Liberté et Boite de Pandore

lundi 19 janvier 2015
par  Kerprat
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Bien que Pandore fasse plutôt de nos jours penser à la Maréchaussée (Honni soit qui mal y pense), un retour à la mythologie grecque peut s’avérer intéressant.
Pandore fut la première femme créée par Vulcain, (Eve en somme), en dieu-ès-feu, et lui remit une jarre pleine de feu.
Minerve, déesse de la sagesse, anima la créature et la dota de toutes les qualités, la beauté, l’intelligence, bref tous les talents ; c’est pourquoi elle fut appelée Pandore ce qui signifiait en terre hellène, dotée de tous les dons ; eh oui, les femmes connurent un âge d’or…

Jupiter, jaloux de voir le Feu en si belles mains, remplit la jarre, une boite, de tous les maux, non sans y mettre un bouchon hermétique.
Au soir de son mariage, Pandore laissa son époux ouvrir la belle boite et catastrophe … tous les maux emplirent la Terre.

N’en est-il pas parfois ainsi des apparences alléchantes ?

M’est avis qu’en célébrant la Liberté, cette qualité , cette vertu si chère aux humains , on met le doigt sur un bien très précieux. On ne l’apprécie vraiment que lorsqu’on en manque.
Quel soulagement en 1945, à la Libération, de pouvoir aller et venir sans Ausweis ; quelle paix de pouvoir penser personnellement sans être soumis à un pouvoir dictatorial. Depuis 1789, la liste de nos libertés sociales, publiques ou individuelles est longue, ce sont des richesses.

La personne humaine ne se réalise vraiment qu’en toute liberté ; ce qui suppose des choix, en référence à des codes. On est loin de l’opinion libertaire, partisane de la liberté absolue, équivalant à l’anarchie.
Ayant un permis de conduire, je suis libre de circuler en voiture, mais seulement à droite, et de respecter le code de la route. Ainsi en est-il de la vie quotidienne. Tout est permis sauf ce qui est interdit et qui ne nuit pas à autrui.
La Déclaration des droits de l’Homme fixe ainsi des limites à certaines libertés. Comme il est dit on ne peut prendre la liberté de… si cela ne convient pas.

Finalement la Liberté est comme Pandore, dotée de tous les dons, on la célèbre avec beaucoup d’émotion, on la chérit comme un bien précieux.
Pourtant « Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom » disait Madame Roland. Elle suppose la responsabilité. À abuser des libertés octroyées et défendues dans un pays, on s’expose à la frustration de ceux qui ne la connaissent pas. Ne faut-il pas une certaine culture, de l’appréciation au second degré, un sens de l’humour pour accepter les caricatures, les moqueries, la dérision ?
La statue de la Liberté ouvre le port de liberté à New-York, mais les médias américains ne se sont pas précipités à publier la Une du magazine.

Rire de tout , sans choquer, quelle gageure !


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