L’Aigle de Pâques

mardi 22 avril 2014
par  Bernard LE NEEL
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Jean ( Jeannot ou Yannick pour ses copains) était un jeune mousse sur le bateau de son père marin pêcheur. Avec son frère Jacques ils se montraient des ados plutôt turbulents puisqu’on les surnommait fils du tonnerre.

De qui tenaient-ils ? pas de leur père Zébédée, mais de leur mère,Marie Salomé, en vraie mère juive attachée à la réussite de ses fils. Ne manquant pas de culot, ne les voyait-t-elle pas ministres ou chambellans d’un Nouveau Régime ?
Les exégètes pensent que Jean fit un stage à Qumran chez les Esséniens, et s’était ensuite engagé chez Jean le Baptiste. Et c’est à l’annonce du Baptiste « Voici l’Agneau de Dieu » que notre Jean suit Jésus. Au bout de son adolescence, quoi de plus naturel que d’être fan et impressionné par ce nouveau leader ? Presque 20 ans les séparent, et les jeunes sont souvent conquis par le prestige de frère plus âgé.
Une affection naturelle , basée sur l’admiration de Jean pour son Maître et la fougue du disciple , nait entre eux. Il en devient le chouchou, fidèle entre les fidèles : il aura droit à la vision du Thabor ! et surtout le suivra jusqu’au bout … vraiment jusqu’au bout !

A la Cène il est tout près de Jésus, reposant sur son cœur. Il entend donc bien ce que dit Jésus. Pierre plus éloigné demande à Jeannot « de qui Jésus parle-t-il ? » et il entend bien le message de Jésus à Judas : «  fais ce que tu as à faire et fais le vite ».
Quelques heures plus tard, alors que Jésus est emmené chez Anne, le beau-père de Caïphe, c’est Jean qui connaît bien les lieux et la servante concierge qui fait entrer Pierre au Procès.

Au Calvaire, alors que tous les disciples ont fui, Jean, en fidèle jusqu’au bout, demeure au pied de la croix. Et c’est alors que Jésus le confie à sa Mère et elle à Jean. Étrange et merveilleuse mission que cette transmission de relais, d’amour. Pas étonnant que nos théologiens y verront en quelque sorte la naissance de l’Eglise.

La suite de la fête de la Pâque, avec ce gâchis, a due être triste au Cénacle, fermé à double tour.

Mais coup de théâtre le dimanche matin, voilà Marie de Magdala qui arrive au Cénacle, paniquée, « on a enlevé le Seigneur du tombeau ».
Simon-Pierre et Jean courent alors à toutes jambes au jardin d’Arimathie. Le jeune Jean arrive le premier, bien sur, mais, déférent envers l’ancien … laisse Pierre, essoufflé, entrer le premier dans le tombeau : que des linges bien pliés et en ordre ! Jean ne dira qu’un mot de ses sentiments « il vit et il crut ».Quel témoignage en si peu de mots !

La conclusion de l’Evangile de Jean ne nous laisse pas de nous surprendre : « Jésus a fait sous les yeux de ses disciples beaucoup d’autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Ceux-là ont été mis par écrit, pour que vous croyiez que Jésus est le Christ ». Le mot signe employé donne bien une clé, le sens des miracles.

Fidèle à la mission reçue du haut de la Croix, Jean va partir à Éphèse avec Marie. A bonne école, que d’échanges et de connivences en perspective pour approfondir le mystère du Christ ! Il aura heureusement beaucoup de temps pour méditer, se souvenir, et relater les paroles du Maître, et en excellent théologien nous présenter un évangile et des lettres pleines d’amour, de lumière.

Polycarpe qui a bien connu Jean en son vieil âge ne dit-il pas qu’à la fin de sa vie il répétait sans cesse « Dieu est amour. Aimez-vous les uns les autres ».
Un bon résumé n’est-ce pas ? D’un Aigle qui vole haut et voit loin.


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