De deux choses, l’une …

Et pourquoi pas une troisième ?
vendredi 15 avril 2016
par  Kerprat
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Nous avons des côtés bipolaires : 2 hémisphères pour le cerveau, deux ventricules, deux yeux, une main droite, une main gauche ; même que parfois la main droite ignore ce que fait la main gauche ! Le cordonnier lui-même parle de pied droit et de pied gauche et non de paire.de chaussure.
Dans le ciel , nous distinguons l’est de l’ouest, le nord du sud. En géopolitique, que ne dit-on pas des pays du Nord et du Sud, que l’on oppose. La philosophie platonicienne nous a enseigné que l’homme est composé d’un corps et d’une âme, l’une étant le cavalier et l’autre le cheval … quel dualisme !

La politique française a adopté en 1958-1961 une nouvelle Constitution, instituant une bipolarisation Droite-Gauche, amenant ainsi l’engagement politique à une certaine dichotomie, et pour certains militants à une forme de manichéisme.

La tentation d’une pensée simple et même simpliste est de classer les gens dans une des deux catégories, bien ou mal. Mani au IIIe siècle AD a fondé sa secte religieuse sur l’opposition des deux pôles, le Bien et le Mal. Satan est une créature de Dieu, mais pas Dieu bis.

Depuis, le manichéisme a quitté la sphère religieuse pour se répandre dans la société. L’esprit humain a tendance à se plaire dans cette vision simpliste des choses, c’est tellement confortable et reposant de classer sommairement les autres.

La vie en société pourtant requiert l’échange harmonieux des individus différents, quelles que soient les différences, anatomiques, culturelles, religieuses, sociales. La tendance pour ne pas dire la tentation est de fonder le domaine relationnel sur une vision bipolaire :certains étant bons et les autres mauvais., comme dans les westerns.
Sartre pensait que toute guerre est un manichéisme. Les doctrines politiques totalitaires exploitent bien le manichéisme : l’ordre règne plus facilement à Varsovie quand on peut mettre les citoyens dans une ou l’autre catégorie. Et on connaît les ravages des dictatures.

Pourtant dans la vie ordinaire tout le monde admet qu’il n’y a pas que le blanc et le noir, le gris a aussi son charme, il serait même tendance. La tolérance des mœurs, des habitudes, des particularismes régionaux, et le métissage sont des vecteurs de bien-vivre ensemble. L’être humain ne se réalise que dans la relation à autrui, pas uniquement au semblable. La diversité est une richesse.
Depuis soixante ans, plusieurs responsables politiques ont essayé de sortir des ghettos Droite-Gauche , mais en vain.
En Bretagne jadis, il y eut l’école du diable et celle du Bon Dieu, l’équipe sportive laïque et le patronage, nous sommes bien sortis de cette bipolarisation.
Alors que certain ministre se met en marche pour sortir des clivages sectaires, l’idée de consensus de citoyens sur des projets éloignés d’idéologie partisane semble répondre à une attente.

Gageons que de deux choses, l’une … ou l’autre,
il y aura place à une troisième voie à un discernement constructif.


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