Oh, Miséricorde ! Qu’as-tu fait, mon garçon ?

jeudi 14 janvier 2016
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C’est ainsi que me réprimanda, un jour, ma grand’mère.
A l’occasion, en certaines circonstances exceptionnelles, elle n’oubliait pas de dire « à tout péché miséricorde ».
Le mot miséricorde entra dans ma vie, et passa à la trappe pour bien longtemps.
Car les mots ont une vie et suivent la mode. Employer des mots anciens fait désuet, anachronique, vraiment dépassé, et parfois pédant.

Le Deuxième dimanche après Pâques était bien intitulé dimanche de la Miséricorde, mais qui s’en souciait ? Ne fallut-il pas Jean Paul II, probablement inspiré par les messages de Sœur Faustine, pour donner quelque éclat à ce dimanche ?
Il faut dire que pendant tout le Temps Pascal, on baigne dans la Foi des Apôtres, et la vie des premiers chrétiens. La Foi c’est bien, mais si le lien avec l’amour n’est pas créé, la certitude que le Christ Ressuscité inaugure une nouvelle relation entre les hommes n’est pas établie.Amour et Foi sont indissociables.

Miséricorde. Peut-être ce mot était-il trop près du Miserere qui ponctuait les obsèques. Et miserere fait penser à miserabilis, ce qui n’est pas très engageant.

En créant une année jubilaire dédiée à la Miséricorde, le pape François souffle sur les braises de ce mot enfoui dans la cendre, et refait jaillir du feu . Cela en vaut la peine.
Au début de chaque prière ou action importante, les musulmans invoquent « Dieu Le Clément le Miséricordieux « par le mot bismilla, comme nous au Nom du Père .

En cette mi-janvier va paraître le dernier livre du pape « Le nom de Dieu est Miséricorde », ce sera opportunément un best-seller.

 Misericordiae Vultus

En attendant, il n’est pas inutile de parcourir la bulle du pape « Misericordiae Vultus » « Bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la Miséricorde ». C’est une introduction à cette année jubilaire.

En guise d’introduction, le pape a ouvert la Porte de la Miséricorde, c’est déjà un symbole, puis-qu’ouvrir sa porte c’est déjà accueillir, et pénétrer ce qui est faire l’expérience de l’amour de Dieu.
Cette porte a été ouverte le 8 décembre, en lien avec l’anniversaire du Concile Vatican II, qui fut un moment important pour l’Église : son ouverture à tous, en signe vivant de l’amour du Père. Jean XXIII lui-même reconnaissait en ce Concile « un remède de la miséricorde plutôt que de brandir les armes de la sévérité ». Une Église « bon samaritain » au service du monde contemporain, vaste champ d’évangélisation respecté pour ses valeurs ,

 Et pourquoi l’Église toute entière est appelée à cette Miséricorde ?

Épouse fidèle du Christ, elle se doit de contempler et de suivre Jésus, qui tout au long de sa vie a prodigué tant d’attentions aux autres. Son regard était si perçant, si attachant … que le pape François a pris pour devise « miserando atque eligendo » avec un regard plein d’amour miséricordieux.

Pour le pape, dans les paraboles de la miséricorde, Jésus révèle la nature de Dieu, ce Père rempli de joie .surtout quand Il pardonne. Il nous est difficile de pardonner, laissant le soleil se coucher sur notre colère … et pourtant nous croyons qu’ »ils sont heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». Seul Dieu est miséricordieux, « éternel est son amour » chantons nous avec le psaume. D’ailleurs Jésus lui-même n’a-t’il pas chanté ce psaume 26 lors de l’Institution de l’Eucharistie, avant de monter au Mont des oliviers ?
Nous sommes habitués à l’expression « Dieu est Amour », alors que St Jean emploie cette expression « pour la première et unique fois dans l’Écriture ». Quelle expression !
Le chant retenu pour cette année jubilaire « Miséricordieux, comme le Père » reprend bien le commandement du Seigneur « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». Telle est notre feuille de route pour cette année, jubilaire et synodale. Et pour effectuer le pèlerinage sur la Terre, il faut s’armer des œuvres de Miséricorde, si bien exprimées dans l’Évangile « J’ai eu faim, soif etc … »

Quoi de plus réconfortant que de lire après Jésus à la synagogue « L’Esprit du Seigneur Dieu est sur moi … Il m’a envoyé proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ».
Tel est le vœu que fait le pape à l’entrée prochaine du Carême.
Dans le Salve Regina, nous qualifions Marie de Mater Miséricordiae, nous sommes donc à bonne école, elle qui a chanté devant Elizabeth « son amour s’étend d’âge en âge ».

Alors avec le psaume 25, le pape conclut « Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours ».


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