Defenda est Carthago

dimanche 23 janvier 2011
par  Benoît LE NEDELEC
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Les feux de l’actualité sont braqués sur la Tunisie où tout est bouleversé en ce moment. Ce sursaut de tout un peuple est une révolution, d’où on attend une évolution, une sortie positive. Dans ces douleurs de l’enfantement de la démocratie, comment ne pas sympathiser avec ces espoirs de bien-vivre en cette Afrique du Nord.

Caton aimait commencer ses discours par Delenda est Carthago, il faut détruire Carthage ; aujourd’hui on aimerait proclamer il faut défendre Carthage.

Pendant sept siècles, Carthage a fonctionné comme capitale incontestée de l’Eglise d’Afrique. C’est de cette ville que s’est répandu le christianisme dans toute l’Afrique du Nord. Au Concile de Carthage au début du Ve siècle, n’y avait-il pas 286 évêques, réunis dans les thermes dits de Gargilius, dont il ne reste que quelques colonnes ? Carthage qui deviendra un phare du christianisme latin occidental, grâce entre autres à Augustin.

Né d’un père païen, fonctionnaire de l’Empire, et d’une mère berbère, Monique, Augustin était jeune étudiant destiné à de hautes fonctions dans l’administration impériale. Converti, il deviendra le théologien renommé, exégète et évêque d’Hippone. Son action se poursuivra à travers les écoles de spiritualité à travers l’Histoire de l’Eglise, jusqu’à nos jours.

On ne peut donc évoquer ce berceau du christianisme qu’est l’Afrique du Nord sans le sentir si proche de nous ( 140 km de l’Europe, un petit bras de mer ) et à qui nous devons tant de racines patristiques.

Eloignons de nous le nostalgique souvenir d’une terre autrefois chrétienne qu’un tsunami historique a balayé, comme l’Europe en connaît les prémices, pour retenir l’héritage culturel. Après tout, au long de l’Histoire, comme les civilisations, les religions connaissent des périodes de brillance et des périodes de déclin. Mais les racines marcottent, surgissant ailleurs.

A Rome, dans le cortège du triomphe, où on célébrait le général victorieux au retour des batailles, il y avait toujours un esclave chargé de crier un leitmotiv : « Memento te hominem esse », souviens-toi que tu es un homme …

Certains l’ont oublié dernièrement à Carthage. Le pouvoir n’est donné que pour le service.

Defenda est Carthago … oui, il nous faut défendre Carthage.


Commentaires

Defenda est Carthago
samedi 2 avril 2011 à 14h01 - par  AS

Merci Bernard de cet excellent texte, riche de références historiques et ouvert sur l’avenir : oui, je retiens que nos racines culturelles et religieuses marcottent, celles des autres peuples aussi, en ce printemps du Magreb !

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