Papy et Mamie font de la résistance …

mercredi 23 février 2011
par  Communauté Pastorale du Littoral Ouest
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Le Cardinal André Vingt-Trois définit la mission des grands-parents
au « Mardi des Bernardins » le mardi 22 février 2011.


« Les grands-parents sont les garants de l’affection et de la tendresse que tout être humain a besoin de donner et de recevoir. Ils donnent aux plus jeunes le sens du temps, ils sont la mémoire et la richesse des familles. Ils sont un trésor que nous ne pouvons pas soustraire aux nouvelles générations. » (Benoît XVI, Ve Rencontre Mondiale des Familles)

NDLR L’émission de l’intervention du cardinal aux « Mardis des Bernardins » est disponible sur Kto. Pour ceux qui n’y ont pas accès, voici le résumé de son message plein d’espérance pour les grands-parents … et les parents.
http://www.ktotv.com/

La famille est la cellule de base de la société. Lieu de l’apprentissage de la vie personnelle et de la vie en commun, elle requiert la stabilité du foyer des parents. Par la présence du Christ, la famille chrétienne - petite Église - devient une école de la foi, de l’espérance et de l’amour.
C’est un fait que les grands-parents sont souvent sollicités. La société d’antan, où plusieurs générations vivaient en proximité, a évolué. Désormais chacun vit chez soi, se rendant visite épisodiquement. Vivant plus longtemps et mieux, les grands-parents « n’ayant plus rien à faire », sont plus disponibles, disposant d’un stock d’heures intéressant pour les parents.
Ceux-ci sont soumis à de fortes contraintes, travail des conjoints, obligations professionnelles, manque de temps pour bien élever les enfants. Facilement débordés, pour pallier à leurs absences, ils recourent aux grands-parents.

Ces derniers sont un élément constitutif de la constellation familiale. Ce n’est pas du gardiennage, mais un soutien, une prise en charge basée sur la relation affective et la confiance. D’autant qu’il s’agit d’une présence … épisodique.

Qu’apporte cette génération ?

Ces anciens inscrivent les parents et les petits-enfants, dans l’Histoire de la famille. Pas seulement pour raconter des histoires-souvenirs, mais pour ancrer les nouvelles générations dans la durée de la vie familiale. La famille a un passé, elle a existé en amont.
Le jeune prend conscience qu’il n’y a pas que papa, maman et moi, mais au-dessus, des parents des parents existent. Cette succession de génération est une chance pour lui, car c’est le signe que l’amour de la famille traverse le temps. L’adolescent se rend compte que ses parents ont aussi des parents et observer les relations de ses propres parents avec les leurs c’est riche d’enseignement. Devenir adulte c’est aussi inscrire sa propre durée dans l’histoire familiale.
Ils ont tenu leurs responsabilités ces grands-parents : leur fidélité, leur bonheur, leur sérénité est un exemple. Le jeune s’aperçoit que les manières de vivre ne sont pas les mêmes. Ses grands-parents ont du temps pour s’occuper, ils ont des loisirs et surtout dégagent du temps pour les autres – et bénévolement- ils coopèrent à de nombreuses activités, ils sont généreux.
Cette comparaison peut faire apparaître les incohérences des parents, l’adolescent a besoin d’opposition pour s’affirmer et se construire. Il peut même y avoir concurrence entre ces différentes générations. L’essentiel est la construction de la liberté.

Face à une nouvelle appréhension du monde,
Comment réagir ?
De tous temps les oppositions des générations ont existé. Cela ne doit pas entraîner une culpabilisation, comme si cette fracture est insurmontable.
Le cœur de la transmission c’est ce que l’on souhaite transmettre, une certaine tradition. Or toute transmission comporte des pertes. N’étant pas de simples courroies de transmission – dont on sait par les lois physiques, que toute force a des déperditions- ne voulant pas transmettre ce qui était, force est de se tourner vers l’avenir. Il convient de transmettre un patrimoine vivant, actif, des forces positives. En étant soi-même, forts de son expérience.

Chance d’espérance :
N’étant pas des transmetteurs mécaniques, les grands-parents doivent utiliser l’expérience de ce qu’ils ont vécu. Plutôt que de vouloir charger les épaules des jeunes, les encourager à découvrir leur propre liberté.
Dieu nous a donné la liberté, elle est plus grande que tous nos systèmes.
« Dans le temps », dans les villages, nous avons connu la contrainte sociale bien verrouillée par les rôles du curé et de l’instituteur. C’était incontournable.
Désormais la jeune génération est sous la contrainte des médias (presse, télévision, internet).Comment construire sa liberté dans ce réseau de contraintes ? La seule réponse est la vision chrétienne positive : Dieu seul est juge en dernier ressort de l’utilisation de notre liberté.
Face à des parents et des grands-parents paisibles, en paix avec eux-mêmes et avec les autres, le jeune comprendra la richesse de cet apport.
L’endurance et la persévérance dans la durée, ce que témoignent les anciens, est une ouverture du cœur, un repère de la fidélité. Bannissant tout relativisme il leur faut approfondir leur vie de Foi. Car c’est la vitalité de leur vie chrétienne qui transparaitra.

NDLR
Pour bien appréhender ce message de réalisme et de confiance, voir l’ouvrage du Cardinal Vingt-Trois : « la famille, un bonheur à construire ».


Voir le site : Mgr André Vingt-Trois

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