Mardi 7 décembre 2010

Salutation angélique Enregistrer au format PDF

Extrait du Diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier http://saintbrieuc-treguier.catholique.fr/Salutation-angelique

On a beau admirer la concision du latin ; quand la Vierge répond à l’ange « Fiat mihi secundum verbum tuum », c’est beau, remarquable, mais un peu court et abrupt. En langage moderne elle aurait dit « OK », se pliant à un dictat divin, passive et résignée ?

St Luc emploie un mot grec inhabituel, à un mode particulier : Genoito, à l’optatif. C’est la richesse du grec de posséder plusieurs modes ; outre le présent, le passé, le futur,il y avait l’optatif. Ce mode était utilisé pour exprimer un souhait réalisable, un voeu. En somme une formule un peu formelle, du genre « puissé-je », « oserai-je penser » ? Les exégètes nous disent que cette formulation dans la langue vernaculaire, la koiné parlée à cette époque, n’était pas familière aux gens du peuple.

Ce qui permet de penser que St Luc en employant cette expression a voulu dire quelque chose de plus que « fiat » ou « amen » dans la version hébraïque. La première réponse à l’ange a été « la servante du Seigneur », et Marie l’a été d’abord de ses proches puisqu’aussitôt, « en hâte » elle se précipite chez Élisabeth pour l’aider. Son « genoito » renvoie donc à cette première attitude de service, en totale obéissance à la volonte de Dieu.Marie ne se contente pas d’accepter le plan divin, elle s’engage par l’emploi de l’optatif (« que cela arrive ! ») à mobiliser toutes ses ressources personnelles.

L’utilisation de ce mot dans le Nouveau Testament est rare, dans son acception positive. Raison de plus pour en souligner l’originalité de son emploi dans St Luc.

Par contre St Paul utilise souvent le Mê genoito, en négatif cela donne « Jamais de la vie », « À Dieu ne plaise », le Biskouaz kemend-all des bretons ! Genoito ? « Oh, oui que cela soit ainsi ».

Francisco de Zurbarán (1598-1664) - Musée del Prado, Madrid