Le sacrement de la Réconciliation ou le cadeau de l’amour infini de Dieu

lundi 16 mars 2015
par  Patrick BEGOS
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En se reconnaissant pécheur, nous croyons que l’Amour infini de Dieu est toujours plus fort. L’abbé Roland Le Gal nous explique le sens du sacrement du Pardon et de la Réconciliation.

 Comment définir le pardon et la réconciliation ?

Qu’il s’agisse de pardon ou de réconciliation, c’est toujours l’acte qui est jugé et non la personne. La réconciliation a lieu entre deux ou plusieurs personnes qui ont la volonté de recréer des liens entre elles. Dans une dynamique croyante, en s’éloignant de son prochain, on s’éloigne de Dieu. Se réconcilier, c’est rétablir la relation d’amour ou d’amitié qui a été rompue.
Le pardon est un don qui nous est fait et qui vient de Dieu. Il nous permet d’aller au delà de la faute, de l’acte posé, il apporte « un relèvement », « une résurrection ». Dans une démarche spirituelle, le pardon ne va pas de soi : il demande du temps, de la maturation, pour faire confiance à l’autre.
Pardonner ne veut pas dire oublier. Dieu nous dit : « Je passe au dessus des infidélités, je n’oublie pas, mais je te permets d’avancer ». En pardonnant, je permets à l’autre de ne pas rester enfermé dans l’acte qu’il a commis et je lui donne les chances de continuer à vivre en assumant cet acte et en tirant des conséquences pour lui-même et pour les autres.

 Qu’est ce que le péché ?

Dans la dynamique de Foi, le péché est un manque d’amour vis à vis de Dieu, des autres ou de soi-même. Il est aussi la reconnaissance de ma fragilité et de ma petitesse face à la grandeur d’un Dieu qui donne à profusion. Dans la manière de me comporter, j’ai cassé la confiance qui existe entre Dieu et moi. La parabole du Fils prodigue (Luc 15) résume bien la miséricorde de Dieu. Le fils prodigue quitte sa famille pour vivre à sa guise. Peu à peu, dans son cheminement intérieur, il souhaite revenir. Son père l’accueille avec une grande joie, sans poser de conditions. La parabole de la brebis perdue correspond à la même dynamique. Jésus n’est pas venu uniquement pour les biens portants, il pardonne au paralytique, à la femme pécheresse, à la femme adultère, à Zachée et à ses bourreaux sur la Croix.

 Comment aborder le sacrement de la Réconciliation ?

Autrefois, le pardon était demandé au moins une fois dans sa vie, souvent publiquement pour être réintégré dans la communauté. Durant les siècles passés, on a accentué l’image d’un Dieu qui fait peur. Le chrétien était considéré dans un état constant de péché, il devait demander pardon à Dieu pour être purifié et obtenir la vie éternelle.
Aujourd’hui, grâce au renouveau voulu par le concile Vatican II, on redécouvre le sacrement de la Réconciliation. Dans ce sacrement, Dieu nous fait un don pour que nous puissions vivre autrement notre baptême. Comme l’a dit un théologien : « le sacrement du pardon, c’est un »baptême à sec« . Il nous permet de revivre la source de notre baptême, non pas par l’eau mais par la confrontation entre la Parole de Dieu et notre propre existence. Après l’écoute de sa Parole, l’examen de conscience et l’aveu de nos fautes, Dieu nous pardonne et nous dit : »Je te permets de continuer. Je t’encourages à suivre mon Fils sur le chemin de la sainteté".
Plus récemment, on a redécouvert la dimension communautaire du pardon. En effet, avec l’essor des confessions individuelles, nous étions entrés dans une logique d’affaire individuelle entre Dieu et nous. En redécouvrant le sens du pardon, tout le peuple chrétien se reconnaît pécheur pardonné et marche ensemble vers la sainteté.
Après un temps assez long et plutôt positif de l’expérience communautaire du pardon avec absolution collective, l’Église Catholique a remis l’accent sur la démarche individuelle pour accueillir le pardon de Dieu. Elle veut donner de l’importance à l’aveu. La personne doit pouvoir dire ce pourquoi elle demande le pardon. Certaines situations sont compliquées, l’important est de mettre des mots sur ce qui a été vécu.
Quelle soit individuelle ou collective, l’absolution n’est pas un geste magique, c’est un acte du Christ sous la mouvance de l’Esprit, qui symbolise la nouvelle relation entre Dieu et l’être humain, lequel est invité à recréer du lien avec ceux à qui il a commis du tort.

 Pardonner ne dispense pas d’une réparation ?

En effet, pardonner donne la force d’aller plus loin mais ne dispense pas de réparer. Beaucoup ont en tête le mot pénitence. Donner des prières à réciter ne semble pas judicieux car parler à Dieu dans une prière doit être un plaisir et non une punition. Par contre, le prêtre cherche avec la personne quel effort elle peut faire en réparation. Il faut que cela coûte afin de ne pas oublier et d’inviter à entrer dans une réelle démarche de conversion.
Faut-il se confier à un prêtre ou pas ?
Certains chrétiens pensent qu’un dialogue direct avec Dieu suffit pour obtenir le pardon. L’Église considère que le Christ lui a donné la mission d’être le médiateur entre Dieu le Père et les êtres humains. Le prêtre aide la personne à mieux discerner le manque d’amour, il peut donner le pardon de Dieu sous forme sacramentelle à tout être humain.
Le temps de Pâques est une période privilégiée pour le pardon. Le Carême nous invite à nous entraîner à vivre l’Évangile. C’est un moment propice pour se préparer à la Fête de la Résurrection, pour passer des ténèbres à la lumière. Qu’il s’agisse de la Samaritaine, de la femme adultère, de l’aveugle de naissance ou du fils prodigue, les textes du Carême vont dans le sens de la confiance accordée à tout être humain. Par la médiation de la Parole de Dieu, nous sommes invités à nous laisser interroger par la volonté de paix, de justice, de vérité et de lumière sur notre vie. C’est ainsi redécouvrir le sens de la vie baptismale.

 Comment est organisée la journée de la réconciliation dans la paroisse ?

Pour la paroisse Notre-Dame de la Mer :

Après-midi “écoute, prière,réconciliation”

Pour la paroisse d’Etables sur Mer :

Journée “écoute, prière,réconciliation”


PS :

« Aimez vos ennemis »
Martin Luther-King nous donne sa vision de l’amour.
« Dans le Nouveau Testament, on trouve le mot Agapè pour désigner l’amour. C’est l’amour débordant qui ne demande rien en retour. Les théologiens diraient qu’il s’agit de l’amour de Dieu à l’œuvre dans le cœur humain. Lorsqu’on s’élève jusqu’à aimer ainsi, on aime tous les hommes, non parce qu’on éprouve de la sympathie pour eux, non parce qu’on apprécie leur façon d’être, on les aime parce que Dieu les aime. Tel était le sens de la parole de Dieu  »Aimez vos ennemis« . Et pour ma part, je suis heureux qu’il n’ait pas dit  »Ayez de la sympathie pour vos ennemis" parce qu’il y a des personnes pour qui j’ai du mal à avoir de la sympathie.
La sympathie est un sentiment d’affection et il m’est impossible d’avoir un sentiment de sympathie pour quelqu’un qui bombarde mon foyer. Il m’est impossible d’avoir de la sympathie envers quelqu’un qui, jour et nuit, menace de me tuer. Mais Jésus me rappelle que l’amour est plus grand que la sympathie, que l’amour est une bonne volonté compréhensive, créatrice, rédemptrice envers tous les hommes".
Martin-Luther King


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