Juste pour prendre langue …

lundi 24 février 2014
par  Bernard LE NEEL
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Les petits-fils de Charlemagne ont officialisé la langue romane devenue française dans le document « le Serment de Strasbourg ».
Depuis, le monde francophone s’est bien étendu ; notre langue a connu ses heures de gloire internationale.

En ce moment, des efforts sont déployés en France pour que quelques langues « provinciales », continuent à exister. Il y va de la culture et de l’identité régionales ; l’unité nationale, oui, mais dans une saine diversité !

La langue, ce petit muscle situé au milieu du visage, discrète mais ô combien active, mérite réflexion.

Le maître d’Esope lui demanda un jour de préparer un banquet. Il acheta au marché des langues, et ne composa son menu qu’avec des langues. Les convives s’en régalèrent, puis furent vite dégoûtés.
Le maître, fâché, demanda des comptes à Esope qui s’empressa de dire que la langue est la meilleure des choses :

C’est un lien essentiel de communication, répondit-il, la clé du savoir, le sésame de l’éloquence. Quand on voyage en pays étranger, quel handicap de ne pas connaître la langue !
Fort bien dit le maître convaincu, alors, demain, achète-moi la pire des choses, je veux impressionner les mêmes invités.
Et Esope de retourner au marché quérir … des langues.
Il se disait, la langue est la pire des choses, mère de tous les débats, des contentieux, des guerres, de la calomnie et du mensonge.

Il ne manque pas de gens à la langue bien pendue, ou à la langue de vipère. Que de dégâts causés par ce petit muscle.

Plus prosaïquement, chaque profession a son langage.
Pour les militaires, dont un objectif est quand même de tuer, on neutralise un ennemi, on pacifie une région.
Les politiques, les instances publiques usent assez souvent de la langue de bois : Une grève d’ouvriers, est un mouvement d’action, les dépenses de la Sécu, des dépenses de santé, les femmes de ménage sont devenues naguère des techniciennes de surface.
Des professeurs ont même qualifié le ballon de « référenciel rebondissant » …
A la télévision ce qui se passe en dehors de la Capitale est « en région », le mot Province faisant trop provincial.
Ne parlons pas du verlan … où tout l’art de la conversation est de créer des mots à l’envers … c’est marcher sur la tête.

Bref, observer la langue et ce qu’elle produit, est riche d’enseignement.

Le Livre des Proverbes ne tarit pas sur l’éloge de la sagesse, et fustige la langue menteuse.
Ne t’empresse pas d’ouvrir la bouche ! Ne permets pas à ta bouche de te faire pécher
Gardez-vous donc des murmures qui ne peuvent servir de rien, et ne souillez point votre langue par la médisance, parce que la parole la plus secrète ne sera point impunie, et que la bouche qui ment tuera l’âme.

Aux Pharisiens qui se plaisaient au jeu verbal avec Jésus, Celui-ci de répondre :
« Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais c’est ce qui sort de la bouche qui souille l’homme ".
Saint Jacques mettra les points sur les I :

  • 1 26 si quelqu’un s’imagine être religieux sans mettre un frein à sa langue, sa religion est vaine.
  • 3 :1 Si quelqu’un ne commet pas d’écart de paroles, c’est un homme parfait.

Quand nous mettons aux chevaux un mors dans la bouche, pour nous en faire obéir, nous dirigeons tout leur corps.
Si grands que soient les vaisseaux, même poussés par des vents violents, ils sont dirigés par un tout petit gouvernail …

Enfin avec Saint Jacques laissons la langue bénir le Seigneur :
« Quelqu’un est-il joyeux ? Qu’il entonne un cantique ».

Car c’est l’Esprit qui est en nous qui nous fait dire avec le cœur et la langue Abba Père. Le Christ est le Verbe, la Parole du Père, oserai-je dire … la langue du Père.
Voilà qui réhabilite bien ce petit mot de langue.


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