Le tour des chapelles

Notre Dame de la Garde, une halte vers la pointe de Pordic

lundi 10 août 2015
par  Patrick BEGOS
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Sur la route de la Pointe, à Pordic, au carrefour de la Croix Guingard, la chapelle Notre Dame de la Garde a belle allure. Le poids des ans ne semble pas l’avoir marquée. Elle fait la fierté des habitants du quartier, comme en témoignent Annick Jamet et Yveline Danio.

L’histoire de la chapelle remonte à 1849. En ce temps-là, les habitants de la Ville Louais souhaitaient un oratoire pour se réunir, le soir, durant le carême et au mois de mai. Le choix de l’emplacement se porta sur la Croix Guingard, Cotenti étant un passage très fréquenté de la commune. C’est aussi un point central face à la mer, que l’on aperçoit de loin tel un phare dans la baie de St-Brieuc. L’objectif du sanctuaire était aussi de donner courage et confiance aux marins à la sortie du port pour affronter les dangers de la navigation. Pordic comptait à cette époque plus de 400 marins.
On raconte également qu’à cet emplacement a existé un cimetière destiné aux pestiférés, suite à l’épidémie de 1631, les habitants du bourg s’opposant au convoi des corps de pestiférés vers le cimetière communal.

 Bénédiction en 1849

L’apport de dons de quelques bienfaiteurs permet la construction de la chapelle en 1849, sur les plans du frère Cyprien. On se promettait une grande fête à Pordic pour la bénir mais le choléra sévit à nouveau. Le peuple, alerté du fléau, demande à hauts cris la bénédiction. Elle a lieu le 5 décembre 1849. « Alors que toute la semaine il avait fait un temps détestable, le soleil se leva radieux et éclaira un ciel sans nuages jusqu’à l’après-midi puis la tempête repris de plus belle », note l’Abbé Renault dans son livre sur Pordic. « Autre signe, le choléra fit ce mois-là sa 34e et dernière victime et quitta ensuite la paroisse. Les reliques de St Roch (patron des pestiférés), de Ste Philomène et Ste Thérèse sont apportées en procession, le 26 décembre et placées au milieu de l’autel ».
En 1885, une nouvelle statue de Notre Dame de la Garde est placée dans le chœur puis en 1887, le Chemin de Croix. La chapelle traverse ensuite les années, Notre Dame étant très vénérée par les fidèles des alentours comme en témoignent les multiples objets de dévotion.

 Une association pour la restauration

L’association des amis de Notre Dame de la Garde date d’une dizaine d’années. Son président est Loïc le Corvoisier avec de nombreux membres comme Annick Jamet, Yveline Danio, Suzanne Duchène, Joël Colas ,… Marie Hélène Morice qui fleurit la chapelle toute l’année.
L’objectif de l’association est de restaurer la chapelle dont les murs réalisés avec du sable de mer sont parfois humides. La peinture actuelle adaptée pour lutter contre ce problème devrait tenir plusieurs temps. Il y a quelques années, l’organisation de repas, de projections de vieux films et l’apport d’une généreuse donatrice ont permis de financer les travaux, en lien avec la commune qui participe aussi à l’entretien de la chapelle. L’essentiel de la restauration étant aujourd’hui réalisé, l’association est moins active mais elle offre chaque année le pot de l’amitié le jour du pardon.
Lieu vivant dans le quartier, la chapelle est ouverte en journée, toute l’année et les marcheurs, croyants ou non n’hésitent pas à entrer. Au mois de mai, le chapelet est médité tous les lundis et en octobre, le rosaire tous les lundis. A Noël, la crèche, réalisée par Pierre Codbessin, est visitée par les enfants du caté.

 Le pardon du mois d’août

Le pardon d’août constitue l’événement phare de l’année, même s’il n’y a plus la retraite aux flambeaux du samedi soir avec procession depuis le calvaire de la Ville Rouault. Il y a quelques décennies, une fête profane se déroulait aussi l’après-midi.
Aujourd’hui, le pardon a lieu le dimanche qui suit le 15 août (soit le 16 août cette année). Après un rassemblement à 10 h15, la procession se déroule autour de la chapelle avec la statue de Notre Dame. La messe est suivie par près de 200 personnes. Et le pot de l’amitié est ensuite offert par l’association.
Les efforts de quelques bénévoles permettent de maintenir la dévotion à Notre Dame de la Garde dans une chapelle aujourd’hui bien restaurée. Des bénévoles très fiers de leur patrimoine et qui ont très envie de continuer à faire vivre leur chapelle, face à la mer.

Saint Roch et Saint Marc
Deux statues, celles de St Roch et de St Marc sont placées dans le chœur, de part et d’autre de la statue de Notre Dame de la Garde. St Roch est le patron des pestiférés. Vers l’âge de 20 ans, après avoir perdu ses parents, il entreprend le voyage de Rome en s’attardant sur la route pour soigner les malades. Il séjourne à Rome de 1368 à 1371 puis il reprend la route mais, atteint de la peste, il doit s’arrêter en Lombardie où il meurt vers 1379. Un siècle plus tard, son corps fut transporté à Venise, d’où son culte se répandit dans tout l’Occident.
Saint Marc est l’un des quatre évangélistes. Très lié à St Pierre, il fut disciple de la première heure. Il lui servit d’interprète et mit par écrit sa catéchèse. Son évangile est l’écho direct de la prédication du chef des apôtres. L’iconographie chrétienne a coutume de le représenter avec un lion, l’un des animaux symboliques de la vision d’Ezechiel.

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