Tempête du matin de Pâques

mardi 1er mars 2016
par  Roland Le GAL (Abbé)
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Nous vivons dans la tourmente. Dans de nombreux coins du monde des murs se dressent pour rompre les relations, pour repousser ceux qui nous paraissent hostiles. A un niveau économique et social, nous assistons à un véritable désastre quand des hommes, des femmes, perdent leur emploi ou peinent à être embauchés. Ce désastre est également vécu cruellement par ceux qui sont passionnés par leur profession mais qui ne peuvent plus en vivre parce que les critères de rentabilité, de recherche exagérée du profit deviennent prioritaires sur le devenir de l’être humain.

Nous mesurons que si notre monde va mal c’est aussi que nous sommes à un tournant de civilisation. Les remparts se fissurent. Nous sommes en pleine mutation. Nous vivons une véritable expérience pascale. En effet, nous sommes en train de vivre une traversée douloureuse parce qu’elle est colorée du sang de la croix pour espérer voir advenir un autre mode de vie, une autre qualité dans nos relations économiques, sociales, culturelles, pour voir émerger une autre civilisation où l’être humain sera dignement reconnu, afin de permettre à chaque personne, à chaque groupe, à chaque communauté, de ne pas subir le présent mais d’être acteurs et partenaires de son aujourd’hui et de son devenir.

Devons-nous nous enfermer dans nos peurs et nous replier sur notre pré carré ?

Ce serait refuser de croire en ce qu’il advint au matin de Pâques. Alors qu’une véritable tempête avait englouti les espoirs des disciples de Jésus lors de sa mort sur la croix, une forte tempête, inattendue, allait bouleverser non seulement les disciples mais la face du monde au matin de Pâques.
De la mort naissait la vie. De l’amour gratuit naissait l’espérance. De la crainte s’ouvrait un horizon de confiance. De la haine naissait la paix et le pardon.

Le carême nous invite à mesurer les passages de l’existence. Chaque passage est un chemin pascal : avec le Christ, notre passeur, nous sommes invités à faire la traversée de la mort à la vie. Il nous oblige à quitter nos certitudes. Il nous invite à la confiance et à la nouveauté. A Pâques c’est une nouvelle création qui se fait jour. Ce tombeau vide est le symbole de toute la nouveauté qui est à accueillir et de ce que chacun peut apporter pour enrichir l’œuvre de l’artiste. (cf. Rm8)
En ce sens, notre foi au Christ mort et ressuscité nous engage à ne pas désespérer de l’homme parce que Dieu, Père des miséricordes, porte sur lui le regard de la bonté.

Aussi, dans notre société comme dans notre communauté chrétienne, il est urgent de se mettre à l’écoute des plus précaires pour qu’ils nous racontent leur existence et nous expriment leurs attentes, leurs espoirs. Il est également urgent d’éduquer autrement les adultes de demain. Que nous contribuions à les faire passer d’une culture « de déchet » à l’émergence d’une civilisation fondée sur les valeurs du respect de tout homme et de notre « maison commune ».

Bon chemin vers Pâques.


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