Le Carême, une montée vers Pâques

mercredi 12 mars 2014
par  Patrick BEGOS
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En cheminant dans les lectures des cinq dimanches précédant Pâques, le Carême nous offre l’opportunité de redécouvrir notre baptême. Soeur Marie-Thérèse Le FLoch explique le sens de cette période essentielle pour tout chrétien, dans le renouvellement de sa foi.

Sœur Marie-Thérèse Le Floch

 Quel est le sens du Carême ?

C’est un temps de préparation à Pâques. Quarante, c’est le nombre d’années de l’Exode où Israël, après avoir été libéré d’Egypte, chemine vers la terre promise. Quarante, c’est le nombre de jours que Jésus passe au désert où il a été tenté.

Quarante, c’est notre carême (le mot vient du latin quadragesima). Depuis le VIe siècle, les chrétiens ont voulu préparer Pâques par un temps de pénitence, de jeûne et de prière. Aujourd’hui, nous aussi, nous sommes appelés à revivre l’histoire de Jésus. Nous sommes sollicités pour être à l’écoute de la parole de Dieu et nous laisser convertir.

 Le mercredi des Cendres est une première étape ?

Le Carême commence le mercredi des Cendres et dure réellement 46 jours puisque tous les dimanches de Carême sont exempts de toute pénitence. Le message de ce mercredi : « Revenez vers le Seigneur, laissez vous réconcilier avec Dieu, faites-lui confiance ». L’évangile de ce jour évoque les trois grandes attitudes du Carême : la prière, le jeûne et l’aumône (partage).
Les cendres sont un signe hérité de la tradition juive et évoquent la « finitude humaine ». L’essentiel n’est pas les cendres mais le message : « Convertissez vous. Croyez à l’Evangile dans une démarche commune avec vos frères ». Nous sommes invités à nous réunir et à nous convertir en changeant de vie, en faisant pénitence.

 Comment faire pénitence aujourd’hui ?

La signification de ce mot a évolué au fil des ans. Il ne s’agit pas de souffrance physique mais plutôt de poser des actes qui demandent un effort et vont nous libérer de nos mauvaises habitudes. Se tourner vers Dieu, intensifier notre relation personnelle avec lui en changeant d’attitude intérieure, s’ouvrir à son amour. Nous pouvons compter sur la grâce de Dieu pour vivre une vie nouvelle. Les cendres permettent d’en prendre conscience et de se confier à Dieu. Durant tous les dimanches de Carême, nous ne chanterons ni le Gloria, ni l’Alleluia, en signe de pénitence.

 Y-a-t-il une progression dans les lectures du Carême ?

Cette année (A), la lecture des évangiles de St Mathieu reprend l’itinéraire des tout premiers carêmes et l’ordre des étapes proposées aux catéchumènes qui seront baptisés dans la nuit pascale. C’est donc une véritable catéchèse baptismale pour se renouveler dans la vie de Dieu. En choisissant de lui être fidèle, nous renouvelons la grâce de notre baptême.
Le premier dimanche, Jésus est tenté au désert. Il vit une aventure humaine en étant pleinement fils de Dieu. Les tentations de Jésus sont aussi les nôtres. A sa suite, le catéchumène est mis à l’épreuve pour convertir sa vie. Avec lui, nous pouvons résister à ces tentations.
Dans l’évangile du deuxième dimanche, Jésus est transfiguré. A sa suite, le catéchumène marche vers la transfiguration que lui donnera le baptême en le plongeant dans la mort et la résurrection du Christ. Le troisième dimanche, Jésus révèle à la Samaritaine qu’il est la source de la Vie. L’eau dans laquelle le baptisé sera plongé est aussi source de la vie divine. Le quatrième dimanche, Jésus rend la vue à l’aveugle-né. Le baptême sera lui aussi l’illumination du baptisé par le Christ. Le cinquième dimanche, Jésus rend la vie à Lazare. Le Seigneur fera naître le nouveau baptisé à une vie nouvelle.
Le dimanche des Rameaux est le dimanche du Christ-roi. Les chrétiens vont suivre le même cheminement que Jésus. Durant la semaine sainte, nous revivons la Passion qui nous mènera à Pâques. Même si nous ne sommes plus catéchumènes mais baptisés, il n’y a pas de temps plus favorable que ce Carême pour laisser le Seigneur réactiver en nous le baptême qui nous a ouverts la vie.

 Comment vivre ce Carême 2014 en chrétien ?

Le Carême n’est pas une démarche solitaire. A l’invitation des écritures, on peut vivre ce Carême en se convertissant à l’écoute de la parole de Dieu, en se retrouvant ensemble pour la méditer et en se laissant pénétrer du sens des écritures. La lecture des oraisons est aussi une bonne introduction à la prière. De manière plus individuelle, chacun sait où sont ses faiblesses. Participer au sacrement de réconciliation permet de se rendre compte de ses failles et de recevoir la grâce renouvelée de Dieu.
Les trois attitudes du Carême (la prière, le jeûne et le partage) sont à notre portée. Il ne faut pas hésiter à se créer des temps de prière, même courts, dans la journée. Le jeûne peut être une démarche spirituelle qui évoque qu’au-delà de la nourriture matérielle, nous recevons la Vie de l’Autre. En se privant, on retrouve la saveur de la parole de Dieu. Quant au partage, l’occasion nous est donnée, lors du cinquième dimanche (Journée du CCFD), de s’ouvrir à un autre besoin du monde, en fonction de ce dont on s’est privé, durant le Carême.


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