Trouver les voies d’une pastorale renouvelée

Synode sur la famille
lundi 29 décembre 2014
par  Emmanuel BRIAND
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A l’invitation de Pape François, des évêques et laïcs de toutes les régions du monde ont été invités à exprimer leurs visions de la famille et des pastorales familiales.
Lors de ce synode, la parole a été libre, chacun ayant pu s’exprimer, à l’exception du Saint-Père ! Ce dernier fut présent, mais ne souhaita pas intervenir, préférant être à l’écoute de tous. Il ne donnera ses orientations pastorales qu’à l’issue de la réunion du synode ordinaire, fin 2015.

Les interventions variées montrent que la réalité de la famille est plurielle selon les régions du monde. La situation en Occident diffère par exemple de celle des Africaines. Ainsi, les médias se sont focalisés sur les questions occidentales comme la question douloureuse de l’accès aux sacrements des personnes divorcées remariées. De nombreux autres sujets ont pourtant été abordés comme les défis des familles confrontées au chômage, à la pauvreté (à mes yeux, ces questions sont tout aussi prioritaires). Nos frères du Sud et d’Orient ont de leurs côtés d’autres problématiques qui ont malheureusement été moins exposées (mariages mixtes, polygamie…), mais il reste une année de travail pour évoquer tout cela. Ces priorités différentes entraînent naturellement des divergences.

Les pères synodaux ont également souhaité unanimement dire au monde la beauté de très nombreuses familles qui témoignent de leur « fidélité, leur foi, leur espérance et leur amour » en dépit de nombreuses difficultés. Le synode invite à cet égard les familles à être, des enfants aux grands-parents, des Églises domestiques.

Pas de remise en cause des piliers du mariage

Le synode a aussi mis l’accent sur l’accueil inconditionnel de toute personne, quelle que soit sa situation familiale, sur la miséricorde, la compassion et à trouver des chemins pour accompagner les nouvelles réalités familiales. L’Eglise se préoccupe notamment beaucoup des enfants confrontés aux difficultés de la famille aujourd’hui et dont il convient de prendre soin. Normalement, ces postures doivent être gravées dans l’ADN du chrétien ! Même si ce n’est pas toujours évident en pratique, il faut que nous nous accrochions à adopter ces attitudes de notre Seigneur Jésus.

En rappelant fortement ces dispositions du cœur inhérentes à notre condition de chrétien, le synode a aussi indiqué que cela ne remet pas en cause, ni ne doit relativiser la « doctrine » concernant la famille. Par exemple, il n’est pas question de remettre en cause les piliers du mariage chrétien que sont la liberté, l’indissolubilité, la fidélité et la fécondité. S’agissant du mariage, il est considéré comme « une vocation à part entière, authentique et comme tel requiert fidélité et cohérence ». De ce fait, le synode propose avec force la nécessité d’une préparation sacramentelle de mariage plus longue et consistante qu’aujourd’hui, afin que la mission du couple marié soit bien appréhendée par les fiancés.

Des tentations

Lors de son discours de clôture de cette première étape, le Pape François n’a pas nié les divergences, voire les tensions sur certains sujets, tout en affirmant que le contraire aurait témoigné « d’une fausse quiétude ». Il a été touché par de nombreux témoins et pasteurs qui témoignent de la « beauté matrimoniale ». François a ensuite relevé plusieurs tentations dans les attitudes et les propos des uns et des autres et renvoie les postures « extrêmes » dos à dos :

  • « La tentation du raidissement hostile … des zélés, des « traditionnalistes ». En clair, ceux qui sont dans « la loi, rien que la loi », faisant fi de la miséricorde et qui pourraient faire porter des « fardeaux insupportables » à certains fidèles.
  • « La tentation de l’angélisme destructeur qui au nom d’une miséricorde trompeuse bande les blessures sans d’abord les soigner … C’est la tentation des bien-pensants, des timorés, des »progressistes et libéralistes« qui sont tentés de se plier à l’esprit du monde ».

Ensuite, le Saint-Père a poursuivi en affirmant que « l’Eglise cherche à être fidèle à son Epoux et à sa doctrine », mais qu’elle est aussi celle « qui mange avec les pécheurs et les publicains », elle a « les portes grandes ouvertes pour recevoir ceux qui sont dans le besoin… »

Finalement, on pourrait reprendre le proverbe « in medio stat virtus », « la vertu est au juste milieu ! » En tout cas, l’Eglise se laisse conduire par l’Esprit. Celui-ci saura trouver les voies d’une pastorale renouvelée pour chacun, dans la situation où il se trouve. François a rappelé nettement qu’il est et sera, lui, garant de l’unité de l’Eglise. Une année d’approfondissement se présente à nous pour trouver, à la suite du Christ, sous l’action de l’Esprit-Saint, de nouvelles perspectives et un nouveau souffle aux pastorales familiales. Prions frères et sœurs !


Commentaires

Trouver les voies d’une pastorale renouvelée
samedi 3 janvier 2015 à 10h05 - par  marion

bonne année 2015
amitié
Marion

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