Dame Catherine Daniélou

Mystique du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier
mercredi 22 octobre 2014
par  Bernard LE NEEL
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Un siècle avant Madeleine Morice [1], la « sainte » stigmatisée de Porcaro,
déjà relatée sur ce site, une autre mystique a vécu la fin de sa vie à Saint-Guen, en notre diocèse.

Du registre d’Etat-Civil de Saint-Guen, on peut extraire :
Honorable femme, Catherine Daniélou, native de Quimper, âgée d’environ 48 ans est décédée à Saint-Guen le 4 novembre 1667.
Décédée « en odeur de sainteté » dira le clergé , et enterrée dans l’église de St-Guen, en présence de 28 prêtres.
(NDLR, documents cités in fine).
Elle était venue, quelque temps avant de mourir, en pèlerinage à la chapelle dédiée à Saint Elouan ( Luhan en breton), un saint anachorète, premier disciple de Tugdual, évêque des « trécorrois ».
Chapelle où jouxte un tombeau rempli d’eau miraculeuse à certaines époques ( depuis 1914, il est vide ! …).

« Un cœur d’or emballé dans de la paille » dit le Père Maunoir qui écrivit sa biographie. L’ouvrage ne peut être consulté, il est dorénavant à Rome, le Père Maunoir, célèbre missionnaire de Bretagne étant désormais Bienheureux.

Ce Père jésuite, dont le tombeau est à Plévin (22340) était soutenu dans son apostolat, par cette humble bergère, il en fit donc l’éloge dans son ouvrage.

Catherine Daniélou fut chargée par la Providence d’un apostolat de souffrance, en union avec Jésus en Passion ( jusqu’à la fin des temps). Elle eut une enfance malheureuse, sa mère, véritable marâtre lui en fit voir : la couchant dans l’étable, et lui faisant de nombreux tourments.
Qualifiée de « théâtre de la miséricorde » par le recteur, elle mit en exergue des qualités de pauvreté, humilité et miséricorde.

Marquée de stigmates le vendredi saint, elle était affectée d’extases et de visions. Illettrée, elle avait une connaissance orale et visuelle. Le Père Maunoir, jésuite perspicace, tint compte de ces visions et adopta une méthode pour extirper la sorcellerie. Le Pays de Poher, en notre Cornouailles , était vraiment déchristianisé, et de nos jours n’y a-t-il pas toujours du vandalisme satanique dans certaines églises de cette région ?
Obéissant - perinde ac cadaver - le Père Maunoir consulta le général des jésuites et l’évêque du lieu avant de prendre ce patronage de Catherine.

A cette époque, la Bretagne souffrait de nombreux maux. Les guerres de religion l’avait ensanglantée, la famine, la peste et les loups (les registres indiquent des décès de personnes dévorées par les loups) les églises pillées, la foi s’éteignait, bref un tableau sinistre, justifiant les « missions ». L’évêque lui-même vint à Saint-Guen confesser pendant ces missions.

Il faut croire que Dieu eut pitié de notre Bretagne, puisque on apprit bientôt les apparitions à Ste Anne d’Auray, Tymamdoué, Folgoët, et Querrien.
Les vies extraordinaires d’Alice Picard en Léon et Catherine Daniélou en portent témoignage.
Bien sur, le récit du Père Manoir est empreint de la culture de cette époque ; l’aspect dolosif nous rebute un peu … C’est par une apparition de la Vierge que ce Bienheureux missionnaire apprit le breton en quelques jours, et qu’il prit contact avec Catherine.
Comme dans beaucoup de vies de saints les manifestations merveilleuses sont nombreuses. Catherine n’avait qu’une connaissance orale et visuelle et donc aimait prier devant les statues. C’est ainsi que Saint Corentin - Catherine étant quimpéroise - lui recommanda un confesseur, le Père Bernard. Il ne parlait pas breton, mais miracle il entendit correctement la confession de Catherine et l’invita à communiquer ses messages. Les bourgeois de Quimper obéirent, rétablirent le culte au saint patron et la peste cessa aussitôt.

La Sainte Vierge guidait Catherine « Dis aux Pères de prier pour les pauvres pécheurs : Dieu est plus près de leur pardonner qu’ils n’ont jamais été de l’offenser ».

De nombreux miracles sont rapportés par le Père Maunoir et le recteur de Saint Guen en 1913, mais le plus étonnant est la conversion des âmes. La Vierge s’est souvent déplacée dans cette Basse-Bretagne, évêques et prêtres ont consigné en procès-verbaux cette merveilleuse attention du Ciel.

Sur le mur intérieur de l’église est apposée une plaque de marbre :

ICI REPOSENT LES RESTES DE DAME CATHERINE DANIELOU MORTE EN ODEUR DE SAINTETE A SAINT-GUEN LE 4 novembre 1667

PS :

Documents consultés :

  • Histoire de Catherine Daniélou, par Abbé Perrot, 1913 ; imprimatur A. de la Villerabel, vic.gal
  • Livre de paroisse, archives de Mur de Bretagne.
  • H. Brémond, histoire littéraire du sentiment religieux.


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