Crois-tu cela ?

lundi 14 avril 2014
par  Jean HAMON (Abbé)
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Vous l’avez sans doute remarqué, notre marche vers Pâques se trouve balisée par quelques textes importants de l’évangile de St Jean.
Avec nos amis catéchumènes, nous pouvons ainsi mieux découvrir les messages importants que nous fait passer Jésus.

Après avoir entendu l’appel au désert, après avoir pris un peu de hauteur avec ses 3 amis pour percevoir un aspect inédit de sa personne, nous l’avons rejoint auprès du puits, en conversation avec la samaritaine, l’aidant à découvrir une nouvelle source de vie : « Si tu savais le don de Dieu !  ». Le 4e dimanche de Carême, nous suivions le chemin étrange de l’aveugle-né dans sa double démarche : retrouver la vue au sens fort en découvrant dans son acte de foi Celui qui est lumière pour tous les hommes.

Tout ceci doit contribuer à bien entrer dans cette semaine Sainte désormais toute proche. C’est sans doute pour nous y préparer efficacement que la liturgie de ce 5e dimanche de Carême aborde ce grand mystère pour chacun qu’est la mort et la résurrection. Nous connaissons bien cet épisode. J’aime ce climat d’amitié que partagent Jésus et la famille de Lazare qui vient de mourir. Ce départ de l’ami n’est pas sans conduire Jésus à penser à l’incroyable dénouement tragique qui l’attend : sa douloureuse passion et sa mort ignoble et injuste.

C’est dans ce contexte difficile qu’intervient Jésus. Alors que personne n’a de prise sur la mort qui accable et qui souvent scandalise, voici qu’ici justement, Il vient lever le voile sur ce grand mystère. Comme tout humain, Jésus est sensible au départ d ’un ami. Marthe aurait souhaité qu’il soit présent près de la famille et amis pour partager ce deuil. Le recul pris par jésus n’est pas insignifiant. Il a conscience que l’heure est indiquée de nous éveiller, de nous aider à découvrir une réalité surprenante que Marthe et tous ses amis ont, sans doute bien du mal à comprendre sur-le-champ.

L’expression est surprenante si nous la prenons au sérieux :
« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il est mort, vivra  »
Et « Tout homme qui croit en moi, ne mourra jamais ! Crois-tu cela ?  »
Autant que nous, Marthe et Marie se trouvent profondément atteints par le départ du frère. Pour l’instant il leur est bien difficile d’imaginer ce que peut contenir une telle affirmation. Leur premier réflexe, c’est de lui accorder leur confiance. Comme les autres amis proches, ce n’est que dans la lumière du matin de Pâques qu’elles découvriront enfin la portée de telles affirmations.

Nous savons comment notre société s’ingénie à escamoter la mort, quitte à chercher une honorable issue dans une certaine « réincarnation » qui lui semblerait moins démodée que la résurrection. On voudrait tant échapper à la mort qui garde son mystère. Pourtant c’est bien l’événement pascal qui rend particulièrement crédible les propos de Jésus. Le matin de Pâques, dans la force de vie qu’est la résurrection, Il ouvre, à travers et au delà de la mort, un chemin de vie nouvelle qui se trouvera être le point d’aboutissement de nos vies terrestres.

Comme Jésus le dévoile ici, la véritable existence n’est pas une suite d’années qui viennent se briser contre la mort comme un bateau s’échouant sur le rocher. En se révélant comme « résurrection et vie », Jésus veut nous aider à mieux découvrir le sens de nos existences. Même si le handicap, la vieillesse ou la maladie viennent effectivement diminuer ou même nous priver d’une vitalité appréciée, Il confirme que le meilleur de nous-mêmes trouvera son épanouissement définitif dans la vie d’éternité que propose le Ressuscité. Il affirme que la qualité de cette nouvelle vie est comme la résultante de ce que souvent, très simplement, nous réalisons comme accueil et ouverture à la vie dans l’obscur quotidien. Si, nous faisons souvent l’expérience l’importance de ces petites morts libératrices à accepter, nous savons aussi les joies réelles qu’apporte une vie où l’accueil, le pardon, le don de soi et l’amour vrai sont les composantes essentielles.

Comme l’évoque saint Paul, c’est l’Esprit de nos baptêmes qui réalise en nous, avec notre adhésion effective, la transformation progressive de nous-mêmes, nous donnant de devenir enfin, au bout de la belle mais souvent difficile aventure de nos vies, d’authentiques enfants bien aimés du Père. Au terme de ce chemin, lors du passage définitif en Dieu, nous découvrirons enfin, à leur juste valeur, les riches moments de vie et d’amour dont notre existence porte la marque indélébile. « Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai sortir » dit le Seigneur (Ezéchiel).
Avec Marthe, avec nos amis catéchumènes qui se préparent avec joie à leur baptême, redécouvrons notre bonheur de bénéficier de la part du Dieu vivant de cet incroyable héritage offert à tous.
« Même s’il meurt, celui qui croit en moi, vivra. Crois-tu cela ? »


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