Djihad, au nom de l’Islam ?

jeudi 9 octobre 2014
par  Bertrand LE NOUVET
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Le Djihad est revendiqué par des groupes au nom de l’Islam qui prônent un nouveau califat, mis en place avec des moyens guerriers. Daech dynamise ainsi de jeunes compatriotes en quête d’identité et d’aventure missionnaire.
Mais qu’est-ce que le Djihad ?
(Jihâd sera écrit ci-dessous, par fidélité aux sources du Pr Massignon)

Ce mot est souvent traduit par « guerre sainte », signification non musulman, « le mot Jihâd signifie « effort » ; il est souvent accompagné d’une formule signifiant dans la voie de Dieu, au service de Dieu… C’est un devoir pour le croyant, responsable de le promouvoir « par la main, par la parole et au moins par le cœur »

Le jihâd ne peut être mené n’importe comment. Les règles édictées par le l’Islam peuvent étonner par leur sens du respect de l’être humain. Dès son début, Mohammed a dû donner à son prosélytisme un caractère défensif. Une des citations du Coran plus fréquemment utilisée est « Tuez-les partout où vous les saisirez. Expulsez-les de là où ils vous ont expulsés. La séduction est pire que le meurtre ». Citation qu’il convient de mettre dans son contexte « Combattez dans la voie de ceux ceux qui luttent contre vous. Ne tombez dans aucun excès, Dieu n’aime pas ceux qui en commettent » ( sourate 9, 2, 190). Il ne s’agit pas de tous les non-musulmans, mais de ceux qui attaquent les croyants de l’Islam.
L’Histoire retient que des abus ont été commis, par les tenants de l’autorité musulmane ainsi que des juristes au nom de l’Islam, mais la violence, d’après d’éminents islamologues, n’est pas une caractéristique fondamentale de l’Islam.
« La Croix » du 6 octobre dernier publie un entretien de Nayla Tabbara, docteur en sciences des religions de l’EPHE à Paris. Elle confirme qu’une lettre ouverte de 120 savants musulmans réfutent les thèses de Daech. Elle souligne que des versets coraniques contiennent des passages forts sur les « gens du Livre », notamment une dernière phrase, en testament du Prophète qui marque un « appel à accepter la diversité religieuse, comme une richesse voulue par Dieu, une invitation à faire le bien ensemble »  !
Le Père Jm abd-el jalil, consulteur au Secrétariat des non chrétiens écrivait : « rien n’empêchera d’ajuster leur législation internationale aux exigences des rapports nouveaux entre les peuples de maintenant et de demain, du moment que cela ne contredit pas les textes du Coran, pris avec leurs contextes historiques ». Quel vœu opportun !

L’actualité terroriste au Moyen-Orient a donné l’occasion à plusieurs hauts responsables musulmans, d’envisager une certaine adaptation du Coran aux exigences humanistes fondamentales ; mais la crédulité populaire a trop souvent été exploitée par des chefs musulmans, alors que le Coran interdit toute contrainte religieuse ( 2,250, 10,99) .L’Islam aurait tout à gagner à respecter les grands principes de Liberté et de défense des droits de la Personne humaine.

Le moment est arrivé où il faut revoir certains fondamentaux :
En son premier chapitre, la première sourate, al-Fâtiha proclame :

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux, louange à Dieu, Seigneur des Mondes…dirige nous dans le sentier du Salut, dans le Sentier de ceux que tu comblas de Tes Faveurs. ( op cité Louis Massignon, écrits Mémorables). Quel sens de la transcendance !

Musulmans et Chrétiens peuvent se retrouver un instant en fils d’Abraham, l’ami de Dieu, chantre de l’Hospitalité. Et cette Hospitalité est vertu éminemment évangélique, les chrétiens la célèbre excellemment dans l’Eucharistie.
A Casablanca, le 19 août 1995, Jean-Paul II n’affirmait-il pas : « Chrétiens et musulmans, nous avons beaucoup de choses en commun, comme croyants et comme hommes. Abraham est pour nous un même modèle de foi en Dieu, de soumission à sa volonté, et de confiance en sa bonté. »
L’erreur des islamistes, comme de tous les fondamentalistes, est d’attacher une importance absolue à la lettre, en rejetant l’esprit ; l’une tue, l’autre vivifie. Toutes les religions connaissent cette tentation que suivent certains de leurs membres, souvenons-nous en.

Mais la dynamique du progrès spirituel est dans la recherche et la synergie de ce qui unit plutôt qu’en ce qui divise.

Jihâd, comme Liberté … que de crimes on commet en ton nom !


Voir le site : La Basmala

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