Lundi 7 mai 2018

Le mois de Marie Enregistrer au format PDF

« C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau » chantions-nous dans les années antérieures au concile Vatican II. Les paroles de ce cantique peuvent nous sembler désuètes ; elles n’en portent pas moins une belle tradition, celle de la prière à Marie recommandée à certaines époques de l’année liturgique.

Une tradition

Dans le rite byzantin et chez nos frères orthodoxes, le mois d’août, durant lequel la liturgie est centrée sur la Dormition de Marie (15 août) constitue, depuis le XIIIe siècle, un vrai « mois marial ». Chez les coptes, le mois de Marie se situe en décembre-janvier, structuré autour de la fête de la Nativité. En occident, les premiers témoignages concernant la coutume de dédier le mois de mai à la Vierge Marie remontent à la fin du XVIe siècle. Au cours du XVIIIe le mois de Marie, tel que nous avons pu ou que nous pouvons le connaître, est déjà bien attesté. De nombreux exercices de piété à Marie jalonnent ce mois et une coutume, aujourd’hui disparue chez nous, imposait qu’on ne célèbre aucun mariage pendant le mois de mai, consacré à la Vierge Marie.

Les orientations de l’Église

Le « Directoire sur la piété populaire » propose des orientations qui rappellent l’importance de la piété populaire et invitent les paroisses à ne pas trop vite rejeter le mois de Marie. Elles recommandent de l’intégrer à la pastorale annuelle de la paroisse. Puis, elles demandent d’harmoniser les pratiques de ce mois avec le temps liturgique dans lequel il se situe. Ainsi, par exemple, durant le mois de mai, qui coïncide en grande partie avec le temps pascal, les exercices de piété doivent bien mettre en évidence la participation de la Vierge Marie au mystère pascal et à l’évènement de la Pentecôte. Il s’agit donc d’orienter, avant tout, l’esprit des fidèles vers les fêtes du Seigneur qui célèbrent les mystères du salut auxquels la Vierge Marie a été associée. Enfin, les orientations demandent que les diverses célébrations mariales comportent un temps de catéchèse visant à rappeler que, si les exercices de piété sont une belle tradition, c’est le dimanche et la participation à l’Eucharistie qui restent essentiels à la vie chrétienne.

Quels exercices de piété ?

D’abord, la méditation de la parole de Dieu, particulièrement celle des textes proposés lors des fêtes mariales, ou dans les messes en l’honneur de la Vierge Marie. Il s’agit, à l’exemple de Marie, d’écouter la parole de Dieu, de la méditer, de la conserver dans son cœur pour la faire connaître à la fois par la parole et par le témoignage de la vie. Ensuite, il est proposé de redécouvrir la prière de l ‘Angélus qui se réfère à un évènement central du salut. Prier trois « Je vous salue Marie » au moment où les cloches sonnent à midi, dans la soirée et parfois même le matin, nous fait entrer dans cette longue tradition de la prière de l’Église à la Vierge Marie et à Dieu qui nous donne Jésus, son Fils. Quant au Rosaire, il a évidemment toute sa place pendant le mois de mai. Il ne consiste pas à enfiler des dizaines de « Je vous salue, Marie », mais à méditer, à chaque dizaine, un des aspects des mystères du Seigneur. Chacun peut prier le Rosaire seul, chez lui, mais il est bon de se retrouver à l’église, dans une chapelle, chez l’un ou l’autre, pour prier et méditer ensemble. Le mois de Marie nous offre alors l’occasion de revitaliser nos groupes de prière, d’ouvrir les chapelles et d’inviter tous ceux qui le veulent, à venir prier Marie et à rendre grâce au Christ pour le don qu’il nous fait de sa mère.

Quelques traditions

Le mois de Marie est l’occasion de fleurir, dans nos églises et nos maisons, les statues ou les icônes de la Vierge, d’éclairer les statues de Marie, chaque jour, dans nos églises, et pas seulement le dimanche. Et, le savez-vous ? La fête des mères qui a lieu en mai, aux États-Unis ou en France, peut prendre une tonalité mariale, dans certains pays comme en Espagne où elle est célébrée le 8 décembre. A son origine, une Américaine, Anna, M. Jarvis (1864-1948) qui désirait rendre un hommage à sa mère en promulguant cette fête qu’elle voulait à caractère religieux. En 1910, la fête fut officiellement instituée dans l’Oklahoma, puis dans tout les États-Unis en 1913. En France, elle fut instituée en 1941 et tombe souvent au mois de mai.

Illustration : Notre-Dame d’Aparecida

Voir en ligne : C’est le mois de Marie