Questions à … Paul Plantet

Paul, sur le chemin du diaconat
jeudi 13 novembre 2014
par  Patrick BEGOS
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Le 30 novembre prochain, le diocèse accueillera un nouveau diacre. Paul Plantet sera ordonné à l’église de Pordic. Rencontre avec le futur diacre.

 Paul, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 57 ans et je suis marié avec Anne depuis 35 ans. Nous avons trois enfants : David, Guillaume et Jean-Baptiste qui ont 33, 31 et 28 ans et une petite fille. Nous habitons Pordic depuis 1981. Je suis chef d’entreprise à Plérin depuis 7 ans. Sans salarié, je travaille dans la publicité par l’objet et la signalétique intérieure et extérieure. Anne est assistante dentaire à mi-temps, animatrice de l’association d’art floral et elle m’aide à mon entreprise.

 Quels sont tes engagements actuels dans l’Eglise ?

Pendant 13 ans, j’ai été animateur de la confirmation, puis j’ai animé un groupe de jeunes pendant 5 ans. J’ai notamment mis en place les petits-déjeuners entre jeunes avant la messe. J’ai du arrêter cette dernière activité à cause de la formation au diaconat. Au bout de quelques mois, je me suis rendu compte que le lien avec la paroisse me manquait. Le père Loïc m’a demandé de m’occuper de la pastorale des jeunes de la paroisse Notre Dame de la Mer. Il s’agit d’organiser et de coordonner les différentes activités de préparation à la profession de foi et à la confirmation.

 Peux-tu nous dire comment tu as reçu cet appel au diaconat ?

Il faut d’abord rappeler que, dans tous les cas, c’est l’Eglise qui vient proposer le diaconat. Ce n’est pas une demande personnelle. Un jour, j’ai reçu un appel téléphonique de Dominique Faidherbe, diacre et responsable diocésain du diaconat permanent. Nous nous sommes rencontrés en juin 2009. ll m’a annoncé que plusieurs personnes avaient évoqué mon nom comme « candidat possible au diaconat ». J’ai d’abord été surpris car je me trouvais bien dans ma vie personnelle. Avec Anne, nous en avons longuement parlé. Est-ce un appel du Seigneur ? Comment répondre à cet appel ?
Nous nous sommes engagés dans un parcours de discernement d’un an au sein d’un groupe composé d’un diacre et de son épouse, d’un prêtre et de plusieurs couples. Durant cette période, c’est l’Église qui discernait si j’étais apte ou non à poursuivre sur le chemin du diaconat. Pour être ordonné, il faut une solide formation. J’ai donc suivi la formation FoDAP (Formation Diocésaine d’Acteur en Pastorale) de 2009 à 2011. Et j’ai enchaîné par trois années de formation au diaconat, en couple car cette démarche se vit en couple.

 En quoi consiste cette formation de trois ans ?

Un dimanche par mois, nous nous retrouvions au sein d’un groupe de 6 à 10 couples (diocèses de St Brieuc et Vannes) pour étudier la fonction et les missions du diacre, approfondir les Écritures, la pensée des Pères de l’Église … Et durant six soirées par an, nous avons étudié la théologie avec le père Robert Josse, notamment l’Evangile de St Marc, les Actes des Apôtres…
Le chemin vers le diaconat comprend aussi beaucoup de lectures personnelles et quelques retraites. Chaque candidat est accompagné par un prêtre. Après le rite d’admission (au bout d’un an), une équipe d’accompagnement a été mise en place. Elle comprend le Père Loïc, Emmanuel et Nolwenn Briand, Sylvie et Olivier Marc, Malu Guillet, Alberte Delisle et Georges Toupin. Une fois par mois, cette équipe se réunit et nous aide à réfléchir sur l’engagement de diacre. Elle nous pousse dans nos retranchements. Elle a aussi comme objectif de cerner quelle serait, au niveau diocésain, la mission qui me conviendrait le mieux en tant que diacre. Je ne découvrirai cette mission confiée par le père Evêque que le jour de mon ordination, le 30 novembre prochain, à l’église de Pordic.

 Durant cette formation, y-a-t-il eu des périodes de doute ?

Ces trois années ont été bouleversantes. Pourquoi Dieu m’a-t-il choisi ? Certes, toute ma vie est basée sur la confiance en Lui mais qu’avais-je donc fait pour qu’Il m’appelle ainsi ? Pendant plusieurs mois, j’ai participé à cette formation, presque à reculons. Le déclic s’est vraiment produit lors de la célébration des ministères institués à St Laurent, le 8 mars 2014 [1]. Lors de cette cérémonie, je me suis senti apaisé. J’ai arrêté de douter, je me suis rendu compte que, une fois de plus, Dieu maîtrise ma vie et j’ai mis ma confiance totalement en Lui.

 Y-a-t-il eu des obstacles, des réactions de l’entourage ?

Au sein de la famille, il y a eu un respect total de notre choix. Nos enfants et l’ensemble de la famille sont à nos côtés pour nous soutenir sur le chemin du diaconat. Dans l’entourage plus large, je n’ai pas senti d’obstacles. Certains étaient hyper-contents. D’autres ne comprenaient pas car ils pensaient que c’était une démarche personnelle. Ils ne savaient pas que c’est l’Église qui m’a demandé de m’engager vers le diaconat.
Sur mon lieu de travail, j’ai fixé une croix au dessus de mon bureau. Cela interroge parfois les visiteurs. C’est aussi un moyen d’engager la conversation sur la religion, sur le nouveau pape… Je conçois ma vie de diacre comme une présence, un témoignage de foi en Jésus, le Christ ressuscité, auprès des gens qui sont en dehors de l’Eglise. Quelques clients et fournisseurs ont bien compris ma démarche et participeront à l’ordination.

 Comment associer vie familiale, vie professionnelle et diaconat ?

Aujourd’hui, je ne sais pas comment ces trois vies vont pouvoir se connecter. Je suis dans l’inconnu tant que je ne connaîtrai pas ma mission au sein du diocèse. Ma seule certitude, c’est de vouloir préserver ma famille. Ma future mission doit être compatible avec ma vie familiale et ma vie professionnelle. Il faudra sans doute que je me réorganise.
Je suis hyper-heureux avec quand même une petite incertitude car je suis dans l’attente de la mission qui va m’être confiée. En plaisantant, on pourrait dire que je suis un peu comme un enfant qui attend un cadeau, sans savoir ce qu’il y a dans la boîte. Le 30 novembre, jour de l’ordination, ce sera le premier dimanche de l’Avent et un peu Noël avant l’heure.

 Ce parcours, vous l’avez vécu en couple ?

Oui, Anne est sur la même longueur d’onde que moi. Nous avons vécu les mêmes incertitudes. Ce cheminement a réellement fortifié notre couple en soulevant quelques questions : où en suis-je dans ma foi ? Dans ma vie de couple ? Il nous a obligés à échanger en profondeur sur des sentiments intimes, sur la relation à l’autre, sur la perception de l’autre… Je souhaite à tous les couples de pouvoir échanger en profondeur comme nous avons pu le faire.


PS :

Voir aussi les articles Le sens de la liturgie de l’ordination diaconale et Un riche héritage pour Paul Plantet



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