Questions à… Mariette Mignard, déléguée épiscopale

La Pastorale de la santé, pour ne pas rester isolé
lundi 8 février 2016
par  Patrick BEGOS
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Le dimanche de la santé sera célébré le 14 février dans toute la France. C’est l’occasion pour les personnes engagées dans les divers services et mouvements d’Eglise concernés par la santé de se faire connaître. Rencontre avec Mariette Mignard de Plérin, déléguée épiscopale pour la Pastorale de la santé.

 Comment définir la Pastorale de la santé ?

C’est un service diocésain dont l’une des missions est d’annoncer l’Évangile au monde de la santé et de le voir grandir dès à présent. C’est difficile d’être attentif aux malades, aux handicapés et de les voir, comme le Christ, avec toute leur humanité et leurs souffrances. Dans l’Évangile, le Christ va au devant des gens qui souffrent et Il les écoute. C’est le chemin que nous devons suivre. La Pastorale de la santé est une passerelle entre la société civile et l’Église. Les nombreux mouvements qui la composent s’appuient sur un travail d’équipe, en lien avec le diocèse et le département des Côtes d’Armor.

 Quel est l’objectif de la journée du 14 février ?

C’est d’abord de faire connaître les services et les mouvements qui existent dans le diocèse, dans le domaine de la santé. C’est l’occasion de découvrir les trésors mis en place sur le territoire, avec le soutien de groupes dont l’amitié est l’une des composantes fortes. De nombreux bénévoles travaillent souvent dans l’ombre. Cette journée peut être pour certains un déclic montrant que chaque membre de la paroisse peut, d’une manière ou d’une autre, s’impliquer dans l’un des mouvements de la Pastorale de la santé. Le plus connu est souvent le service paroissial de la « Présence Fraternelle ».
Comme l’ensemble des mouvements d’Église, nous avons besoin de bénévoles. Chacun peut proposer ses services et surtout venir voir comment fonctionne tel ou tel mouvement. Après une période de discernement et de réflexion, des tâches peuvent être attribuées selon les possibilités de chacun. Et si on donne beaucoup, on reçoit plus encore !

 Quel sera le thème de la journée du 14 février ?

Le thème a été fixé au niveau national « Qui entendra nos cris ? »
En effet, rien n’est pire que de crier dans le désert. Qui est à l’écoute de ceux qui souffrent ? Notre monde, secoué par les guerres, les violences, retentit des cris de ceux qui sont blessés, agressés, martyrisés. Parfois ces cris retentissent dans le silence assourdissant de notre indifférence. Nous nous bouchons les oreilles.
Celui qui crie a un besoin vital d’être entendu, la souffrance s’apaise lorsqu’elle peut se dire. L’angoisse diminue lorsque des mots sont mis sur les maux. Dieu entend la misère de son peuple, le cri de nos prières, même les mots qui n’osent pas se dire.
Mais pour y répondre, Il « implique les humains », les visiteurs des malades, les aumôniers d’hôpital ou de prison, les soignants, les bénévoles d’associations, ceux qui relaient les cris des hommes qui n’en peuvent plus et ceux qui s’emploient, humblement à y répondre.

 Cette année, vous pensez plus particulièrement aux personnes souffrant de troubles psychiques ?

La maladie psychique désorganise beaucoup la vie de la personne malade mais aussi celle de ses proches. C’est une maladie grave qui complique la relation aux autres, qui isole, quand bien même l’intelligence est indemne. La famille joue un rôle primordial mais elle se retrouve vite en grande souffrance, incomprise, sans soutien alors que bien souvent la personne malade est violente. Face à ces problèmes de délire, d’angoisse, de troubles du comportement, de traitements lourds et souvent insuffisants, les aidants ne savent pas quoi faire. Le plus souvent, ils n’osent pas en parler.
Le mouvement national Relais Lumière Espérance a pour but l’entraide humaine et spirituelle des parents et amis des personnes souffrant de maladies psychiques. Dans le diocèse, le « relais » est assuré par Mme Duault et Roland Allouis, diacre et responsable du groupe de St Brieuc. Relais Lumière espérance suit aussi ce qui se fait à l’UNAFAM [1] et ce qui se dit aux semaines annuelles d’information sur la santé mentale. Cette année, du 14 au 27 mars 2016, le thème développé sera « santé mentale et santé physique = un lien vital ».

