Le Jeudi Saint, au cœur de la Foi

jeudi 2 avril 2015
par  Patrick BEGOS, Roland Le GAL (Abbé)
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Jésus s’est abaissé aux pieds de chacun et chacune d’entre nous. Après le lavement des pieds, le Jeudi Saint nous invite à reprendre le geste de Jésus partageant le pain et le vin. L’abbé Roland Le Gal nous explique le sens de ce jour important pour les chrétiens.

 Que fait Jésus lors du Jeudi Saint ?

Le Jeudi Saint célèbre le dernier repas du Christ avec ses douze apôtres. Au cours de ce repas, appelé la Cène, Jésus lave les pieds de ses disciples, les instituant ainsi comme pasteur et serviteur de la Nouvelle Alliance. Il prend le pain et le vin, il rend grâce, instituant ainsi le Sacrement de l’Eucharistie où nous sommes rassemblés pour être envoyés.
Puis, Il annonce que l’heure de l’épreuve est proche.
Après le repas, le Christ et les apôtres se rendent au jardin des Oliviers pour veiller et prier. Alors que ses disciples s’endorment, le Christ est troublé et tourmenté. Faut-il accepter de boire la coupe que lui offre Dieu son Père ? Il répond : « Que ta volonté soit faite et non la mienne. »
Partant de la Pâque juive, mémorial de la libération du peuple Hébreu, Jésus lui donne un sens nouveau. L’agneau immolé n’est plus un animal mais Jésus lui-même qui donne sa vie une fois pour toute. Nous faisons aujourd’hui mémoire de cette vie qu’a donnée le Christ. Ce n’est pas un événement du passé, car le Christ se rend réellement présent sous la forme du pain et du vin qui deviennent son corps et son sang et cette nourriture nous fait vivre aujourd’hui et nous invitant à nous tourner avec espérance vers l’avenir.

 Quel est le sens du lavement des pieds ?

Dans la Bible, trois évangélistes : Marc, Mathieu et Luc, ont relaté le dernier repas de Jésus en parlant du corps donné et du sang versé. Jean ne l’a pas fait. Mentionnant le dernier repas, il parle uniquement du lavement des pieds. Dans la tradition juive, le serviteur lavait les pieds de son maître et des invités. Jésus inverse cette relation. Le maître se met à genoux devant son serviteur pour laver ses pieds. Une situation incompréhensible pour Pierre. Par ce geste, Jésus s’abaisse au plus profond de lui-même comme Dieu vient chercher sa créature au plus profond de son être. C’est l’abandon, le don total. « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir » affirme Jésus. Par le lavement des pieds, Dieu se met au service de l’humanité.

 Jésus institue le sacrement de L’Eucharistie ?

L’Eucharistie est cette prière du Christ qui nous met en relation avec Dieu et avec nos frères. A travers ce sacrement, c’est l’Esprit de charité qui s’exprime jusqu’à l’extrême. Dieu, en son Fils, est allé jusqu’à la mort sur la Croix, jusqu’au don de tout ce qu’Il est. En donnant sa vie, son corps et son sang, Jésus scelle une nouvelle alliance. Le médiateur n’est plus l’agneau mais Jésus qui nous invite au service.
« Aimer et servir Dieu » : ce doit être l’orientation fondamentale de notre vie. Dieu s’est fait serviteur afin que nous devenions serviteurs les uns des autres. Et les occasions sont multiples dans la vie de chacun. Comme Pierre, on peut y résister en disant par exemple « je n’ai pas besoin des autres ». L’histoire de Pierre est aussi le récit de nos combats intérieurs, de notre fragilité, de nos résistances.
Le Jeudi Saint, chacun est donc amené à se laisser conduire au cœur de la Foi. L’Eucharistie, « source et sommet de la vie chrétienne  » (Concile Vatican II), nous nourrit de la vie de Dieu pour vivre en chrétien au quotidien. Également, elle nous met en communion les uns avec les autres. Nous sommes chrétiens en Église, en communauté. En effet, lors de l’Eucharistie, le Christ se révèle à la communauté rassemblée. Le lavement des pieds a fait naître une communauté de disciples basée sur l’amour fraternel. A chaque eucharistie, nous puisons à la fontaine de nos actions.

 Comment les enfants peuvent-ils vivre le Jeudi Saint ?

Bien sûr. C’est même une bonne catéchèse d’initiation. Ceux qui se préparent à vivre la première des communions peuvent se laisser plonger à la source du sacrement qu’ils vont recevoir. Par la Parole, le lavement des pieds et le don total de sa vie, Jésus-Christ nous invite à intérioriser toute cette profondeur de l’Amour et tout le sens de l’action de grâce, de la prière de Merci. Par leur posture d’aîné dans la foi, les adultes sont invités à les aider à prendre conscience que la communion consiste à recevoir le Christ en son corps. Ils peuvent aussi les inviter à vivre l’amour de Dieu au quotidien.
Communier ce n’est pas recevoir « mon Jésus à moi ». C’est être partie prenante dans une communauté rassemblée par le Christ pour se nourrir de la Parole de Dieu en vue d’être envoyé comme disciple missionnaire. Et les enfants sont missionnaires entre eux. On ne peut pas vivre le sacrement de l’Eucharistie sans cette notion d’être frères et serviteurs les uns des autres.
Toute responsabilité que j’assume dans la famille, le travail, l’école, l’Église doit être vécue comme un service. Je suis au service de …. En imitant le Christ serviteur, le service de Dieu devient le service du frère.

Le Vendredi Saint
Le Vendredi saint relate le cheminement de Jésus vers la mort. Jésus est entré librement dans sa Passion. Le combat qu’il a mené à Gethsémani fait qu’il a accepté d’aller vers la mort. Il donne librement sa vie.
Le cheminement se passe dans le cadre d’un procès, soulignant que le Fils de Dieu n’a plus besoin d’être défendu. Il marche librement vers la mort. Il garde confiance en l’amour du Père envers son Fils. Le cheminement de Jésus se situe dans un contexte d’atrocités. Nous nous souvenons à travers la Passion et le Chemin de Croix des étapes que Jésus a vécues et franchies jusqu’à expirer sur la croix. Dans ce cheminement, Jésus reste un être humain. Il a besoin d’aide pour aller jusqu’au bout du chemin, par exemple celle de Simon de Cyrène.
Jésus vit ce qu’il a manifesté le Jeudi saint. Sur la croix, dépouillé de tout, il devient serviteur de tous. Dans ce Christ dépouillé, le centurion romain reconnaît le Fils de Dieu. Abandonné des hommes, raillé, humilié, Dieu se donne dans sa totalité pour attirer à lui tous les humains et leur ouvrir le chemin du bonheur.

 Quelle image de Dieu avons-nous ?

Quelle est l’image qui fonctionne en nous spontanément ?

  • celle d’un Dieu qui donne, qui fait confiance, à qui on est heureux de donner
  • celle d’un maître juste mais que l’on craint et dont on a peur…
  • celle d’un père qui ne refuse pas ce que ses enfants lui demandent
  • celle d’un père qui accueille ses enfants quand ils demandent pardon ?

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