Adam est Eve

vendredi 16 octobre 2015
par  Kerprat
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Faisant plaisir un instant aux fondamentalistes chrétiens, force est d’admettre qu’Adam a pendant un temps incarné l’humain dans sa totalité. Pour cela il ne pouvait qu’être hermaphrodite. Créé par le Créateur, à son image, donc masculin au moins grammaticalement.

« La Croix » consacre une page entière à ce cas d’hermaphrodite tourangeau qui se voit catalogué de middlesex qu’il était , donc indéfini, à l’appellation de sexe neutre.
Ni ni.
Il n’en demeure pas moins un être humain.

Les hermaphrodites, (contrairement à nos coquilles St Jacques [1] qui sont légions, surtout ces mois-ci à Saint Quay,) ne sont que quelques centaines en France. Mais chez nous il faut légiférer de tout, Thémis look Vénus …
Il est vrai que bien que les femmes boutonnent leurs habits à gauche et les hommes à droite, elles portent le pantalon, alors que les hommes - les non écossais - ignorent la jupe, la tendance est à gommer les différences. L’orthographe fait de la résistance, féminisant les mots qui jusqu’à présent étaient portés par les hommes.
Passe encore pour la robe dont s’affublent les avocats et les clercs ; mais n’est-il pas le signe qu’ils sont eux aussi « neutres sexuellement » en apparence, l’habit cachant l’organe isation de la société en 2 catégories.
« Mâle et femelle , il les créa » dit la Genèse, mais distinctement, sans confusion. Un des principes de base en philosophie est qu’il faut toujours distinguer. Distinguer n’est pas séparer, mais voir ce qui est propre à l’un et à l’autre. D’ailleurs s’ils sont distincts c’est bien pour pouvoir s’ajuster, que dis-je s’unir en une chair dit la Bible.

Naguère le mot sexe ne s’appliquait qu’à la gent féminine, le beau sexe, comme si l’autre était laid alors que moult statues d’hommes de l’antiquité suscitent l’admiration, même s’ils ne sont pas Priape.
Les progrès de la psychologie ont amené à admettre que le sexe n’est pas que physiologique, mais se trouve également dans le cerveau, ou le cœur si on veut. Beaucoup de facteurs, sociaux, éducatifs ont dès la naissance marqué le nouveau né. Jusqu’à la couleur de sa chambre qui devait être bleue ou rose. Jadis pourtant un nouveau-né était d’emblée emmailloté pour longtemps et promis à la robe, asexué ; l’éducation se faisait fort de lui indiquer sur quel rail il devait se guider.
Depuis, des esprits soi-disant éclairés en viennent à nier la différenciation sexuelle et préfèrent employer le terme de genre. Voilà qui bouscule la grammaire française dans les orties.
N’a-t-on pas entendu à l’Assemblée Nationale cette année, une ministresse commencer toutes ses phrases par, il, elle … le masculin ne devant plus l’emporter sur le féminin. C’est faire le lit de constructions de langage ou d’institutions au nom d’un égalitarisme dévoyé. L’égalité est certes un bel idéal ou chaque personne doit y retrouver son compte, sans être dévaluée par l’autre.
Au moment où les Pères synodaux s’intéressent à la famille il n’est pas superflu de s’attarder à la relation homme-femme. C’est quand même le point de départ de la famille. La mère du pape Pie X lui montra son alliance, « tu n’aurais pas cet anneau papal, lui dit-elle, sans celui-ci ».
Il est désormais communément admis que l’homme a commerce avec la femme (comme le dit la Bible) non pas seulement pour engendrer une progéniture, ce qui est un but premier, au moins une intention, mais aussi pour l’épanouissement des conjoints. Rien de moins respectueux et digne d’éloge, (de n’en bien parler ) que de magnifier l’excellence de ce moment particulier de jouissance. L’orgasme est un don de Dieu comme l’admiration d’un beau paysage, d’un beau tableau, d’un excellent concert, la bonne chère, de tout ce qui produit du plaisir selon tel ou tel sens. L’amour n’est pas désincarné. Il n’y a rien de vulgaire en l’être humain, le salut du Christ a racheté, sanctifié tout l’être. Le Verbe s’est fait chair, et se fait toujours chair.

Certains auteurs chrétiens ont parlé de la mystique de la chair, exprimant ainsi la beauté de l’échange conjugal. Les expressions populaires sur cet acte font florès, depuis s’envoyer en l’air ou atteindre le 7e ciel. Par contre l’expression faire l’amour est galvaudée et inadaptée. L’amour ne se fait pas, il se donne, se partage. Et nos amours ne sont que des étincelles de l’Amour divin. Ne parle-t-on pas de l’union du Christ et de son Église, des baptisés, comme une union mystique.
Il nous semble parfois paradoxal de lire les effusions, les transports de certains mystiques chrétiens. Ils, et surtout elles, sont vierges, tout consacrés à l’Amour divin, mais leur langage et les expressions employées sont calquées sur un érotisme conjugal, de bon aloi.
ET comment faisons-nous pour parler des choses d’En-Haut sinon d’employer les mots d’ici-bas ?
Adam n’est pas Eve, « mâle et femelle Il les créa …Soyez féconds, multipliez, emplissez la Terre et soumettez-la ». Je crois en la résurrection de la chair, proclamons-nous chaque dimanche, car le mariage est sacrement, pas seulement le jour des noces, mais toute la vie.


Voir le site : La Croix - Le « sexe neutre » reconnu à l’état civil -

[1les coquilles Saint-Jacques seraient hermaphrodites


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