« Au fond du désert où Dieu te mène »

dimanche 9 mars 2014
par  Emmanuel BRIAND
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En me demandant un article sur le désert, je me demandais ce que j’allais écrire pour ce temps de Carême que nous allons commencer à vivre. Et puis, m’est revenu le souvenir d’une abbaye cistercienne située non loin de Toulouse qui a pour nom Sainte-Marie du Désert.

Les moines qui y vivent nous rendent un témoignage du désert tel qu’il se conçoit dans les Écritures : une vie pleinement tournée vers Dieu. Ils sont appelés par Lui à le chercher en dehors du « monde » (mais pas coupé de celui-ci), à être des veilleurs, ils veillent au désert auprès du Seigneur pour toute l’humanité.
Chacun a une image en tête du désert : un lieu aride, desséché. Un lieu de solitude, désolé, sans végétation, mais en même temps un lieu de nature brute, silencieux, d’une grande beauté sans artifice, qui peut de ce fait nous mener à la contemplation.
Regardons de plus prêt dans la Bible quand notre Seigneur Jésus se rend au désert, c’est à dire à l’écart :

  • Les 40 jours où Il est conduit au désert où il subit des tentations par le Diable (Mt 4, 1-11) : tentation de la satisfaction immédiate du désir matériel. Puis vient la tentation de se compromettre avec le mal pour dominer, avoir le pouvoir sur les nations. Enfin, la troisième tentation consiste à renier Dieu pour suivre des idoles assurant la puissance. Oui, le désert nous conduit à être en vérité face à nous-mêmes et face à Dieu, et lorsqu’on se regarde en face, nous pouvons voir tout le chemin qui nous sépare du Père et combien les tentations de toute puissance qu’a vécues Jésus sont présentes dans nos cœurs.
  • Cependant, ce lieu nous mettant face au Seigneur, nous invite à la proximité de notre Dieu d’amour. Que cela est bon d’en venir à se dépouiller du superflu, reconnaissant nos limites, pour se laisser rejoindre humblement par le Père dans le silence ! Et c’est ce que fait Jésus à de nombreuses reprises dans les Evangiles, il va à l’écart pour prier le Père avant chaque décision. Nous sommes nous aussi appelés comme le Christ à prendre du recul par rapport à nos quotidiens souvent encombrés de multiples préoccupations. Ainsi, si on lui laisse la place, le Christ nous remet « en phase » avec le Père, il nous relie à lui.

Le désert nous permet ces moments de vérité et de bonheur face à Dieu, dans la prière où nous pouvons Lui remettre nos vies. Le carême est le temps propice pour vivre ces temps, dans l’espérance, le désir de Dieu, et dans la joie profonde de nous mettre à l’écoute du Maître.

Alors, sans aller jusqu’à l’Assekrem, l’ermitage du Bienheureux Charles de Foucault, sans aller jusqu’à l’abbaye Sainte Marie du Désert près de Toulouse, nous avons en Bretagne des lieux appropriés à ce retrait : les abbayes Notre-Dame de Timadeuc, la Joie Notre-Dame de Campénéac, Sainte Anne et Saint Michel de Kergonan, le foyer de Charité de Tressaint, voire même nos côtes de Plérin et Pordic qui peuvent aussi, grâce à cette magnifique nature, nous conduire à la prière et nous « ramener à Dieu ».

Enfin, je vous laisse prier avec cette hymne cistercienne intitulée « Au fond du désert ».

Bon Carême à tous !

Au fond du désert où Dieu te mène,
Pécheur au cœur brisé ;
Les larmes qui murmurent
Lavent la plaie, la souillure :
Plus de terre desséchée ;
Tu deviens le domaine
Où meurt la nuit,
Tu renais à la Vie.

Le jour attendu enfin s’avance,
En toi tu sens monter
Le souffle qui t’enfante,
Il vient saisir ton attente :
Plus de terre abandonnée ;
Une longue patience
Ouvre aujourd’hui
Le jardin de la Vie.

L’Esprit a comblé ta solitude,
Témoin au cœur blessé,
Le monde t’environne,
En toi sa peine résonne :
Plus de frères délaissés ;
Tu deviens multitude,
Un lieu béni
D’où rayonne la Vie.


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