Précieux, le sang …

jeudi 23 décembre 2010
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Précieux, le sang …
car il suffit d’une hémorragie pour que notre enveloppe charnelle devienne un corps sans vie, un pantin disloqué. Et c’est grâce aux avancées de la médecine au XX ème siècle (et malheureusement aussi aux nécessités de la 1re guerre mondiale) que l’on saura sauver une personne ayant perdu trop de sang pour survivre, en lui transfusant du sang d’une personne en bonne santé.
Aujourd’hui, cinq cent mille transfusions sont faites en France, et les indications thérapeutiques se multiplient, au point que les besoins en produits sanguins (globules rouges, plasma, plaquettes) ne cessent de croître, années après années. C’est tellement vrai qu’une personne sur deux devra, à un moment ou un autre de sa vie, recevoir du sang de quelqu’un d’autre, pour survivre à un traumatisme ou une maladie.
Face aux besoins, savez-vous que seulement 5% de la population française en âge de donner (de 18 à 70 ans) se propose pour offrir son sang, alors que lorsqu’on interroge les français, nous sommes plus de 90% à déclarer que nous serions heureux de donner notre sang pour sauver une vie ! Cherchez l’erreur …
Les Donneurs de Sang Bénévoles, qui sont convaincus de ce geste qui sauve, exhortent toutes les personnes en bonne santé de faire la démarche régulièrement et fraternellement, d’autant que « penser aux autres, c’est peut-être un jour penser à soi ? ». Peut-être franchirez-vous le pas et viendrez-vous à la prochaine collecte, quel beau cadeau vous ferez à un malade, en tout anonymat !

Le sang est un organe liquide, circulant dans tout le corps humain. Sa mission principale est le transport de l’oxygène et l’évacuation des déchets de l’organisme. Perdre son sang, c’est perdre la vie, d’où le slogan mobilisateur donner son sang c’est donner la vie.
Pas étonnant que de nombreux donateurs dans notre Goëlo se présentent aux collectes organisées ; cette démarche altruiste les honore car donner de son sang c’est aussi se donner.
Le rôle vital du sang est doté d’une forte valeur symbolique. Ces connotations ont été relevées par les religions et les croyances. Que de tabous liés au sang, mais aussi qu’elle portée symbolique et positive !

Laissons Marie-Aimée Rouaux observer le sang dans la Bible :

Signe de Vie et d’Alliance

Le sang, c’est la vie.

Que le sang soit la vie, le langage courant l’exprime par des expressions telles que : donner son sang, verser son sang pour une cause, mourir à bout de son sang, verser le sang innocent, transfuser le sang …

Le mot hébreu « dam » traduit par « sang » apparaît pour la première fois dans le Livre de la Genèse en Gn 4,10 lors du meurtre d’Abel par son frère Caïn :
« Qu’as-tu fait ? demande Dieu à Caïn, le sang de ton frère crie de la terre vers Moi » (litt.« les sangs de ton frère », le sang est au pluriel dans ce cas, c’est le « sang répandu »).
Il y a un jeu de mots entre dam, le sang, adamah, la terre, adam, l’homme et adam qui veut dire aussi « être rouge », ce qui montre la relation vitale entre l’homme, le terreux, la terre et le sang.

Le couple « chair et sang » est employé à bien des reprises dans la Bible. Il s’agit de l’être humain dans sa fragilité. On retrouve l’expression dans le Nouveau Testament lorsque Jésus dit à Pierre, en Mt 16,17 :
« Heureux es-tu Simon, fils de Jonas, car ce n’est pas la « chair et le sang » qui t’ont révélé cela mais mon Père qui est dans les cieux ».

Cependant le sang a un caractère sacré car il est le siège de la Vie et tout ce qui touche à la Vie est en relation avec Dieu, le Maître de la Vie.
On lit dans le Livre du Lévitique, 3e Livre de la Bible, que « la vie de « toute chair » (l’homme) c’est son sang … » (Lv 17,14).

Mais il y a une subtilité qui s’avère importante dans le langage biblique.
La Bible, en effet, fait une distinction entre le sang qui circule dans le corps, signe de vie, et le sang répandu, symptôme de mort. Dans le premier cas, le sang est au singulier, et dans le deuxième, il est au pluriel, c’est l’homme « éclaté », comme dans le meurtre d’Abel.

En raison du caractère sacré du sang lié à la vie donnée par Dieu, il y a interdiction de tuer. Cette interdiction, « Tu ne tueras pas » figure en toutes lettres dans le Décalogue (les Dix Paroles ou Commandements - Ex 20). L’homme est à l’image de Dieu le Créateur et celui qui tue porte atteinte à Celui qui l’a créé.

Une autre conséquence de l’aspect sacré du sang, c’est l’interdit alimentaire dont il est l’objet, ainsi que son usage dans le culte. Le sang est le signe tangible de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Par la circoncision, ce signe d’appartenance est inscrite dans la chair de l’enfant dès son 8e jour.
Dans le sacrifice de la Pâque, le rite du sang est lié au rite du repas de manière particulière : « Ce jour là vous servira de « mémorial » dit le Seigneur (Ex 12).
Le sang de l’agneau pascal est signe de purification, de réparation, de protection et d’alliance.

Dans le Nouveau testament, la Pâque juive devient la Pâque du Christ.
Le « sang innocent » de l’Agneau scelle la Nouvelle Alliance. Elle n’abolit pas la première mais elle l’amène à sa plénitude.
Au cours de son dernier Repas, la Cène, Jésus dira en prenant la coupe de vin :

« Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang »

Avec la Pâque du Christ, nous retrouvons la terminologie relevée dans le Premier Testament à propos du sang : la vie, le don, l’offrande, l’alliance, le mémorial, la réparation, la libération …

L’offrande du peuple à Dieu, et le salut, vont trouver leur accomplissement dans l’offrande de Jésus prophétiquement annoncée.

On retrouve le couple « chair et sang » dans le « pain et le vin » du repas Eucharistique : Boire à la coupe du vin c’est communier au Sang précieux de Jésus, « répandu » pour que le monde ait la VIE.

« Donner son sang », c’est participer à cette action salvatrice qui trouve son sens dans le don humain de soi-même pour sauver, redonner vie, à l’autre son frère.
Pour le chrétien, cet acte altruiste plonge ses racines dans les Ecritures et trouve son sens plénier dans le Don total de Celui qui s’est fait « chair et sang », Alliance de Dieu avec les hommes, pour transfuser sa vie divine à l’humanité tout entière.

Marie Aimée Rouaux et Gérard Drevet.


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