Deux institutrices libanaises à l’école Jean Leuduger

lundi 5 octobre 2015
par  Patrick BEGOS
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Sensibiliser les enfants et les enseignants à d’autres conditions vie et de travail , dans un pays étranger, est l’un des enjeux du partenariat avec une école libanaise.

« Lors du centenaire de notre école, en septembre 2012, nous avons lancé le partenariat avec le collège Cadmous de Tyr au Liban », explique David Michel, directeur de l’école Jean Leuduger, à Plérin.
Ce partenariat se décline en 2 volets. « D’abord, la formation d’enseignantes en langue française. Elles passent trois semaines chez nous, découvrant ainsi la culture et la langue française ainsi que la manière dont nous fonctionnons. La correspondance entre les élèves de St Laurent et ceux de Cadmous constitue le second volet du partenariat grâce à des vidéos et à Skype. L’objectif est de développer des liens entre des enfants de même âge ».
Deux institutrices libanaises, Mira Maroun et Laurice Moussa, ont découvert pendant quinze jours le système éducatif et les méthodes pédagogiques de l’école Jean Leuduger.
A Tyr, Laurice est institutrice de maternelle petite section et Mira enseigne dans une classe équivalente au CE1. L’arabe est la langue usuelle, le français est enseigné dès la maternelle. En école primaire, les enfants connaissent les bases du français.

 Dans quel contexte vivez-vous au Liban ?

Il faut d’abord signaler la forte présence de réfugiés. La population libanaise de 3 millions d’habitants accueille sur son sol 500 000 palestiniens et près de 2 millions de syriens. Les palestiniens vivent dans des camps, ils sortent peu. Par contre, les syriens se mêlent à la population libanaise. il n’y a pas confrontation, les réfugiés sont acceptés et aidés. Leur nombre commence à inquiéter car il y a beaucoup de problèmes de logement et de chômage.
Nous sommes habitués à la cohabitation de plusieurs religions. Les musulmans sont largement majoritaires (70%). Les parents musulmans confient leurs enfants sans difficultés à notre école catholique. Pendant la prière du matin, on s’adresse à Dieu et tout le monde se sent concerné, quelle que soit sa religion.

 Chacun peut-il exprimer sa foi librement ?

Oui, jusqu’à présent, au Liban, nous pouvons exprimer notre foi. Nous pouvons le faire publiquement, les lieux de culte sont ouverts. On espère que cela se maintiendra à l’avenir. Entourés de musulmans, les chrétiens de Tyr sont très attachés à la messe. Et les jeunes participent beaucoup notamment dans les mouvements comme les scouts, les chorales, la JEC.

 Qu’avez-vous découvert ici ?

Les méthodes de travail sont différentes. Les élèves sont plus calmes et plus autonomes que chez nous. Cette sérénité se retrouve également chez les enseignants. Les classes disposent de plus de matériel éducatif. Nous sommes hébergés dans les familles et nous avons découvert un fonctionnement différent avec un meilleur partage des tâches. Le père participe davantage alors que chez nous tout repose sur la mère de famille. Les enfants sont plus autonomes à la maison. Par contre, au Liban, il y a plus de vie sociale. Personne ne prend seul son café. On peut très bien le prendre chez les voisins, en pyjama. Les familles sont plus proches et moins dispersées qu’ici.

 Quel est l’intérêt de ces échanges ?

« Ce partenariat permet d’apporter aux élèves une ouverture sur un pays étranger et aux enseignants d’échanger sur les conditions de travail », souligne David Michel. Au Liban, l’école revêt une grande importance. Et cela se traduit par un suivi très rigoureux du déroulement des cours et de leur préparation par la direction de l’école. La pédagogie est très directive. En revanche, contrairement à chez nous, l’apprentissage des langues étrangères (français et anglais) débute dès la maternelle. Pour poursuivre les échanges, une délégation de 2 enseignants et d’un parent de l’école Jean Leuduger se rendra au Liban, fin octobre.

Photos : Mira et Laurice, les deux institutrices libanaises (2e et 4e à partir de la gauche) entourées de David Michel, (au centre), directeur de l’école et de deux instituteurs.

Voir le site : Le Liban

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