L’ambon

lundi 27 juin 2016
par  Serge KERRIEN
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Après Binic et Etables, l’église de Saint-Quay-Portrieux vient de se doter d’un nouvel ambon. Occasion de nous rappeler la signification de l’ambon et sa place dans la liturgie.

 Un peu d’histoire

Au point de départ, un des prêtres qui entouraient l’évêque faisait les lectures bibliques depuis sa place. L es églises s’agrandissant, un lieu de proclamation de la Parole vit le jour, à proximité de l’autel qui s’avançait parfois jusque dans la nef. Il s’agissait d’un lieu élevé, une petite tribune qui portait un pupitre. A partir du XIIe siècle, les lectures sont proclamées sur le jubé et, en absence de jubé, à l’autel et en latin : l’assemblée n’a plus accès à la parole de Dieu proclamée dans une langue réservée aux clercs. Vatican II va redonner sa place à l’ambon, dans le chœur et à proximité de l’autel. La parole de Dieu y est proclamée dans la langue du pays.

 La signification du lieu

La Présentation Générale du Missel Romain écrit au n° 309 : « La dignité de la parole de Dieu requiert qu’il y ait dans l’église un lieu adapté à sa proclamation… Il convient en général que ce lieu soit un ambon fixe et non un simple pupitre mobile. On aménagera l’ambon de telle sorte que les fidèles voient et entendent bien les ministres ordonnés et les lecteurs ». Il s’agit donc d’un lieu spécial, porteur d’une présence, celle du Christ, car, nous dit Vatican II au n° 7 de la Constitution sur la sainte liturgie, « C’est lui (le Christ) qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures ». C’est pour cela que l’ambon mérite notre attention. Ce n’est pas un simple pupitre mais un lieu où le Christ se donne à entendre et à rencontrer, un lieu où il nourrit son peuple de la Parole de vie.

 Des conséquences

D’abord, les lectures ne doivent pas être faites de n’importe quel endroit : un lieu leur est dédié.
Ensuite, il est essentiel que l’ambon ait une consistance matérielle, qu’il soit beau, réalisé dans un matériau noble. Sa taille et sa présence révèlent l’importance et la grandeur de ce qui s’y dit.
L’ambon est donc réservé à la parole de Dieu et à ce qui en découle directement : le psaume, l’homélie, la prière universelle. Ce n’est donc pas de l’ambon que sont animés et dirigés les chants, et faites les annonces. L’animation du chant et les annonces se font d’un lieu différent. En effet, l’Église nous rappelle que rien n’est de trop pour donner toute sa place à la parole de Dieu comme un des lieux de présence du Christ.
Enfin, il nous faut remarquer la proximité de l’ambon et de l’autel. En effet, la liturgie de la Parole est étroitement liée à l’eucharistie. Comme nous le rapporte le récit des disciples d’Emmaüs, c’est la relecture des Écritures et la parole du Christ qui rendent leur cœur tout brûlant et les conduisent au partage du pain où Jésus ressuscité se révèle totalement.

 En conclusion

L’ambon de l’église de Saint-Quay Portrieux répond bien à la demande de l’Église. Réalisé dans un bloc de marbre, porteur d’un épais plateau de bois qui nous rappelle que la parole de Dieu a du poids, il est orné de trois liserés dorés invitant à lever les regards et à ouvrir les cœurs à la parole d’un Dieu Trinité. Les fleurs auront leur place devant ou à côté, rappelant l’importance du lieu. Sa disposition donne de l’espace pour encenser le Livre et disposer, si on le souhaite, des porteurs de lumière de part et d’autre.
La parole de Dieu n’est pas une feuille légère que le premier souffle de vent disperse. Elle demande un lieu qui en dit le poids et la profondeur. C’est désormais le cas à Saint-Quay Portrieux.
Puissions-nous en rendre grâce.


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