Vie religieuse en paroisse pendant la première guerre mondiale (1re partie)

lundi 21 juillet 2014
par  Louis-Claude PATUREL
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Quand le 1er août 1914, retentit le tocsin annonçant la mobilisation générale, le clergé du Diocèse de Saint-Brieuc comprend 1160 prêtres : 835 exercent leur ministère, 210 enseignent, 95 ont cessé leurs fonctions et 20 exercent dans un autre diocèse : de son côté, le Grand Séminaire compte 140 élèves. Durant la première année de la guerre, 550 prêtres et 112 séminaristes sont mobilisés. En outre, deux prêtres ont été désignés comme aumôniers militaires et, en tant que tels, bénéficient des pleins pouvoirs pour administrer les sacrements aux soldats mobilisés, considérés comme des « hommes en danger de mort ».

Dirigé par un évêque remarquable, Mgr Jules-Laurent Morelle, le diocèse de Saint Brieuc Tréguier fait preuve d’un patriotisme exemplaire mais il va aussi devoir faire face à l’absence de nombreux prêtres : quelle sera la vie religieuse dans les paroisses et en particulier, celle de Pordic ? [1] [2]

Un engagement total de l’Évêque

Les conséquences de la séparation de l’Église et de l’État de 1905, qui a marqué si fortement la Bretagne, ne sont pas encore éteintes en 1914 et continuent d’émouvoir les catholiques. En 1906, à peine installé, Mgr Jules-Laurent Morelle, a dû subir son expulsion du palais épiscopal, l’Hôtel de Bellescize.
Puis les épreuves se sont succédé : la dispersion du Grand Séminaire dans Saint-Brieuc, le transfert des Petits Séminaires de Tréguier et de Plouguernevel, l’expulsion des religieux des congrégations religieuses, dont en juin 1914, celle des Filles de Saint Marie de la Présentation à Broons. Une expulsion « musclée » qui suscite une grande émotion dans la population. Toutefois, dès les premiers jours de la guerre, les sœurs vont revenir d’exil et soigneront les blessés dans leur chère communauté : le 24 octobre 1918, 16 seront décorées pour les soins prodigués pendant 4 ans.
L’Église s’engage sans réserve dans l’effort de guerre : le 4 août 1914, l’Évêque a présidé à la Cathédrale des prières solennelles pour les soldats du 71e RI qui partent le lendemain matin. Pour les saluer au départ du train, les autorités civiles et militaires sont sur le quai de la gare, la foule est au pont du Boulevard National mais l’évêque est « interdit de gare » et ne peut bénir les soldats que depuis la terrasse voisine de l’établissement religieux des Sourds-Muets.
Les établissements religieux de la ville avaient pourtant hébergé des soldats du 71e et du 271e Régiment d’Infanterie. Toutefois, les mentalités évoluent et le 9 août, pour le départ du train des réservistes du 271eRI, l’évêque sera parmi les notables qui saluent le départ des troupes.
Les hôpitaux militaires, installés dans les établissements religieux des villes du diocèse sont tous inspectés par l’Évêque. Dès le 25 août 1914, arrive un premier train de 608 blessés et le 5 septembre 1914, l’Évêque préside à Saint Michel, les obsèques d’un premier combattant décédé en hôpital.
En octobre 1914, une circulaire ministérielle sectaire supprime à Saint-Brieuc, les oratoires ouverts dans les hôpitaux installés en milieu religieux. L’Évêque Jules-Laurent Morelle réplique par une très belle lettre adressée au Président de la République Raymond Poincaré ; le Ministre de la Guerre, Millerand, doit faire réviser sa circulaire, tout en demandant le respect de la liberté de conscience pour tous les blessés hébergés dans ces établissements religieux.
On mesure ainsi l’implication totale du Diocèse dans ces temps de Guerre. La forte personnalité et l’efficacité de Mgr Jules-Laurent Morelle, qui est également le créateur de la Fondation du Denier du Culte, puisque depuis 1905, les prêtres ne bénéficient plus des indemnités de l’État. Il va également créer « Le tricot du soldat », collecté dans les paroisses, pour aider les soldats à lutter contre le froid dans la boue des tranchées.


Voir le site : Les demeures épiscopales de Saint-Brieuc de 1802 aux années 2000


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