Des Ponts, pour l’été

vendredi 21 août 2015
par  Bernard LE NEEL
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De tout temps, une avancée technologique importante a généré une modification sociale, économique, politique.
A nouvelle technologie, nouvelle civilisation.

Les Phéniciens maitrisaient l’art de la navigation, depuis la construction des navires jusqu’à la géographie maritime, cela leur valut la maîtrise de la Méditerranée, et l’influence en Moyen-Orient.
De même les Vikings pour naviguer sur les océans moins cléments inventèrent les Drakkars ; ils purent ainsi coloniser la Normandie, le Groenland et l’Amérique du Nord.
Les Romains, experts en génie civil, des monuments aux amphithéâtres font encore notre admiration. Contentons-nous d’observer les ponts.

Les ponts- aqueducs, que l’on peut encore visiter dans la région lyonnaise et provençale sont une merveille de technologie : capables d’amener l’eau de la montagne à des dizaines de kilomètres pour faire vivre une ville. Avec une expertise hydrologique, une déclivité calculée scientifiquement.

Les ponts romains en pierre ont créé l’Empire Romain. Qui dit pont dit aussi route, car bâtir une construction pour franchir un obstacle, vallée ou fleuve, suppose des débouchés en amont et en aval dudit pont. Grâce à cette prodigieuse invention de ponts solides, César a colonisé, la Gaule, l’Espagne, la Germanie. L’objectif était évidemment politique, mais l’économie s’en suivit, et même la civilisation romaine, par la langue et les échanges dans de nombreux domaines. Ne sommes-nous pas encore héritiers de cet apport romain ?

Pendant près de 2000 ans, ces ponts de pierre ont servi, aux légionnaires (« qui ont marché pour nous chrétiens » dit Péguy) aux voyageurs, aux pèlerins, aux missionnaires, aux marchants et au transport limité des chariots.

Au XIXe siècle, la civilisation industrielle a vu apparaître les machines à vapeur. Les Anglais ont su adapter ces machines à leur flotte et l’Empire colonial britannique s’est étendu. La nouvelle technologie a induit une influence mondiale au Royaume Uni, lui donnant la maîtrise des mers, imposant la british way of life.

Sur terre, en France notamment, les machines à vapeur roulant sur rails, obligèrent les ingénieurs à réaliser des ponts plus modernes, en fer et en béton armé. On continue à admirer les ponts de Gustave Eiffel, plus grands, plus esthétiques et vraiment impressionnants.
Plus modestement en Côtes d’Armor, on conserve les Ponts d’Harel de la Noé, qui désormais sont bien agréables pour les piétons et cyclistes. Pendant tout le XXe siècle, ces ponts armoricains ont été utiles pour désenclaver nos campagnes les plus reculées. Avec le Petit Train, le maërl de St Quay-Portrieux enrichissait les champs jusqu’à Guingamp, sans oublier les relations plus faciles vers les villes.
Il est donc indéniable qu’à avancée technologique majeure succède de gros bouleversements dans la communication sociale, donc dans la civilisation.

Nos contemporains se félicitent de passer sur les ponts de Normandie ou de Millau, devenus des monuments touristiques. Les ingénieurs et architectes inventent des œuvres d’art, grâce aux nouveaux matériaux, vive le progrès !

Quand on parle de ponts en France, on évoque souvent les ponts du mois de Mai …
Un pont du vendredi au dimanche soir, quel bonheur ! et le pont de l’Ascension, vive les loisirs !

Plus sérieusement, un pont fait relier deux rives ; comme la religion qui relie le Divin à l’humain. Au point qu’on parle de Souverain Pontife. Est pontife (pontifex) celui qui fait le pont, qui joint ou relie les hommes.

Ne sommes nous pas invités à jouer le rôle de pont entre nos semblables, des facilitateurs pour être des relais, et même régler des conflits ?

Alors, vive les ponts, et ceux qui eux-mêmes sont ponts … sans évidemment pontifier.


Voir le site : Pont romain de Vaison-la-Romaine

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