Encyclique « Laudato Si » - Devenons les véritables acteurs du changement

lundi 9 novembre 2015
par  Patrick BEGOS
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Devant une assemblée de plus de 200 personnes, Jean-Claude Pierre, président de Nature et Culture, a donné quelques clés de lecture de l’encyclique du pape François et expliqué les défis auxquels nous sommes confrontés.

Dès les années 1960, plusieurs auteurs nous ont mis en garde contre les excès de nos pratiques vis à vis de l’environnement avec des livres évocateurs comme « le printemps silencieux », « Quelle terre laisserons nous à nos enfants ? », « La planète au pillage ».
Dans les années 1970, les deux agronomes René Dubos et René Dumont ont bien montré la différence entre cultiver la terre avec sagesse, discernement et l’exploiter avec une vision uniquement économique de rentabilité.

De son côté, l’Église a pris conscience dès 1963 des menaces sur l’environnement avec l’encyclique Pacem in terris qui traitait de la paix sur la terre. « Laudato Si », l’encyclique du pape François insiste sur la nécessité de faire la paix à la terre et de la traiter avec infiniment de respect. Elle est la continuité évidente des encycliques précédentes qui ont été peu vulgarisées.

 Entendre la clameur de la terre et celle des pauvres

Pour le pape, il faut « s’attaquer simultanément et conjointement aux questions écologiques et aux questions sociales », souligne Jean-Claude Pierre. « Une vraie approche écologique doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement pour écouter »tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres".
Pour Jean-Claude Pierre, les atteintes à la Terre et à l’humanité sont la résultante de la voracité de la société de consommation, du néo-libéralisme à travers le fétichisme de l’argent et d’une confiance irrationnelle et aveugle dans le progrès technique. « Nous avons le devoir de laisser la terre aux nouvelles générations dans un état tel qu’elles puissent l’habiter décemment et continuer à la cultiver ». Nos attitudes de négation du problème (nous ne voulons pas croire ce que nous savons), d’indifférence, de résignation facile (il n’y a pas d’autres alternatives) ne font qu’amplifier la dégradation de la nature et la progression des inégalités.
L’érosion et la diminution de la biodiversité seraient tout aussi graves que le réchauffement climatique : si on infléchit pas nos pratiques actuelles, 30 à 40 % des espèces animales et végétales disparaîtraient dans le siècle. La baisse des populations d’abeilles, principaux insectes pollinisateurs, en est l’illustration. Les atteintes à l’intégrité de la terre doivent être considérées comme « un crime contre la nature, un crime contre nous-mêmes et un péché contre Dieu ».

 Un triple défi

Nous sommes donc face à un triple défi : culturel, spirituel et éducatif. Il nous faut une véritable « conversion écologique », sortir de la spirale d’autodestruction dans laquelle nous sommes et considérer la terre comme « notre maison commune ». Les réseaux communautaires et coopératifs peuvent nous apprendre à devenir les acteurs du changement. Pour le pape François : « les principes individualistes ne pourront y répondre ».
Pour Jean-Claude Pierre, le mot « solidarité » est un élément-clé de l’avenir. Solidarité dans l’espace avec tous les hommes car nous sommes tous issus de la même matrice. Solidarité dans le temps avec les générations futures et solidarité avec l’ensemble des êtres vivants pour retrouver la communion avec la nature.

Quelques questions :
Que peut-on faire personnellement ? « La première action consiste à passer par les réseaux communautaires en adhérant à une association de protection de l’environnement ou de défense des consommateurs. Et chacun à son niveau peut commencer à changer ses pratiques ».
Comment être constructif au sein de l’Église ? « Il ne faut pas faire le procès du passé. Certes, l’Église n’a pas mis en place la pédagogie nécessaire pour vulgariser les précédentes encycliques. Aujourd’hui, le pape a fait son travail. A nous de faire le nôtre, que l’on soit croyant ou non croyant. Il faut montrer aux jeunes qu’il y a des solutions à notre portée, dans tous les domaines ».
Va-t-on vers une baisse de notre niveau de vie ? Au niveau mondial, il y a beaucoup d’inégalités entre les communautés et même à l’intérieur d’une même communauté. Il faudra davantage partager. Dans un monde où tout se voit et tout se sait, il risque d’y avoir, un jour, des « détonations ». Le pape a raison de lier les questions sociales et les questions écologiques.

Voir le site : Conférence/présentation de l’encyclique du Pape François « Laudato Si »

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