 Avez-vous mis en place d’autres actions dans le diocèse ?

Oui, des accueils se mettent en place au sanctuaire de Notre Dame de Toute-Aide de Querrien en La Prénessaye. C’est un lieu de passage pour de nombreuses personnes en difficulté. Plusieurs permanences sont assurées par des laïcs bénévoles, un diacre et une communauté de religieuses de Broons présente sur le site :

  • pour les questions d’addictologie (alcool, tabac, drogues) le 2e jeudi du mois (14h00-17h00)
  • pour les personnes frappées par un deuil : le 1er mercredi du mois (14h00-17h00)
  • pour un conseil sur les questions familiales : le 3e vendredi du mois (14h00-17h00)
  • diaconie et service du frère : 4e mardi du mois (14h00-17h00)
  • pour un accompagnement spirituel : tous les samedis matin (10h00-12h00) sauf le 1er samedi du mois.

 Cette journée du 14 février nous concerne tous ?

Ce dimanche du 14 février est un temps privilégié pour que tous les paroissiens participent. Particulièrement cette année avec le thème « Qui entendra nos cris ? » pour que tous les cris de notre monde soient recueillis et portés dans la prière de la communauté chrétienne.
Ce dimanche de la santé n’est pas que celui des personnes malades, il doit rassembler plus largement autour d’eux les proches, les aidants, les soignants, les visiteurs, pour manifester que Dieu est là, quoi qu’il arrive. Même dans les difficultés de santé, dans la maladie grave, jusqu’à la mort, Dieu est la Vie, il est notre Espérance.

Hospitaliers lourdes

La Présence Fraternelle :

Ses membres visitent les personnes malades, âgées ou handicapées, chez elles ou en maison de retraite, en EHPAD. Le groupe souhaite s’étoffer en accueillant des bénévoles pour visiter, être à l’écoute et porter la communion.

L’Hospitalité diocésaine Notre Dame de Lourdes :

Ses nombreux bénévoles assurent le service des personnes malades, âgées ou handicapées lors du pèlerinage diocésain à Lourdes. Dans le diocèse, 450 « hospitaliers » accompagnent et aident (déplacements, toilettes, soins, repas, ..) de 250 malades chaque année.

Lourdes Cancer Espérance (LCE) :

Ce mouvement national est né du pèlerinage à Lourdes des personnes atteintes du cancer. L’objectif est d’apporter une espérance à ces personnes par des liens de proximité, un soutien moral, spirituel ou matériel.

Fraternité Chrétienne des Personnes Malades et Handicapées (FCPMH) :

Les personnes malades et handicapées se regroupent en petites fraternités. Avec l’aide d’amis, elles unissent leurs forces pour faire face aux difficultés et partager leur foi.
Aumôneries des hôpitaux. L’objectif est d’assurer la présence du Christ auprès des malades, de leurs familles, de leurs proches. Les liens tissés avec le personnel soignant contribuent à améliorer le soin. La mise en service du nouvel Hôpital privé des Côtes d’Armor à Plérin a coïncidé avec l’arrivée du nouvel aumônier : Marie-Agnès Talon.)]

 D’autres services et mouvements dans le diocèse

Fraternité St Jean Baptiste :

Elle vient en aide aux victimes de l’alcool, de la drogue et d’autres dépendances. Contact Guy St James Village St Joseph, Plounévez-Quintin.

Relais Lumière et Espérance

Ses membres essaient de briser la solitude, l’enfermement, l’incompréhension dans laquelle vivent les familles dont l’un des membres souffre de troubles psychiques.

Amitié Espérance

Permet à des personnes en souffrance psychique de partager des moments de convivialité, d’approfondissement de leur vie spirituelle avec des amis.

Voir Ensemble

La mission du mouvement concerne les personnes aveugles et malvoyantes, adultes et de tous âges. Elle a pour but de les aider à sortir de leur isolement et de leur apporter des conseils.


[1Union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques


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