La tentation de l’extrême

vendredi 28 avril 2017
par  Kerprat
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(NDLR article déjà paru le 13 octobre 2016 sur notre site)

L’extrême dit le dictionnaire est le plus en dehors, qui est tout à fait au bout, au-delà de toute mesure. Ce terme signifie donc le rejet, l’opposé. Sa première cause apparaît être une forme de colère devant un ordre établi.

Le journal « La Croix » [1] a eu l’heureuse idée d’offrir aux lecteurs un fascicule d’une centaine de pages, un numéro de la revue Projet. C’est une revue qui rassemble de nombreux partenaires catholiques : ACI, CCFD, Secours-Catholique, Scouts, jésuites etc… Elle propose une réflexion sur la montée de l’extrémisme de droite en France ; et incite à écouter, à comprendre, et à agir.
Nous sommes entrés dans une période de fièvre électorale qui pousse les candidats à se démarquer et à s’enflammer. Les enjeux et la quête du pouvoir, font monter les enchères.

Il faut reconnaître que la colère provient d’abord du monde politique. Que de scandales, de casseroles, de mises en examen, et de promesses « qui n’ont engagé que ceux qui les ont reçues » ! mais qui les ont crues. Les électeurs sont souvent déçus, écœurés. D’où leur méfiance envers les politiques chevronnés, carriéristes.
Tous les milieux sociaux sont touchés par les déceptions, voire l’indignation, et on sait que la colère est mauvaise conseillère.
Chrétiens, nous sommes réputés être des êtres de conviction, notre Foi est souvent réduite à quelques valeurs pour ceux qui nous voient de l’extérieur. Mais le fait est que nous sommes électeurs, et même si le monde chrétien n’est pas monolithique il fait l’objet de tentative de captation électorale.
La tentation est grande d’adhérer aux thèses extrémistes. Car les mouvements extrémistes font leur beurre sur le dos des désespérés, comme jadis sur le prolétariat.
« En démocratie, la responsabilité politique consiste à construire ensemble, plutôt qu’à prétendre « sauver » disent les évêques de la CEF (Conférence des Évêques de France).

Il nous faut lire derrière les mots :
Patriotisme, quel beau mot ! malheureusement interprété comme un nationalisme exclusif. Un repli sur soi, en fermant les portes de l’accueil aux immigrés.
La Famille ? qu’en penser quand on réserve l’attribution des allocations familiales aux seuls français « pur beurre » ?
Le propre de ces mouvements d’extrême droite, donc excessifs, est de s’appuyer sur de réels problèmes en flattant les instincts les plus rétrogrades. Le cardinal Vingt-Trois appelle les communautés chrétiennes à réfléchir et à agir pour venir en aide à ceux qui ont mis leur espoir, leur ultime espoir dans le risque de l’immigration.
L’avenir sera harmonieux pour le pays s’il sait accueillir et faciliter l’intégration des nouveaux venus.

Les chrétiens ne devraient pas avoir d’état d’âme devant ces défis . N’étiez-vous pas, vous aussi des étrangers, dit l’Écriture. Et comment dire le Notre Père, si Dieu est notre petit père à nous seulement. Catholiques signifie universel et nous ne trébuchons pas sur la fin du Credo « Je crois en l’Église catholique ».

Aux récentes JMJ le pape François a invité les jeunes à l’engagement politique, cette science de la ville, du vivre ensemble. Il nous a incité à ne pas nous laisser voler notre Espérance, car il ne faut jamais désespérer d’autrui, ni nous laisser aller à la peur ou à la colère.

Les régimes politiques qui exercent l’ostracisme [2] ne tardent pas à sacrifier toutes les libertés.


[1Numéro de La Croix du 7 octobre 2016

[2l’ostracisme inventé par les Grecs au Ve siècle avant JC était le vote qui permettait de bannir, d’exclure du pays une personne ou un groupe de personnes


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