Homélie du dimanche 3 avril 2016

2e dimanche de Pâques - année C -
par  Jean HAMON (Abbé)
popularité : 1%

2e dimanche de Pâques.
2 avril 2016 ©
Savourons la JOIE de CROIRE

De tout cœur je souhaite que ces fêtes pascales auront contribué à fortifier notre foi de baptisés, si souvent interpellée aujourd’hui. L’oraison que je viens de prier avec vous rejoint bien ce souhait : « Dieu de miséricorde, tu ranimes la foi de ton peuple ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés et quel Esprit nous a fait renaître ! »

Au lendemain de leur tragique déception, grâce aux discrètes apparitions qui se succèdent, on pouvait penser qu’ enfin et pour de bon, les amis de Jésus s’engageraient à sa suite. Or, nous constatons que pèse encore sur ce groupe, hésitations et incertitudes. Vivement échaudés, Ils sont dans l’expectative : que va-t-il se passer maintenant, qu’allons-nous devenir et comment rebondir après ce cuisant échec ? La peur qui les habite est tenace.

Notre ami Thomas traduit bien cet état d’esprit. Il a entendu la déclaration joyeuse de ses collègues : « Nous avons vu le Seigneur ! » Sa réponse réservée laisse à penser qu’il n’est pas prêt à tout accepter sans preuves. Il a nulle envie de se laisser une nouvelle fois embarquer, sans garanties satisfaisantes. Nous trouvons chez lui l’empreinte du doute si répandu aussi chez nous. Nos propres expériences de croyants nous rappellent que la foi , ce n’est ni simple ni facile.

Loin de s’ étonner du réflexe de son ami, Jésus consent exceptionnellement à lui offrir des preuves tangibles et visibles. « Thomas, avance ton doigt ici et vois mes mains ! » en prenant soin d’ajouter : « Cesse d’être incrédule mais croyant : Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! » Croire sans voir, telle est la proposition importante faite par Jésus. Dans l’approche effective du Vivant de Pâques, nous voici situés d’emblée sur un autre registre : celui de la foi véritable.

Quelle que soit notre éducation chrétienne, nous faisons tous l’expérience que la foi vive capable de faire de nous des hommes et des femmes engagés vraiment et fidèlement à la suite du Christ mort et ressuscité, requiert une volonté éclairée de connaître la personne de Jésus. C’est la condition obligée, pour nous investir vraiment, dans le service de Dieu et des frères. C’est bien autre chose qu’une connaissance livresque apprise au catéchisme. Cette connaissance du ressuscité n’atteint pas sa perfection du premier coup. Comme Thomas, il nous faut accepter un long cheminement pour acquérir cette relation de confiance et d’amour. Du temps est indispensable pour passer de la peur à la paix mentionnée trois fois dans ce texte.

Témoins réalistes et confiants du Ressuscité, au cœur du monde, ne soyons ni choqués ni inquiets en constatant que nous sommes tous devenus des « frères d’incertitude ». Je le constate notamment, à l’occasion des préparations au baptême ou au mariage. Nous retrouvons une génération à qui manquent ces approches personnalisées de Jésus, le Vivant. Elle semble habiter une autre planète,acceptant pourtant d’être interrogés par la qualité de vie de certains témoins de Jésus qu’ils rencontrent.

D’expérience, nous savons que le chemin de foi demeure une aventure passionnante mais exigeante. On n’est jamais de plein pied avec le Vivant. Nous avons tous à passer d’une « foi confortable à une confiance inébranlable ». Cela exige de longues périodes d’apprivoisement, traversées souvent de doutes et de peurs. La foi, c’est comme un pari qu’il nous faut accepter : consentir avec les données que nous confient l’évangile et l’Église, à accueillir Jésus avec confiance. Les nombreux catéchumènes qui, chaque année, entreprennent cette approche vivante du Ressuscité, nous redisent clairement que la foi n’est pas qu’un héritage qu’on se transmet de génération en génération. C’est plus exigeant encore. Ceci suppose que chaque baptisé, à son compte personnel, s’engage entièrement dans un échange d’amour et de vie avec Jésus.
C’est au sein de chaque communauté que les amis du Christ ont à se soutenir, à se stimuler pour grandir et se fortifier dans la foi. La vivre de mieux en mieux, c’est passionnant. C’est pourquoi, comme Thomas, renouvelons notre foi en Celui qui est notre vie. Comme les premiers témoins de la résurrection, goûtons cette grande paix qui chasse toutes les peurs et transforme les cœurs : « La paix soit avec vous ! Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »

Père Jean Hamon


Documents joints

PDF - 157.5 ko

Bouton Facebook Bouton Contact image Jésus
Bannière denier
Bannière RCF