Toi l’Étranger …

lundi 7 septembre 2015
par  Kerprat
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Les mots ont leur histoire.
Dans le Larousse du début du XXe siècle, après une définition succincte :

  • émigrer : « action de passer d’un pays dans un autre pour s’y établir », le dictionnaire s’empresse de citer les animaux, notamment les hirondelles. Les mots migrer et migrant n’y figurent pas.
  • Immigrer a plus de succès, comme suite à l’immigration récente d’Européens aux Amériques.
    Désormais le dictionnaire est plus précis pour les humains et rajoute à émigrer « sous l’influence de facteurs économiques ou politiques ».

Ces dernières années, l’expression migratoire apparaissait en France, à l’occasion des vacances d’hiver ou d’été. Les autoroutes et gares connaissaient le flux migratoire !

Mais depuis quelques semaines, les migrants font la Une de l’actualité. Il faut reconnaître que l’importance de ce flux migratoire d’êtres humains s’est bien développé et pose de nombreux problèmes. La volonté déterminée des populations à émigrer, à fuir leur pays, à courir les plus grands risques, à tout simplement survivre, nous interpelle. Et quand, à la peine de voir ces migrants perdent la vie en Méditerranée s’affiche sur tous les médias la photo du jeune Aylan … c’est l’horreur, et un appel à un accueil convenable qui nous touchent.

« Rien de ce qui est humain ne nous est étranger ». L’assistance à personne en danger s’applique aux États européens, mais aussi à tous les citoyens, quels que soient les motifs de frilosité, de sauvegarde de territoires en chasse gardée.

Pour l’Église, l’accueil des migrants est un « devoir de Foi ».
L’étranger, surtout demandant l’asile et souhaitant se réfugier chez nous, ne doit pas nous faire peur. Jean Paul II ne disait-il pas « mieux que d’autres groupes sociaux cette dynamique de l’unité fraternelle et du respect des différences » est un impérieux devoir à vivre.
Accueillir ou rejeter à la mer, tel est le dilemme. Le phénomène de grande migration ne fait que commencer, il est irréversible. Frères de tous les Terriens, force nous est de nous ouvrir à plus d’acceptation de cette réalité multi raciale et pluriculturelle. Comment un chrétien pourrait-il réciter le Notre Père, sans y associer tous les frères humains ?

L’Église qui est en France s’est dotée de Services et de mouvements consacrés à cet accueil des migrants. La Conférence des Évêques de France a créé un Service national de la pastorale des migrants, Le Secours Catholique, la Cimade et des services diocésains de la pastorale des migrants contribuent à manifester l’élémentaire Charité, à venir en somme au secours de ces gens déplacés.

Il n’est pas inutile de se rappeler la Charte des droits de la Famille publiée en 1983 par le Saint Siège :
Art 12, les familles de migrants ont droit à la même protection sociale que celle accordée aux autres familles.
a/ les familles des migrants ont droit au respect de leur propre culture et au soutien et à l’assistance nécessaires à leur intégration dans la communauté à laquelle elles apportent leur contribution.
b/ les travailleurs émigrés ont droit à voir leur famille les rejoindre aussitôt que possible
c/ les réfugiés ont doit à l’assistance des pouvoirs publics et des organisations internationales pour faciliter le regroupement de leur famille.
« J’étais étranger et tu m’as accueilli », Mt 25,35

Toi l’Étranger quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.
G.Brassens


PS :

Fuite en Égypte de Fra Angelico (Armadio degli Argenti du musée national San Marco).


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