Un temps pour mourir et renaître dans le Christ.

vendredi 1er janvier 2016
par  Serge KERRIEN
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« Je n’ai pas le temps ! Je n’ai plus le temps ! Je le ferai quand j’aurai le temps, peut-être à la retraite ! » Et le temps passe comme le sable entre les doigts, nous laissant un sentiment d’inaccompli, de regret.

Beaucoup d’hommes et de femmes de tout âge passent leur vie à courir après le temps. Les enfants eux-mêmes n’échappent pas à cette course, tant les activités qu’on leur offre ou qu’on leur impose dévorent à belles dents des jeunes années qui passent bien vite.
A force de vouloir tout saisir, de courir après le temps, l’objet de notre course s’éloigne à chaque fois qu’on a l’impression de l’avoir saisi. Éternelle tentative de l’homme de vouloir saisir l’insaisissable. Pourtant, dans sa sagesse, Dieu invite l’homme à prendre le temps, à s’en saisir, pour qu’à son tour Dieu saisisse l’homme. Le temps met en attente, ouvre un avenir, porte une expérience et invite à la patience, cette patience même de Dieu que l’on retrouve dans les paraboles de la miséricorde (Lc 15, 1-32).
Dans sa sagesse, l’Église offre chaque année, la possibilité de prendre le temps. C’est le carême, temps offert pour que nous laissions Dieu remodeler nos cœurs en une création nouvelle. Carême, temps de la conversion, où nous sommes invités à regarder le mal qui est en nous et dans notre monde, mais surtout à saisir de quelle miséricorde Dieu fait preuve. Temps du combat, où le vieil homme doit mourir pour accueillir l’homme nouveau ; temps où Dieu révèle sa force et sa grandeur dans la faiblesse d’un amour qui veut que l’homme vive ; temps où Dieu donne sa grâce et sa lumière dans les sacrements et dans sa Parole ; temps où il faut mourir à soi-même pour porter du fruit avec le Christ sur l’arbre glorieux du matin de Pâques. Tel est le carême, une chance qu’il nous faut saisir dans notre temps.
En nous donnant ce temps et en nous laissant la liberté de le prendre ou non, Dieu s’inscrit dans notre vie pour qu’elle se renouvelle. Quarante jours à vivre où, pas à pas, Dieu se dévoile à ceux qui le cherchent, dans la nudité totale d’un amour qui culmine à la Croix. Quarante jours où la Parole nous dépouille de nos vêtements de mort pour qu’à Pâques nous puissions revêtir l’homme nouveau. Quarante jours à vivre en Église, particulièrement avec les catéchumènes, pour redécouvrir la richesse de notre baptême, la force de l’Esprit, le don merveilleux de l’Eucharistie.
Le carême est vraiment un temps donné aux baptisés et, par delà, à toute l’humanité pour que la Bonne Nouvelle du salut puisse tomber dans les sillons des cœurs où, en dépit d’une mort apparente, elle germera pour porter des fruits en abondance.
Alors, que devons-nous faire sinon prendre de notre temps pour le donner à Dieu ? Prendre le temps de lire l’Évangile, de le méditer, de le prier. Prendre le temps d’être disponible à celles et ceux qui attendent un sourire, une visite, une parole de réconfort, un geste d’amitié. Prendre le temps de partager, non seulement notre superflu, mais même notre nécessaire avec ceux qui n’ont rien. Prendre le temps de jeûner de télévision, de divertissements inutiles pour laisser Dieu habiter ces temps que nous aurons libérés pour lui et pour les autres. En résumé, prendre ce temps où Dieu fait grâce.
Voici le temps, le temps où les ténèbres portent l’espérance de la lumière.
Voici le temps, le temps où de la cendre jaillira le feu de l’Amour.


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