Marie-France d’Hérouville, guide de prière …

mercredi 1er décembre 2010
par  Martine DE PENANSTER (†)
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A l’heure où nos prêtres, en moindre nombre, délèguent aux laïcs certains services d’Eglise, Marie-France d’Hérouville, revenue sur sa terre natale depuis 4 ans, accomplit dans la paroisse d’Etables-sur-Mer une mission de « Guide de la prière » pour les funérailles.

A Paris, où la famille vivait il y a quelques années, son engagement dans la paroisse et plus largement dans l’Eglise avait déjà pris forme. Les situations de femmes et d’hommes désireux de grandir avec le trésor de l’Eglise la touchent au cœur. Et c’est ainsi qu’au sein de l’équipe nationale d’ACI (Action catholique des milieux indépendants), Marie-France d’Hérouville se voit chargée d’une région et déploie, pendant 5 ans, sa capacité d’être tournée vers l’autre. Puis le mandat s’arrête.

Une foi solide, l’écoute et l’attention, des qualités indispensables pour assumer l’engagement qu’elle choisit de vivre auprès des familles endeuillées. Pour cela, soucieuse de suivre une formation à l’accompagnement, elle démarre dans le diocèse de Paris une équipe avec d’autres.

Survient alors un cruel deuil familial. En 1997, leur fille Christine, religieuse Xavière de 33 ans, nouvellement arrivée en mission au Tchad, meurt assassinée. Le choc pour ses parents, ses 3 frères. Un chemin de douleur, de révolte, de ‘pourquoi ?’ Plus d’une année va être nécessaire pour intérioriser le sens de cet événement si brutal. Jusqu’à cette messe « d’action de grâces » en couple et en famille, autour d’amis, où Marie-France d’Hérouville reçoit l’apaisement intérieur lorsque s’imposent à elle deux paroles de l’Ecriture : “choisis la vie” Dt. 30, 19. Et “Si le grain de blé tombé en terre ne tombe ne meurt pas, il reste seul… mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit” Jn 12, 24. Cette certitude la dynamise. C’est au nom de sa foi qu’elle veut se tourner vers les autres.

Arrivée en Bretagne, Marie-France, à la demande du précédent curé, accepte de se lancer à nouveau, et va répondre, sur le terrain, à la lettre de mission que l’évêque lui a remise. Pour elle, rien de plus important que d’avoir une prière incarnée, qui se soucie de l’histoire de chaque personne, frappée par la souffrance, de ce qu’elle exprime à travers des mots souvent bien étrangers au langage chrétien.

Discernement et compassion

Pour cette mission, elle aime souligner combien il est important de faire équipe avec d’autres. Souvent dans la conversation, ce terme « en équipe » revient. Preuve s’il en fallait que l’on reçoit des autres, autant que l’on donne. Une réelle réciprocité. L’approche des personnes en souffrance requiert à la fois du discernement et de la compassion. Ainsi, ce que l’on attend des membres d’une équipe chargée des funérailles, c’est qu’ils aient eux-mêmes réglé leurs problèmes personnels pour être entièrement disponibles aux expressions multiformes de peine dont ils sont témoins. Car nous sommes petits face à Dieu et au mystère de la mort. Quand une famille endeuillée ne ressent que l’absence, comment dire que Dieu est immensément présent, qu’il n’a pas voulu la mort, et qu’Il chemine près de leur souffrance ? Les accueillants écoutent, pour rejoindre l’humanité de l’autre et proposer l’espérance qui croit en la résurrection. Il est important de souligner que c’est la communauté de l’Eglise qui prie pour le défunt.

Propos recueillis par Martine de Penanster pour Eglise en Côtes d’Armor.
( Bulletin officiel du diocèse - mensuel )


Voir le site : Eglise en Côtes d’Armor

Commentaires

Marie-France d’Hérouville, guide de prière …
mercredi 1er décembre 2010 à 21h39 - par  kerprat

être guide, c’est initier, mener, pas seulement de la prière des défunts, mais de toute la communauté : merci Marie-France.

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