusqu’aux extrémités de la terre : “ Vous serez mes témoins, à Jérusalem, en Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ”. Aussi, l’animation missionnaire ne vient pas en concurrence des autres tâches. Car celui qui répond à l’appel de l’Esprit qui le fait apôtre (“envoyé”) devient missionnaire dans toutes les dimensions de sa vie.

Le volontariat laïc
La Délégation Catholique pour la coopération (DCC), créée par l’Épiscopat, prépare et accompagne les jeunes volontaires à la coopération dans les Églises d’autres pays. Elle met en avant l’engagement solidaire, le respect des dynamiques locales et l’ouverture à tous. « Il y a une place pour chacun, quels que soient sa formation, son parcours ou son lien à l’Église. Chacun est invité à vivre dans le volontariat une expérience personnelle, professionnelle et spirituelle ». Les rencontres interculturelles fondent l’expérience de la DCC.

PS :

Le télégramme du vendredi 22 avril consacre sa première page aux prêtres sans frontière dans l’édition de Saint-Brieuc.


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