Lundi 16 octobre 2017 — Dernier ajout lundi 7 mai 2018

Semaine missionnaire : Deux prêtres africains témoignent (1/2)

Père Jean Marie : « Les guerres nous ont fortifiés dans notre foi »

Les abbés Jean Marie Kapata et Ambroise Gning ont séjourné à Plérin en juillet et août. En prélude à la semaine missionnaire d’octobre, ils apportent leur témoignage sur la pratique religieuse au Congo et au Sénégal.

Questions à l’abbé Jean Marie Kapata :

Je suis venu à Plérin pour une expérience pastorale d’été après avoir séjourné, les années précédentes à Perros-Guirrec, Pléneuf-Val André et Callac. Les pères missionnaires nous ont formé en Afrique, ils nous ont parlé de la Bretagne, notamment le père Zacharie de Quimper. Je veux, en retour, rendre service en Bretagne. Le séjour a été agréable, nourri de nombreux contacts avec la population. Nous formions, ici au presbytère de Plérin, une bonne communauté de pasteurs alors qu’au Luxembourg, je suis seul dans mon presbytère.

Comment vivez vous votre ministère de prêtre au Luxembourg ?

Il n’y a pas de comparaison avec Plérin. Les fidèles demandent, avec insistance, que tous les offices soient réalisés en langue luxembourgeoise. Je ressens que, là-bas, l’église locale est enfermée sur elle même. Elle fait peu d’efforts pour s’ouvrir à d’autres Églises. Au contraire, en Bretagne, je sens une pastorale plus ouverte avec une participation active de la population. Nos églises luxembourgeoises sont presque vides, le dimanche.

Au Congo dont vous êtes originaire, la pratique religieuse est importante ?

Le Congo-Brazzaville est catholique à 90 % mais il existe d’autres religions comme la religion musulmane. Il n’y a pas de tension particulière entre les fidèles des différentes religions, mais un respect mutuel. Je suis originaire de l’archidiocèse de Brazzaville. Notre ancien archevêque, Mgr Batantu, avait mis l’accent sur la formation du clergé local. Il avait envoyé ses séminaristes en formation dans divers pays d’Afrique et d’Europe (Italie, France….). Les prêtres sont revenus au pays avec de solides formations, parfois des doctorats. Au Congo, nous ne manquons pas de prêtres. Dans une paroisse de la taille celle de Notre Dame de la mer, nous avons 3 à 4 prêtres ainsi que des séminaristes et des stagiaires. Comme en France, c’est la paroisse qui subvient à leurs besoins. Les fidèles offrent beaucoup de dons, parfois en nature. Les deux guerres (1993-1999) nous ont fortifiés dans notre foi. Les fidèles ont conscience que Dieu les a sauvés et leur foi s’est raffermie. Jeunes et adultes participent à la messe du matin (6h30) avant d’aller à l’école ou au travail. Et les mouvements d’apostolat (Ste Jeanne d’Arc, St Jean Marie Vianney….) entretiennent une spiritualité et une fraternité liées à tel ou tel saint. Chaque fraternité se réunit une fois par semaine, souvent le soir après le travail, puis ses membres participent à la messe.

Y-a-t-il beaucoup de vocations religieuses ?

Au Congo, dans les mouvements d’apostolat, il existe un véritable esprit de fraternité. La bonne ambiance qui règne entre parents, jeunes garçons et jeunes filles, constitue un terreau favorable pour les vocations de prêtres ou de religieux. Dans chaque paroisse, le « groupe de vocation » sous la responsabilité du curé, est un relais entre les parents et les jeunes. Régulièrement, une fois par mois, les formateurs du séminaire et les jeunes séminaristes viennent dans les paroisses pour assurer une récollection auprès des fidèles.

Que faire lors de la Semaine missionnaire ?

Père Jean Marie : Au Congo, l’église est jeune et en plus des prières, les intentions de messe sont bien utiles pour compléter les moyens de subsistance des prêtres. Notre souhait est également de poursuivre les relations engagées avec votre diocèse.

Voir aussi les articles Bienvenue à l’abbé Jean-Marie Kapata - (2) et Bienvenue à l’abbé Ambroise Gning - (1).

Voir en ligne : Semaine missionnaire