De l’Exode au synode, et vice versa

lundi 29 février 2016
par  Kerprat
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L’Exode c’est l’émigration massive d’un peuple, dit le dictionnaire ; et c’est bien ce que nous voyons aux frontières de l’Europe. : des peuples entiers fuyant la guerre, seule solution à leur survie. Nous l’avons aussi connu, soit directement soit par les évocations désormais historiques, en 1940, quand les populations de Belgique et du Nord de la France venaient se réfugier, loin des champs de bataille.

Exode est aussi le deuxième livre de la Bible, et en trois parties :

  • la Délivrance d’Egypte, La Marche au désert et l’Alliance : l’épopée des Hébreux.
    Le peuple d’Israël a fait de cet exode, de cette Pâque, l’aventure, la référence fondamentale qui lui a permis de prendre conscience comme peuple et peuple choisi par Dieu, le Dieu Unique, une religion originale en ce temps.

Chrétiens, nous sommes aussi héritiers de cette Pâque juive : la liturgie pascale, depuis le Carême jusqu’au Saint Jour de Pâques, ne reprend-t-elle pas la longue attente des prophètes et toute la vie de Jésus ? Sa mort et Sa Résurrection accomplissent ce que préfigurait l’Exode : la libération du péché et de la mort pour une entrée dans la vie de Dieu. L’intuition (au sens de voir dedans) de la Liturgie est de rendre actuelle cette épopée historique ;nous sommes donc invités à la revivre

Pâques 2016, Dieu fait toujours alliance avec les hommes, il a quelque chose à dire , le Verbe, Son Fils,qui nous dit être le Chemin, l’ode, d’où le synode.

Exode est un mot qui sous-entend fuite vers une situation meilleure. Jésus Marie Joseph ont connu un exode, une fuite en Égypte, pour un temps plus paisible. Ce qui motive toujours le migrant qui fuit, c’est l’espérance de trouver un havre de paix quelque part.

Et le synode ? La lettre pastorale de notre évêque en nous invitant au synode diocésain, nous demande de choisir l’espérance. Il s’agit pour tous de nous mettre en chemin « choisir l’espérance, dit l’évêque, c’est servir cette aspiration au bonheur, que Dieu a placée au cœur de chacun ». Bonheur qui ne se réalise que s’il est partagé.
Devant les turbulences de notre temps,, il nous faut beaucoup d’optimisme pour répondre aux attentes de nos concitoyens ! Leurs boussoles semblent s’affoler.

Jésus s’était endormi sur la proue du bateau, les apôtres craignaient de couler dans la tempête, il les rassura : telle est notre Espérance. Quand le pape François nous incite à partager la Joie de l’Évangile , c’est vraiment un message d’Espérance.

Cette année, toutes les paroisses et les mouvements chrétiens sont mobilisés en se mettant en route, en synode, pour recueillir leurs préoccupations et leurs espoirs. De ce brainstorming sortira des engagements nouveaux ; un peu ce qu’ont vécu nos ancêtres dans les Missions qui ponctuaient jadis nos paroisses.

Déjà en 1969-1970, notre diocèse a connu un synode. Les effets de Vatican II perçaient et les soubresauts de 1968 n’étaient pas loin. Mgr Kervéadou a initié des évolutions et préconisé des adaptations nécessaires. Les changements profonds ont demandé du temps, l’Esprit-Saint qui est toujours à l’œuvre nous a accordé des fruits de ce Concile.

Naguère on traduisait Ite Missa est par « Allez, la Messe est dite » alors que Missa signifiait l’envoi, l’exode, le dénouement de l’Office divin, vers les autres humains.

Quand les disciples d’Emmaüs ont reconnu le Christ à la fraction du pain, ils ne sont pas restés à l’auberge en se congratulant de cette aubaine ; ils se sont mis en route vers Jérusalem pour partager cette Bonne Nouvelle.

Finalement synode et exode ne sont pas contradictoires, ils seraient même l’avers et le revers de la médaille.


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