Mettons notre grain de sel

mercredi 2 février 2011
par  Benoît LE NEDELEC
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S’il manque du sel dans un plat, c’est vraiment insipide. Un discours qui
« manque de sel », c’est fade et même ennuyeux. La neige ou le verglas rendent la chaussée glissante ? … le manque de sel soulève des polémiques. On ne peut décidément pas vivre sans sel.

De tous temps les hommes ont eu besoin de ce produit si convoité. Les caravanes de sel qui traversaient le désert étaient armées ; les Etats ont créé des impôts sur le sel, la gabelle, que devaient percevoir les gabelous, la note était salée ; et les mines de sel ? le bagne pour esclaves ! César payait les gains des légionnaires par un salaire qui leur permettait d’acheter le sel.

Avant l’invention des réfrigérateurs dans nos foyers, nos ancêtres et nos marins terre-neuvas conservaient la viande et le poisson en charniers emplis de sel.

Bien que ce produit soit devenu banal et peu cher, il faut lui rendre hommage, il fut un référentiel, dirait-on aujourd’hui !

Pas étonnant qu’il y a 2000 ans, en Galilée, Jésus ait pris ce symbole et emblème du sel pour donner du sens, de la saveur aux premiers disciples.
« Vous êtes le sel de la terre » lisons nous en ce dimanche 6 février.

Vous allez donner goût à ce monde, plat, banal, votre présence relèvera la qualité, comme les condiments font si bien. Nous n’avons pas de produit spécifique à donner au monde ; notre rôle ici-bas, développer le monde, n’est pas que technique. Combien de divisions demandait Hitler à propos du Vatican ? …

Notre mission n’est pas du domaine de l’avoir. Jésus, en nous demandant d’être le sel de la terre, nous qualifie, comme le levain dans la pâte, d’être ce grain insignifiant en quantité, mais dense en qualité qui donne sa sapidité au monde. Déjà le psaume nous l’annonçait « goutez et voyez comme est bon le Seigneur ! » et saint Paul nous le dira « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez et goutez ce qui vient d’En-Haut », quae sursum sunt sapite. Le mot latin ne laisse-t-il pas deviner la sapience, qui évoque science et sagesse ?

Conscients d’être minoritaires – puisqu’on nous le dit- dans notre pays, que cette minorité ne nous complexe pas, car la valeur n’attend pas le nombre … c’est la substance même du christianisme, la Grâce, la Vie de Dieu en nous, qui donne sens, et donc un supplément d’âme à ce monde.

Alors mettons-y notre grain de sel.


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