Rencontre nationale des entrepreneurs et dirigeants chrétiens

Assises des Entrepreneurs à Nantes avec le Père Jean Mabundi
samedi 29 mars 2014
par  Jean MABUNDI (Abbé)
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 Le week-end dernier s’est tenu à Nantes une rencontre nationale des entrepreneurs et dirigeants chrétiens ; pouvez-vous nous dire pourquoi vous y étiez et quelle est votre fonction à ce titre dans le diocèse ?

Le week-end dernier, j’étais à Nantes, à la Cité Internationale des Congrès, parmi 1700 participants, aux Assises Nationales des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens / EDC (autrefois appelés Patrons Chrétiens), autour du thème « Décideurs en vérité ».
Dans notre diocèse, je suis Conseiller Spirituel auprès d’eux. Section Sainte-Thérèse.

 Pourquoi les décideurs économiques chrétiens éprouvent-ils le besoin de se rencontrer ? Qu’ont-ils de si préoccupant ? la solitude de dirigeant ?

Ces Patrons veulent rester des chrétiens dans leurs entreprises. Et on n’est pas chrétien tout seul. En regardant le Christ, ils peuvent, eux aussi, oser la rencontre de l’autre là où il est et non là où ils sont. L’un d’eux, J. E. Tesson, parle de rechercher la « chasteté de la rencontre » : considérer l’autre en toutes occasions comme un sujet et non comme un objet. Se rappeler des valeurs chrétiennes - qui deviennent aussi des valeurs de l’entreprise : considération de l’autre, écoute, bienveillance, confiance, franchise, humanisme etc. Lutter contre la tentation de la nature humaine, celle du pouvoir, celle de « mettre la main sur l’autre et ne laisser personne mettre la main sur moi ». Tout cela.
Certes, les dirigeants s’entourent des collaborateurs, ils cherchent avec les autres, ils prennent conseil … mais à l’heure de la décision, ils sont seuls, ils appréhendent et ils sentent que la vérité est dans la complexité.

 Notre monde actuel connaît beaucoup de violence, est-ce aussi le cas dans les entreprises ? et quelle réponse apportez-vous à ces dirigeants ?

Les problèmes humains qui frappent notre société peuvent aussi se répercuter dans les entreprises. Le plus des dirigeants chrétiens, c’est quand ils peuvent compter sur quelqu’un dans leur aventure dans ce monde à l’envers, sur le Dieu de Jésus-Christ ; un Dieu qui ne marche pas à la place de l’homme, mais qui l’aide à marcher. Marcher dans la vérité, celle qui ne s’invente pas, qui ne se fabrique pas, qui ne s’achète pas … pour défaire cette violence dans l’entreprise - qui peut devenir aussi un lieu d’épanouissement de tout homme et de tout l’homme.
Pour ce qui me concerne, conseiller spirituel, je ne suis pas une boîte à réponses parmi les EDC. Je me mets à l’écoute et je me sens avec eux dans un même devoir de recherche de la Lumière. Cette Lumière, c’est le Christ, Parole du Père, Chemin et Vérité. Ainsi, nous nous engageons dans la diaconie de la vérité, qui est la diaconie de l’Evangile. Parler clairement et simplement.
Prendre ce temps là, celui de créer du lien, est possible. Peut-être, ils y perdent de l’argent, mais ils gagnent humainement. C’est un investissement à long terme, comme le disait Alix Eudes.

 Quels sont les points de la doctrine sociale de l’Eglise que vous abordez le plus souvent avec ces dirigeants ?

Tous les thèmes se recoupent et sont transversaux dès lors que nous nous appuyons sur la personne du Christ comme « Chemin, Vérité et Vie ». Le regard du Christ sur la personne humaine confère à celle-ci une dignité inaliénable. « Il n’y a pas de vérité sans l’autre ». « Qu’as-tu fait de ton frère ? », les dirigeants s’en souviennent ! Et c’est le défi même du pluralisme et de la mondialisation : agir dans l’histoire, agir en vérité pour transformer les rapports sociaux et économiques avec toutes les personnes de bonne volonté, en vue du bien commun - la force de l’amour. « Réaliser le bien des autres comme si c’était le sien et de le rechercher constamment. » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, n° 165)

 Bientôt le pape François va nous parler de la Création, et en tant que « franciscain » on devine qu’il en parlera avec pertinence. N’y a-t-il pas un point commun avec les entrepreneurs que vous suivez, le respect de la Création qui est confiée, une attitude de gestionnaire ?

Un pape qui s’adresse à l’humanité toute entière ne peut que lui proposer du pertinent. Au moins, c’est son intention. Notre François est dans ce bain là. Quant aux Entrepreneurs, ils affirment, eux aussi, ce qu’est une vision de l’entreprise : les valeurs d’humanisme, de transformation et d’engagement en sont les grands axes.
Surtout, ils sont à l’écoute de leur pape, quand il : « Le triomphe chrétien est toujours une croix, mais une croix toujours dressée ».

Propos recueillis par Bernard Le Néel


Voir le site : Les Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens

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