La grande Semaine de Pâques

vendredi 11 avril 2014
par  Loïc LE QUELLEC (abbé)
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Des Rameaux à Pâques, nous allons faire mémoire du mystère pascal. Le Christ a vaincu la mort et donné la vie. Le Père Loïc Le Quellec, curé de la paroisse Notre Dame de la Mer Plérin-Pordic, explique l’importance de cette grande semaine.

 Le dimanche des Rameaux marque l’entrée dans la Semaine Sainte ?

Avec le dimanche des Rameaux, en effet, nous entrons dans la Semaine Sainte. Jésus est acclamé par la foule comme Roi, comme au jour du sacre de Salomon, fils de David (1 R 1,33-40) et selon la prophétie de Zacharie (Za 9,9-10). C’est la même foule qui le défigurera et le condamnera comme le dernier des malfaiteurs. Il est bien roi, mais il ne l’est pas à la manière du monde. C’est un roi humble qui rejoint l’homme là où il se déshumanise afin de lui partager sa victoire, une victoire qui renouvelle l’homme de l’intérieur, celle de la vie sur la mort.

 Quel est le sens de la messe chrismale ?

Le mardi saint, entouré des prêtres et diacres du diocèse, l’Évêque préside la messe chrismale (cette année à Tréguier). Au cours de cette messe sont bénies l’huile des catéchumènes et celle des malades (pour le sacrement des malades) et consacré le Saint Chrême (pour les sacrements de baptême, de confirmation d’ordination des prêtres et des évêques). Ces différentes huiles symbolisent le don de l’Esprit Saint. Comme l’huile pénètre la peau, l’Esprit Saint ne reste pas à la superficie, il agit de l’intérieur de l’homme. Au cours de cette messe, prêtres et diacres renouvellent leur volonté de suivre le Christ et d’annoncer l’Évangile.

 Le jeudi saint, le don total

Nous célébrons « le banquet » au cours duquel Le Christ se livre tout entier accomplissant et dépassant toutes les promesses faites par les prophètes. En son Fils, Dieu se donne tout entier et invite l’homme à faire de même en mémoire de lui. Dieu sait que nos cœurs sont capables d’aimer et qu’il y a en chacun de nous une source généreuse. Durant le carême, nous cherchons cette source. Le lavement des pieds en est le signe. En son Fils, Dieu s’est abaissé. Il est le Maitre et se fait serviteur. Il nous invite au même mouvement. N’ayons pas peur de ce que nous avons à abandonner de nous-mêmes ! Dieu veut libérer notre liberté. Il veut nous apprendre à vivre en communion avec lui et avec nos frères. Nous sommes invités à devenir le corps et le sang du Christ pour aimer à sa manière.

 Le Vendredi saint, avec le Christ, dans sa Passion

C’est le jour du sacrifice. Jésus est l’Agneau qui enlève le péché du monde. La Croix est le passage obligé pour que le banquet de la veille soit accompli. Nous sommes appelés à vivre un temps de silence, à contempler sans peur la noirceur de nos ténèbres, à regarder la pierre du tombeau se refermer sur elles et sur le Christ. Il est venu pour cela. Il rejoint l’homme jusque là. Il prend sur lui tout ce qui abîme l’homme, rejoint toute souffrance, toute désespérance. La prière universelle est longue pour bien montrer que Dieu n’oublie personne, même celui qui se croit loin. Il n’y a pas de préalable à la rencontre avec Dieu. En son Fils, Dieu est venu rejoindre tout homme et rien en l’homme ne le dégoûte au point de s’en détourner.

 La Veillée pascale est une nuit de bonheur

Le samedi saint, les apôtres attendent, sans savoir ce que Dieu va faire. C’est un temps d’espérance. Dieu ne peut pas être retenu par la mort. Il ne peut pas nous abandonner. Il ne peut nous faire défaut. Et voilà qu’au plus profond des ténèbres du tombeau, jaillit la lumière. Christ est ressuscité ! C’est la victoire radicale de Dieu sur la mort et le mal. La veillée pascale est la plus extraordinaire des cérémonies de l’année. Le feu nouveau en est le premier signe. Il donne à contempler la force et la beauté de la vie que Dieu nous donne. Dans les lectures, nous contemplons l’œuvre de Dieu au fil de notre histoire. Aujourd’hui et demain, Dieu agira comme hier, pour nous libérer de toute logique de mort. C’est un chant nouveau, un cri de confiance ! Ensemble, nous sommes appelés à chercher et à nommer les signes lumineux de la présence de Dieu, dans notre famille, notre couple et notre société. Dieu n’est pas ailleurs. Il est là contre toute apparence.

Deux mots pour résumer cette semaine ?

Filiation et fraternité. C’est le projet de Dieu découvert en Jésus Christ. Dieu veut être en communion avec tous les hommes. Il nous propose de devenir ses enfants appelés à vivre en frères. Être fils, c’est être frères. Nous sommes appelés à discerner les signes des temps qui nous montrent que Dieu est présent à notre histoire et travaille à faire de nous des fils et des frères. En Jésus Christ, mort et ressuscité, Dieu nous a donné sa vie. Par le baptême, nous sommes entrés dans la mort avec le Christ pour ressusciter avec lui. Nous accueillons sa vie. Dans la nuit de Pâques, nous renouvelons les promesses de notre baptême. Nous redisons que nous voulons vivre en communion avec Dieu comme ses enfants, que nous voulons vivre en communion avec nos frères. Nous sommes inscrits dans des liens durables. Dieu ne cesse d’être en tenue de service et de nous rendre acteurs. Il est au service de notre filiation et de notre fraternité. Nous sommes témoins de cette merveille que Dieu ne cesse d’accomplir dans nos vies.

Cette année, une adulte, Valérie, sera baptisée, lors de la veillée pascale

Dans la paroisse, quatre adultes cheminent vers le baptême. Leur cheminement nous amène à nous interroger sur ce que signifie pour chacun de nous notre baptême et notre confirmation. Le baptême de Valérie, cette année, est un moment important pour notre communauté chrétienne. Comment nous engageons-nous à la suite du Christ à vivre en enfants de Dieu et en frères et sœurs ?


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