Fête du Christ-Roi

samedi 20 novembre 2010
par  Bernard BLOYET (abbé) (†)
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La fête du Christ-roi remplace la liturgie du 34° dimanche après la Pentecôte, dernier dimanche de l’année liturgique. Pour quelle raison l’Église a-t-elle choisi cette célébration pour clore le cycle de l’année liturgique ?
C’est le pape Pie XI qui, en 1925, l’a créé. Le contexte politique était défavorable au Christianisme. Une persécution sanglante se développait en Amérique du Sud plus spécialement au Mexique.
Le titre de Roi de l’Univers était volontairement provoquant.
Il nous faut rappeler que le Christ de son vivant a toujours refusé ce titre de roi. Lorsqu’après la multiplication des pains, la foule veut le faire roi, il s’éclipse. Cependant lors de la dernière montée à Jérusalem, il laisse l’aveugle de Jéricho l’appeler Fils de David. Or David, comme nous l’a rappelé la première lecture, fut institué roi d’Israël, Donc le fils de David est aussi roi par descendance. Mais à l’époque de cette rencontre, la question d’une royauté terrestre n’avait plus de sens : il montait vers Jérusalem ou après un triomphe royal, lors de l’entrée dans la ville, il sera exécuté.
La question de sa royauté lui sera posée par Pilate :

Es-tu le Roi des Juifs ?
C’est toi qui le dis que je suis roi.

Qu’as-tu fait ?
Ma royauté n’est pas de ce monde.

Tu es donc roi ?
C’est toi qui le dis que je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité, écoute ma voix.

Qu’est-ce que la vérité ?
Roi certes, mais sans armée, sans territoire. Un Roi porteur de message divin pour l’humanité : La vérité. Message de liberté, car la vérité vous rendra libre !
L’Évangile nous le présente. Pas de triomphalisme. Il n’est pas revêtu de vêtements somptueux. Il ne trône pas sur des coussins de velours brodés d’or. C’est un roi nu, qui trône sur une croix. Il est au milieu de malfaiteurs qui nous représentent. La foule le regarde et se divise. Au-dessus de sa tête un écriteau ironique rédigé par l’occupant romain annonce : « Celui-ci est le Roi des Juifs » Et tous ceux qui parlent le font pour se moquer de lui. Tous, sauf un.
Un seul dans ce récit a compris. Un pauvre bandit, tout à fait conscient de l’être, qui ne porte pas rancune à ceux qui l’ont crucifié puisqu’il reconnaît recevoir la juste récompense pour les crimes qu’il a commis. Il met ainsi en lumière l’innocence de Jésus. Il ne demande pas d’être sauvé de la mort ; il ne demande pas de descendre miraculeusement de sa croix.
Il parle à Jésus. Que demande-t-il ? Simplement qu’il se souvienne de lui quand il reviendra dans son royaume. Il ne sait pas ce que sera ce Royaume ni quand Jésus reviendra.
Dans sa réponse, Jésus fait une grande révélation sur la nature du règne de Dieu : « Aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis » Unis dans la mort ils seront unis dans la vie, dans sa vie.
Nous avons compris : s’il y a un roi, il y a nécessairement un royaume !
Mais ce royaume est composé uniquement des chercheurs de vérité, de tous ceux qui suivent les enseignements du roi et qui en vivent !
Paul dans la deuxième lecture explicite ce Royaume et décrit ce Roi qui nous a « arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a fait entrer dans le Royaume de son Fils bien-aimé par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés ». C’est donc aussi le Royaume des sauvés, des pardonnés. De plus ce fils, ce roi est « l’image du Dieu invisible ». Il s’est incarné, il est devenu homme pour être vu des hommes, pour parler de Dieu dans un langage d’homme, pour vivre une vie d’homme, en image de Dieu, pour l’homme.
Il est le premier-né de toutes les créatures, car il existait en tant que Dieu avant toute création. Il est surtout pour l’Église la tête du corps, la tête de l’Église, le chef suivant l’ancienne désignation, de cette église, celui qui dirige cette Église, qui l’alimente par son sang, qui l’anime par sa doctrine.
Voilà ce Roi et ce Royaume, qu’au dernier dimanche du cycle liturgique l’Église nous propose de contempler, pour nous rappeler la réalité de la vie spirituelle invisible.


Voir le site : Qu’est ce que la fête du Christ-Roi

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