Quel temps ! ? …

lundi 22 novembre 2010
par  Bernard LE NEEL
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Lorsqu’en Bretagne on parle du temps, c’est le plus souvent du temps météorologique ; à croire qu’il tient une grande importance dans la vie quotidienne !

Mais le « temps » est une notion familière à beaucoup : au mécano-auto qui veille sur la courroie crantée, au musicien qui surveille le tempo pour que la mesure soit bien assurée, à l’écolier et au grammairien en toute concordance, au joueur de scrabble à l’œil rivé sur le sablier, au marin surtout quand le temps est gros ; la liturgie elle-même nous situe dans le temps, temps pascal, ou temps ordinaire.

Bref, le temps est partout.

D’après saint Augustin : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus. »

Ce n’est pas clair ; car l’idée de temps pose problème ; ce n’est pas vraiment une idée, notre intelligence peine à le saisir, et à le cerner. Ou il est passé, et n’est plus, ou à venir, et donc pas encore là … quant au présent, insaisissable car éphémère.

Laissons les philosophes à leur angoisse métaphysique à ce sujet, et donnons place à l’expérience que nous avons tous du temps. Nous le sentons bien, et pouvons en parler.

Que d’expressions de la vie quotidienne nous le citent : dans la nuit des temps, en son temps, être de son temps, faire son temps, à temps, avec le temps, le temps c’est de l’argent, certains veulent même tuer le temps ! Les anciens l’avaient divinisé, et représenté avec une faux et un sablier, la terreur quoi !

Charles Aznavour et Michel Fugain ont bien compris l’importance du temps dans la vie des hommes : je n’ai pas vu le temps passer … Je n’aurai pas le temps.

Ce n’est pas pour rien qu’ils emploient le passé, car notre obsession c’est surtout le temps écoulé, alors qu’il est derrière nous et qu’il ne compte plus.

Seul le temps présent compte. Saint Paul nous le dit dans sa lettre à Timothée « proclame la Parole, interviens à temps et à contre-temps  ». Dans l’évangile de Luc, nous entendons l’histoire de Zachée, « aujourd’hui, le salut est arrivé ».
L ‘aujourd’hui, voilà bien le mot clé de notre vie de baptisé, de sauvé. Grâce à ce mot et à sa valeur, le temps prend forme et importance. Le temps a du sens.

Dans le temps … on insistait au catéchisme sur l’instant présent, hic et nunc. Le passé est passé, même « si nos fautes sont toujours devant nous », l’avenir, plein de promesses et de résolutions, on sait ce qu’il faut en penser ! mais le présent, c’est l’incarnation au quotidien.

Platon a eu une jolie formule, le temps est « une image mobile de l’éternité ». Mobile car toujours devant nous, se déroulant au fil de notre existence.
Il n’était pas chrétien Platon, mais sa formule a un sens pour nous, l’éternité nous concerne ; notre passage ici-bas est provisoire, éphémère, mais dans la Foi, nous savons que nous sommes appelés à une vie hors du temps, une vie éternelle. Chrétiens, nous avons un optimisme bien assuré, nous sommes invités à une vie… éternelle.

Finalement, le temps, la notion que nous en avons, c’est l’expérience de notre finitude, de notre imperfection, mais aussi l’espérance que nous sommes divinisés en quelque sorte, cohéritiers du Christ , et « que le salut est entré aujourd’hui dans notre maison ».

Christ hier, Christ aujourd’hui, Christ demain, pour tous et toujours
Tu es Dieu, Tu es l’Amour. Tu appelles : nous voici}}}


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